La bibliothèque idéale de Bruno Pellegrino

De Marcel Proust à Paul B. Preciado, l’écrivain nous présente les onze livres, romans, poésie ou chroniques, qui l’ont marqué au point de former sa bibliothèque idéale.

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À la recherche du temps perdu de Marcel Proust

À la recherche du temps perdu, de Marcel Proust

«Proust est un auteur tellement culte que son œuvre court souvent le risque de disparaître derrière ce qu’on en dit. Mais il suffit que j’ouvre au hasard n’importe quel volume de la Recherche et je retrouve tout de suite une langue qui, entre autres parce qu’elle a exigé que je la côtoie pendant un très grand nombre d’heures, m’est intimement familière, me fait rire, m’éblouit, me réconforte.»

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Vers le phare de Viriginia Woolf

Vers le phare de Viriginia Woolf (trad. Françoise Pellan)

«Un petit garçon impatient de se rendre, le lendemain, jusqu’au phare – mais seulement s’il fait beau, précise sa mère. La tension demeure tout au long de la soirée décrite dans la première partie du livre, et ne trouvera une forme de résolution que dans la troisième partie. Mais c’est la partie centrale du roman, intitulée «Le temps passe», qui m’a le plus marqué. Je troquerais sans hésiter cette poignée de pages contre des volumes entiers d’à peu près n’importe qui.»

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Traduit de la nuit de Jean-Joseph Rabearivelo

Traduit de la nuit de Jean-Joseph Rabearivelo

«Lorsque j’ai découvert ce recueil, publié en 1935, je commençais tout juste à oser lire de la poésie. Celle de Rabearivelo m’a atteint d’une manière qu’aujourd’hui encore, dix ans plus tard, je m’explique mal. Ces poèmes, que l’auteur à écrits en malgache puis traduits en français, m’ont accompagné en sourdine durant l’écriture de mon premier livre, dont le titre, Comme Atlas, leur est emprunté.»

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Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez

Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez (trad. Claude et Carmen Durand)

«Un roman monde, un roman monstre, absolument écrasant, qui m’a longtemps donné à la fois l’envie d’écrire et celle de tout arrêter, parce qu’à quoi bon, puisque ce livre existait déjà ? L’ascension et la chute du village de Macondo et de la famille Buendía permettent à Márquez de parler de tout, c’est du moins ce que je pensais. Aujourd’hui, je nuancerais un peu, mais je ne me suis quand même jamais tout à fait remis de cette lecture.»

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Journal de Gustave Roud

Journal de Gustave Roud

«J’ai lu beaucoup de journaux d’écrivains, mais celui de Roud occupe une place particulière. À la fois pour les circonstances dans lesquelles je l’ai découvert – je séjournais alors à Venise où résonnaient ces phrases écrites presque un siècle plus tôt, dans un village situé à un jet de pierre de celui où j’ai grandi –, et parce que ces pages, qui m’ont ému de mille manières, m’ont confirmé que j’allais fréquenter Roud encore pas mal de temps.»

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L'Amant de Marguerite Duras

L'Amant de Marguerite Duras

«Ce livre, relu souvent, à des âges et dans des contextes divers, ne s’est jamais usé. La première page, où la narratrice parle de son visage «détruit», m’a frappé à 15 ans et me frappe toujours aujourd’hui. Les images sont si fortes – le passage du bac sur le Mékong, la mère, le frère, l’amant, jusqu’au paquebot, à la fin, qui fait route vers la France – qu’il me semble connaître ce texte par cœur. Et puis je le relis, et les phrases de Duras parviennent quand même à me surprendre.»

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La piscine de Yoko Ogawa

La piscine de Yoko Ogawa (trad. Rose-Marie Makino-Fayolle)

«Ma rencontre avec ce texte, et avec son autrice, a d’abord été sonore. C’est peut-être l’une des raisons de l’impact que ce très bref roman a eu sur moi. Une autre raison tient au style, des phrases d’une simplicité trompeuse, qui se déploient lentement. Je demeure fasciné par la voix de cette narratrice adolescente qui énonce l’air de rien la profondeur de ses désirs, de ses pulsions, des plus sombres aux plus lumineuses.»

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Dans la forêt de Jean Hegland

Dans la forêt de Jean Hegland (trad. Josette Chicheportiche)

«La narratrice note dans un carnet des choses sur le quotidien qu’elle partage avec sa sœur, après la fin du monde, d’un certain monde du moins, dont des souvenirs lui reviennent. Quelqu’un parle, dans ce roman, et j’ai tout de suite eu envie de l’écouter. À partir d’une situation initiale qui semble offrir peu d’échappatoires, Hegland creuse son intrigue et nous amène tout près de l’essentiel.»

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La Corde de mi d'Anne-Lise Grobéty

La Corde de mi d'Anne-Lise Grobéty

«Je n’ai jamais relu ce livre, découvert sur épreuves peu avant sa parution en 2006, et qui avait fait sur moi une immense impression. L’écriture de Grobéty a été décisive quand, adolescent, je tâtonnais pour écrire. Son premier livre, Pour mourir en février, composé quand elle-même avait 18 ou 19 ans, me semblait indépassable. En progressant dans les pages foisonnantes de La Corde de mi, j’ai eu le sentiment très net que Grobéty me montrait comment faire.»

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Un bref instant de splendeur d'Ocean Vuong

Un bref instant de splendeur d'Ocean Vuong (trad. Marguerite Capelle)

«Le narrateur écrit une lettre à sa mère dans une langue qu’elle ne peut pas lire. Il y retrace par fragments sa vie à elle, marquée à jamais par la guerre qui a ravagé son Vietnam natal, sa vie à lui, enfant queer qui grandit aux États-Unis, et les points de contact entre les deux. Force des scènes, concision de la langue, images stupéfiantes, ce roman qui tient du long poème m’a bouleversé.»

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Un appartement sur Uranus de Paul B. Preciado

Un appartement sur Uranus de Paul B. Preciado

«Ce livre rassemble des chroniques que le philosophe a publiées entre 2013 et 2018 dans le journal Libération. On y suit à la fois les sursauts de l’actualité – par exemple l’île de Lesbos qui, de destination touristique, devient camp de réfugié·e·s –, les voyages de l’auteur, et sa transition de genre. Ces textes ne se valent pas tous, mais de l’ensemble se dégage une force extraordinaire. Même les pages les plus désespérées me communiquent une sorte de confiance.»

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