Mobilité

Dans une ville apaisée, l'ascension du vélo

À Lausanne, la mobilité active (piéton et vélos) est déjà le moyen de transport le plus fréquent. Dans le cadre de son Plan climat, la Ville veut multiplier par sept le trafic cycliste et augmenter de 20% les déplacements piétons d’ici 2030.

En plus de préserver la planète, la mobilité active (qu’on a longtemps appelée «douce») est une mesure de santé publique qui permet à chacun et chacune de se maintenir en bonne santé. La volonté de la Ville de la favoriser se traduit en chiffres, surtout pour le vélo. Selon l’Observatoire de la mobilité, publié chaque année, le trafic cycliste a augmenté de 84% en trois ans, dont 20% en 2020.

En quatre ans, 23 kilomètres de nouveaux aménagements et liaisons cyclables ont été installés, dont plus de 10 km l’an dernier, la pandémie ayant permis de donner là un coup d’accélérateur. Le total a atteint plus de 111 km fin 2020.

Ce qui a donné un coup de pouce décisif, reconnait Stéphane Bolognini, délégué vélo depuis le 1er octobre 2016, c’est la bicyclette électrique. Dans une ville en pentes comme Lausanne, «nous ne pourrions pas atteindre nos objectifs sans elle. Il n’y a en avait presque pas il y a cinq ans, maintenant la plupart des gens peuvent s’y mettre. D’après des comptages ponctuels, la part des vélos électriques (dont l’achat est subventionné par la Ville) atteint un tiers des vélos à Lausanne.»

Objectif 15%

En lien avec le Plan climat, la Ville veut accélérer le mouvement: qu’en 2030, la part du vélo atteigne 15% dans les déplacements en ville, contre 2% en 2015. La Municipalité est convaincue que pour amener les gens au vélo, il faut d’abord les rassurer en développant un réseau d’itinéraires sûr et continu. Dans ce sens, de nouveaux aménagements verront le jour sur les axes majeurs de la ville.

Le stationnement est également un autre levier important car, souvent, on ne sait pas où mettre son vélo près de chez soi. Entre 2017 et 2020, près de 1800 places de stationnement ont été créées et la Ville va poursuivre dans cette voie.

Dédramatiser les distances

Pour les trajets effectués à pied, l’objectif pour 2030 est beaucoup plus modeste: qu’ils augmentent de 20%. Il faut dire qu’ils représentent déjà 42% des déplacements en ville (quelle que soit leur longueur). Lausanne se situe en effet dans la moyenne des villes suisses. Un des objectifs est de dédramatiser les distances. Le centre-ville est à portée de pas de la plupart des quartiers à pied.

Création de zones modérées, limitations de vitesse (désormais 30km/h la nuit), sécurisation des traversées… Pierre Corajoud, délégué piétons, en poste depuis cinq ans également, explique que «les aménagements pour les piétons sont moins spectaculaires que de réaménager toute une rue mais sont tout aussi importants.»

Une action emblématique est la pose de bancs dans l’espace public. Ils ont des fonctions d’attente, de plaisir, de relais sur un trajet. Pour les seniors, notamment, ils sont très important comme bancs-relais pour leur permettre de faire des pauses sur leurs trajets.

Chiffres-clés en 2020
  • +27% de km d’aménagements cyclables
  • +20 % de trafic cycliste (+84% depuis 2017)
  • –2.4 % de trafic individuel motorisé
  • Création de 12 zones 30 et 22 zones de rencontre

 

Un sondage en ligne sur la mobilité

«Quels moyens de transport utilisez-vous au quotidien? Et comment imaginez-vous Lausanne dans dix ans?» La Ville a mis en ligne un sondage, disponible jusqu’à fin octobre, pour mieux connaitre vos attentes et perceptions en matière de mobilité.

Les résultats de cette enquête viendront nourrir les réflexions sur le développement de la mobilité, en ciblant les besoins et les aspirations de la population lausannoise et de son agglomération.

AM