Portrait

«Je tiens à perpétuer son ambiance bohème»

Remis à neuf, passé de café-bar à café-restaurant, Le Barbare redevient dès le 25 novembre le lieu de rencontre convivial et accueillant qu’il a toujours été. Passionnée de la vie, gourmande, Anouk Senff, la nouvelle tenancière, explique son coup de cœur et ses ambitions pour l’un des «cafés historiques de Lausanne».

© Grégoire Montangero - Ville de Lausanne

Enfant, Anouk Senff venait boire des chocolats chauds au Barbare.

Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur le Barbare?
Anouk Senff: Depuis longtemps, je souhaitais ouvrir mon propre bistrot. Dès que j’ai su que la Ville cherchait une tenancière pour Le Barbare, je me suis précipitée. Car pour moi, c’est un bijou de Lausanne avec sa délicieuse mini-terrasse, loin du tumulte urbain.

Gamine, je venais y boire mon chocolat chaud avec ma grand-mère. Plus tard, j’ai découvert le passé de ce lieu de débats dans les années 1970, ses clients célèbres, habituées et habitués… Je tiens à perpétuer cette ambiance bohème, offrir un lieu de rencontre et de découvertes.

Quelle orientation allez-vous donner à cet établissement mythique?
Mon premier objectif vise à promouvoir les produits de bouche locaux. Productrices et producteurs viendront parfois sur place pour interagir avec la clientèle. Mais pas seulement: de l’assiette à la tête, tout émanera d’artisans et artistes du cru qui présenteront leur travail entre nos murs.

En tant que femme engagée, je compte agir au Barbare comme dans ma vie: faire mon marché, favoriser la qualité, le durable. Cela dit, je souhaite rendre le plat du jour ou le verre de vin accessible à toutes les bourses.

Quelle expérience promettez-vous à votre clientèle?
D’abord, un accueil chaleureux, une écoute attentive aux attentes et aux propositions. Notre carte, modeste au départ, va ainsi s’agrémenter et se peaufiner au gré des suggestions et des conseils du public. Ensuite, au-delà des âges et classes sociales, je souhaite en faire un vrai café de quartier, animé d’un esprit «grande famille».

Enfin, maintenir l’ambiance des belles années du Barbare. On a donc gardées visibles des traces du passé: crépi, niche, pierre. Et on a inclus des éléments rétro: bar en plaques de bois tirées du plafond d’une maison fribourgeoises, carrelage (inspiré du sol d’une cuisine des années 1950). Le vert, couleur associée au Barbare dans la mémoire des gens, reste prédominant. A redécouvrir en dégustant un chocolat chaud et… tout le reste!

G. Montangero