Urbanisme

Quand la ville lève le pied

Alors que Lausanne prépare la création de dix nouvelles zones modérées à l’horizon 2023, retour sur ce que sont ces zones et les enjeux de mobilité et d’espaces publics qui les accompagnent.

Zones de rencontre ou zones 30: celles que l’on appelle les zones modérées se multiplient en Suisse et Lausanne ne fait pas exception. La Ville a débuté l’hiver dernier une campagne de consultation dans une dizaine de quartiers pour connaître les besoins de celles et ceux qui y vivent et y apaiser au mieux le trafic.

«Il est important pour nous de mettre en avant l’expérience des riveraines et riverains, qui sont les premiers experts de leur quartier, explique Maëlle Buyck, cheffe de projet en charge des zones modérées. Et les quelque 300 retours que nous avons déjà reçus sur les quartiers nous confirment que les gens voient dans les zones modérées un moyen efficace pour sécuriser la mobilité dans leurs rues et aussi pour limiter le bruit routier, qui est l’une des préoccupations principales qui remontent jusqu’à nous.»

La convivialité en plus

Limiter les nuisances sonores, décourager le trafic de transit et améliorer la sécurité sont en effet les avantages récurrents. Mais ce ne sont pas les seuls.

«Lorsqu’on passe un secteur en zone de rencontre, par exemple aux alentours d’une école, nous travaillons également sur les espaces publics afin de les rendre plus conviviaux. L’adage selon lequel la ville pensée pour les enfants est bien la ville de tout le monde s’applique ici, avec des placettes, des bancs et des cheminements piétons que l’on va chercher à adapter pour toutes et tous.»

Les zones de rencontre, introduites dans le paysage légal suisse en 2002, sont en effet les seules à donner la priorité aux personnes piétonnes sur toute la chaussée, tout en permettant le passage des véhicules motorisés à 20km/heure maximum.

La mixité des zones 30

Dans les zones 30, ce sont les véhicules motorisés qui gardent la priorité sur la route, ce qui n’empêche pas que les règles de circulation y soient différentes de ce que l’on retrouve ailleurs en ville. «Dans une zone 30, les personnes à pied peuvent choisir librement où elles souhaitent traverser, explique Maëlle Buyck. D’ailleurs, les passages piétons y sont généralement retirés, sauf exception et devant les écoles, les hôpitaux et les EMS. Et quand la topographie n’invite pas les automobilistes à lever le pied, nous pouvons également entreprendre différents aménagements qui invitent à plus de lenteur et de prudence tout en favorisant la vie de quartier.»

Recrutement à l’automne

Lausanne compte 15 COMET, qui se réunissent en principe quatre à huit fois par an. Leurs décisions ne sont pas exécutives, mais leur avis est généralement écouté et suivi. Chaque commission désigne son bureau (présidence) et bénéficie d’un petit budget. Les membres des commissions vont être renouvelés cet automne, pour la nouvelle législature. Les membres représentant les familles seront élus lors de l’assemblée de parents de l’établissement scolaire fréquenté par leur enfant. Les volontaires pourront s’inscrire selon les indications qui seront données à la rentrée par l’école et sur la page internet ci-dessous.

I. Michaud