Economie

«Un espace génial» pour la réinsertion

Deux associations actives dans l’aide à la réinsertion professionnelle s’installent dans la Halle 18: Mentor Energy et l’atelier l’Eveil. Cela leur permet de créer des synergies et programmes communs.

«Nous avons deux piliers, souligne Oran McKenzie, directeur de l’atelier L’Eveil: la créativité et la recherche de sens. Il ne s’agit pas seulement de se changer soi-même pour rentrer dans une case existante. Les personnes que nous accompagnons ont souvent craqué parce qu’elles ne voyaient pas de  sens à leur activité. Nous travaillons sur le sens profond, sur ce qu’on vient amener au monde.» 

De père écossais, Oran McKenzie a repris en 2015 la direction de L’Eveil, que sa mère, art-thérapeute, avait créé en 1995. Aujourd’hui, l’association compte 27 employés et 120 bénéficiaires. «C’est une population variée qui va du banquier en burnout au jeune qui n’a jamais travaillé et consomme des psychotropes. Un éventail passionnant de problématiques.»

L’accompagnement passe par des activités artistiques, telles que peinture, vidéo, écriture. Il y a une dimension psychologique, avec de l’hypnose, de l’art-thérapie; un volet pleine conscience, méditation, chi gong; et des activités liées à la transition écologique, permaculture, agriculture urbaine. Les objectifs sont de retrouver un rythme, de la confiance, de se «resociabiliser» et de formuler de nouvelles perspectives professionnelles: la mixité des Halles de Beaulieu y contribuera. «Cet espace est génial. Il y a des défis, notamment des problèmes thermiques. Mais nous accueillons les défis avec plaisir.»

Un village ouvert

François Egger, entrepreneur aguerri, a créé Mentor Energy en 2020 «pour apporter une solution innovante aux personnes touchées par le chômage de longue durée, et pour les jeunes». Avec un succès remarquable: sur une soixantaine de participants ayant terminé leur «mesure» de six mois (parfois un peu plus), plus de 70% ont retrouvé du travail.

A Beaulieu, l’association compte développer un nouvel axe: les métiers durables. L’installation était prévue au 1er janvier, elle se fera plutôt en mars. «Le centre de vaccination Covid-19 devait fermer fin août, mais la campagne a été prolongée. Nous attendons leur départ, puis nous aurons quelques travaux à effectuer. Et nous gardons leurs containers.» 

A la Halle 18, huit personnes de l’association devraient en encadrer environ 35. «Ce qui nous permet un accompagnement à la carte. Nous allons créer un village inclusif, circulaire et durable, composé de salles de formation et de réunion, d’ateliers, et d’une cafétéria. Ce ne sera pas un ghetto: nos bénéficiaires pourront côtoyer bien d’autres personnes actives à Beaulieu, notamment dans les start-ups.»

AM

Cet article fait partie du dossier Beaulieu s'éveille