Mobilité & espaces publics

La rue appartient à toutes et tous

Près de 2.5% de trafic individuel motorisé en moins à fin 2019: la Ville de Lausanne a publié lundi dernier la 5e édition de son Observatoire de la mobilité. Alors que le déconfinement progressif voit le retour des activités et des déplacements urbains, tour d’horizon des mesures qui contribuent à rendre Lausanne plus agréable.

Cette publication permet de jeter un regard neuf sur les mesures prises par la Ville en matière d’aménagement de l’espace public, de promotion de la mobilité durable ou encore de développement des infrastructures cyclables et piétons. Depuis que la Ville a réalisé la première zone piétonne de Suisse, la rue de Bourg, inaugurée il y bientôt 60 ans, la pacification du trafic urbain s’est étendue à près de la moitié de la totalité de la voirie. Aujourd’hui, il existe ainsi près de 81 kilomètres de routes modérés dans la ville. Depuis 2017, onze zones 30 km/h et six zones de rencontres ont été réalisées dans toute la ville.

Les effets de cette politique ont eu les résultats escomptés: non seulement le trafic individuel motorisé est en recul de 2.4%, mais la part de fréquentation des transports public a bondi de plus de 8% en trois ans. Les transports publics lausannois ont en effet annoncé 122 millions de passagers en 2019, LEB compris.

Ces résultats ne tiennent évidemment pas compte des effets de la crise sanitaire. La Municipalité a toutefois annoncé qu’elle souhaitait accélérer et renforcer les mesures en faveur de la mobilité douce, et inviter par-là la population à privilégier les déplacements à pied, à vélo ou en transports publics.

Une mobilité durable en progression

Les aménagements cyclables, comme ceux que l’on trouve le long des routes principales, ont également influencé positivement le trafic cyclable qui bondit de plus de 54% entre 2017 et 2019. Certains axes importants voient même leur fréquentation exploser, comme le pont Chauderon qui connaît 1990 passages de cyclistes par jour, soit une hausse de 75%.

Il est également plus aisé de stationner pour les vélos, puisque 1360 places supplémentaires ont été mises à disposition en trois ans, portant leur nombre à un total de 3390.

L’Observatoire de la mobilité nous donne également un aperçu de l’utilisation du tronçon du Languedoc. Cet axe, conçu pour la mixité piétons – vélos, relie le carrefour de Sévelin au pont Marc-Dufour en longeant les voies CFF. Depuis son inauguration à l’été 2018, il connaît une fréquentation en progression constante avec 28'140 usagers par mois. Ainsi, une moyenne de 630 piétons et 310 cyclistes empruntent chaque jour ce maillon emblématique de la future «voie verte» qui reliera à terme Lutry à Saint-Prex.

Appropriation de l’espace public

Par ailleurs, les rues sont désormais jalonnées de nouveaux aménagements parfois novateurs. «L’année 2019 a vu fleurir près de 150 assises, comme des tables ou des chaises, dont 100 bancs à destination du public», précise Fabien Roland, chef de la division espaces publics. «Il y a une vraie demande de la population que la Municipalité souhaite satisfaire.»

La Ville a aussi installé trois «parklets», soit des extensions temporaires de trottoirs sur des places de stationnement, et prépare l’installation d’un quatrième à Montelly. Ces dispositifs permettent aux passantes et aux passants de profiter autrement de la voie publique, en prenant le temps de s’y asseoir ou de se restaurer. «Passé l’effet de surprise de voir les places de parcs utilisées autrement, les retours sont très positifs» conclut Fabien Roland.

L’édition 2020 de l’Observatoire de la mobilité peut être obtenue sur simple demande auprès du Service des routes et de la mobilité de la Ville. Elle est également disponible au format électronique.

S. Vuadens

30 km/h de nuit