Culture

Le Petit Théâtre fête ses trente ans

Fermé pendant six mois, le Petit Théâtre vient de rouvrir ses portes aux enfants et aux familles pour célébrer son anniversaire en spectacles. Le programme festif a débuté le 5 septembre et continue jusqu’à ce dimanche 13. Entretien avec sa directrice, Sophie Gardaz.

© Pénélope Henriot

Sophie Gardaz

Situé dans une maison historique au pied de la cathédrale, le Petit Théâtre est principalement soutenu par la Ville de Lausanne. Ouvert en 1990 par trois metteurs en scène qui désiraient créer des spectacles professionnels adressés aux enfants, il a connu un succès immédiat et persistant. En 2005, il a pris la forme plus institutionnelle d’une fondation, avec une directrice à plein temps.

Au programme des festivités figurent Les deux frères, un conte des frères Grimm réécrit par la Valaisanne Mali Van Valenberg, Bloom, une histoire d’amour florale à découvrir dans le jardin du Petit Théâtre, une exposition, Les rêves d’Helena, ainsi que des Visites insolites, permettant de découvrir les secrets de fabrication d'un spectacle.

Vous avez publié un programme bien fourni pour la saison 2020-21, soulagée de pouvoir reprendre malgré la pandémie?

Sophie Gardaz: Comme tous les théâtres, nous avons dû fermer le 13 mars. Nous avons pu faire face à toutes nos obligations financières, ce qui est en soi un grand soulagement. Notre saison s’est ouverte sans trop de contraintes, grâce à notre petite jauge et au fait que les enfants sont un public à moindre risque. Cet anniversaire est pour nous d’autant plus festif.

Beaucoup de spectacles à venir affichent déjà complet, le Petit Théâtre se porte-t-il mieux que jamais?

Oui. Gérard Demierre, Gérard Digelmann et Jean-Claude Issenmann, ses fondateurs, étaient des pionniers. Ils y créaient leurs propres spectacles et donnaient beaucoup de leur temps pour assurer la direction du lieu. Ils ont pu s’installer dans cette maison qui appartient à la Ville et la transformer en théâtre, mais la difficulté a longtemps été d’obtenir les moyens de leurs ambitions. Aujourd’hui, la situation s’est nettement améliorée.

Que rêvez-vous de pouvoir faire à l’avenir?

Je rêve d’une vraie salle de répétitions pour les artistes. Nous sommes un des rares théâtres à proposer des créations, quatre ou cinq par an, et nous trouvons chaque fois des solutions ponctuelles bricolées, mais nous sommes loin des conditions idéales. Je rêve d’une structure à acquérir ou à construire dans le jardin, qui permettrait d’accueillir des spectacles modulables, où les comédiens ne font pas forcément face au public. Celui-ci s’est rajeuni, les enfants ont maintenant cinq ou six ans en moyenne, autrefois c’était plutôt sept à dix. Et plus on s’adresse à des petits, plus ils aiment la proximité avec les artistes. Je rêve enfin d’espace supplémentaire pour accueillir des ateliers et des rencontres que notre public appelle de ses vœux.

Les adultes y trouvent-ils autant de plaisir?

Oui. Les classes d’écoles représentent un tiers de notre public, les familles les deux tiers. Nos spectacles sont tout public, ils offrent plusieurs niveaux de lecture, un peu comme les films de Charlie Chaplin. Essayez donc!

AM

© Studio ACT Photography

Le spectacle Les deux frères affiche complet.