Multimédia

Lausanne agit contre les écrans

Les écrans tiennent une place importante dans la vie des enfants et de jeunes, qui passent plus de 4h par jour (7h le week-end) devant la télévision, un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Comment leur apprendre à faire le meilleur usage possible des écrans? Entretien avec Niels Weber, psychologue-psychothérapeute FSP, spécialisé en hyperconnectivité.

Certains parents se sentent souvent dépassés par l’importance des écrans dans la vie de leur·s enfant·s. Que fait la Ville pour les aider à mieux intégrer les écrans dans la vie familiale?

Niels Weber: En septembre 2016, la Ville de Lausanne a lancé l’action de prévention «Écran total», s’adressant prioritairement aux enfants de 6 à 10 ans et leurs familles. L’objectif de cette action était de sensibiliser et prévenir, et ainsi de permettre l’ouverture du dialogue. Suite à cela, un Fond Ecrans a été créé pour offrir une aide psychologique aux jeunes et familles impactés par l’usage excessif des écrans.

Pouvez-vous nous détailler le fonctionnement de cette prestation?

Les prestations offertes sont de l’ordre de consultations psychologiques ponctuelles, individuelles et/ou familiales. Ces consultations permettent à la personne concernée d’établir une utilisation raisonnable. En plus de cela, il y a la mise en place de groupes de paroles (parents, adolescents, enfants) sur la thématique des écrans. Ces prestations, sur la base de cinq consultations individuelles et/ou de famille, sont renouvelables une fois, quant au groupe, il s’agit d’un ensemble de six séances thématiques.

Est-il encore possible d’avoir accès à cette aide psychologique?

Entre octobre 2016 et mai 2019, le fonds a été utilisé pour 16 situations, surtout pour des séances familiales. Il reste plus de 50% de l’enveloppe à disposition des familles qui nécessiteraient un accompagnement. Des séances en groupe sont aussi prévues pour l’automne 2019.

Peut-on parler de succès dans ce cas-là ou peut-on mieux faire?

Ces différentes présentations ne sont pas passées inaperçues puisqu’elles sont sollicitées et appréciées. De plus, la Ville de Lausanne note que les jeunes euxmêmes veulent rétablir le contact avec leurs parents et donc sont preneurs de ces séances. La gestion modérée du Fond va permettre d’envisager encore un à deux ans avant son épuisement total.
Au final, la Municipalité réagit face aux nombreux enjeux que les technologies numériques font émerger dans le domaine éducatif et celui de la santé.

M. Musial & WK