Energies

Faire feu de tout bois

L’hiver 2019-2020 touche à sa fin et, malgré la situation particulière que nous avons vécue, le chauffage à distance lausannois a continué de fonctionner fidèlement. L’usine d’incinération des déchets de Tridel qui l’alimente en grande partie a d’ailleurs augmenté son apport, le rendant ainsi davantage renouvelable.

Rationnel et écologique, le chauffage à distance améliore la qualité de l’air grâce à la suppression des cheminées individuelles. A Lausanne, un réseau de conduites souterraines de plus de 113 km chauffe quelque 1410 bâtiments. Pour cela, les Services industriels de Lausanne utilisent un savant mélange de plusieurs combustibles, notamment des ordures ménagères et des plaquettes de bois brûlées à l’usine Tridel, appelé le «mix énergétique».

En 2019, l’apport thermique de Tridel, considéré comme renouvelable, est passé de 58,9 à 61,9%. «Depuis de nombreuses années, nous recherchons constamment de nouvelles solutions pour améliorer ce mix énergétique», explique Eric Constantin, responsable des usines thermiques du chauffage à distance lausannois.

La chaleur de nos déchets

Depuis la construction de Tridel en 2006, la chaleur dégagée par la combustion des ordures ménagères est directement injectée dans le réseau de chauffage à distance. En 2011, la chaufferie à bois de la Tuilière est mise hors service et en 2013, l’instauration de la taxe au sac fait diminuer la quantité de déchets livrés. Depuis, une partie du bois «énergie» issu des forêts lausannoises est livré à Tridel. Une solution pleine d’avantages.

«En le mélangeant aux ordures ménagères, ces plaquettes de bois permettent à Tridel de fonctionner à pleine capacité durant l’hiver, ce qui réduit le recours aux combustibles fossiles, poursuit E. Constantin. D’ailleurs, afin de valoriser au mieux cette ressource naturelle locale, nous avons mis en place cette année un monitoring pour contrôler l’humidité du bois.»

Parallèlement, le service parcs et domaines a reconstruit au Chalet-à-Gobet le couvert à plaquettes qui se trouvait précédemment à la Tuilière, ce qui permet d’obtenir un bois plus sec. Au total, les forêts lausannoises produisent environ 6000 tonnes de bois énergie par année. «Environ 40 tonnes de plaquettes sont livrées chaque jour à Tridel durant l’hiver», précise Philippe Magnenat, responsable des forêts pour le Service des parcs et domaines.

© SiL

Récupération de la chaleur des gaz de fumées

Enfin, Tridel de son côté a également cherché des solutions pour améliorer son rendement énergétique. L’usine dispose depuis juin 2019 d’un système sophistiqué de récupération de la chaleur issue des gaz de fumées. Ces derniers, après le processus de combustion, quittent donc l’usine avec 40°C de moins, permettant ainsi d’économiser l’équivalent d’un million de litres de mazout par an.

F. Augsburger