Quartiers

A la recherche des trésors des quartiers

Avec les balades regroupées sous le titre «Lausanne 2030. Quel avenir pour votre quartier?», la Ville fait appel aux connaissances des habitantes et habitants des divers quartiers lausannois pour réviser son Plan d’affectation communal (PACom). Cet outil d’urbanisme définit les lignes directrices du développement de la capitale vaudoise pour les 15 prochaines années.

Derrière ce nom peut-être un peu barbare de «révision du PACom» se cache une occasion inédite de renforcer la protection du patrimoine bâti et naturel de la ville et de définir, avec la population, ce qui fait la richesse et l’identité de chaque quartier. Départ immédiat pour deux visites exploratoires.

«Ici, même s’il y a le parking, c’est pour nous comme la place du village. Le centre commercial est un attracteur pour tout le quartier, on s’y croise, on s’y rencontre», résume un habitant des Bergières devant la trentaine de personnes venue participer à la balade. Commerces, mobilité, nuisances sonores, espaces verts, lieux de rencontres: les membres du groupe des Bergières, menés par les urbanistes de la Ville, parcourent les rues de leur quartier en se penchant sur ses points forts et ses points faibles.

Tous sont unanimes: l’avenue du Grey est surdimensionnée et divise le quartier en deux. Une fois traversé, le chemin de Boisy se présente comme une bouffée d’air frais, loin du brouhaha de la grande artère. «Il y a des arbres magnifiques, mais sur des zones privées. On pourrait arboriser beaucoup plus l’espace public», remarque une trentenaire.

Redécouvrir son quartier

Côté «lac», les maisonnettes d’avant-guerre sont des emblèmes importants du lieu. Le petit chemin qui redescend sur l’avenue de la Vallombreuse semble surprendre encore le groupe, pourtant habitué du secteur, par son aspect bucolique et la vue plongeante qu’il offre sur le lac. «Ce passage est très important pour les enfants du sud du quartier qui montent par-là pour aller à l’école. C’est très sécure», complète un père de famille.

Autant de suggestions, de visions d’avenir et d’envies de protéger ce qui fait la singularité du quartier sont exprimés au fur et à mesure de la balade. Les urbanistes prennent note. Ces précieuses informations guideront la révision du Plan d’affectation communal. Un travail de longue haleine: la Ville défend une approche fine, quartier par quartier, rue par rue.

Un quartier connecté qui offre des chemins agréables

Autre lieu, la Pontaise cette fois-ci, l’équipe d’urbanistes est prête pour une nouvelle balade. On entre directement dans le vif du sujet. Que faire du petit édicule à l’angle du parc? Comment protéger les petits commerces et renforcer leur diversité? Quid des restaurants? Les questions et discussions s’enchainent alors que le groupe a commencé la visite du quartier. Petite pause sous le collège, l’espace de détente y est très apprécié.

Au fil de la balade, on relève les nombreux chemins de liaisons qui relient de manière très efficace, pour toutes et tous, le secteur à Chaudron, aux Bergières ou au Tunnel. «La liaison de Mémise devrait être revalorisée, c’est précieux ces connexions», souligne un riverain. Les quelques 25 riveraines et riverains débattent de la présence de fast-foods, qui crée une circulation désagréable pour une grande partie du groupe. Et de l’envie de conserver des ensembles dans un quartier jugé comme manquant d’harmonie. «La rue des Jardins a une cohérence. Elle a du caractère, il faut conserver cela», commente un habitant, architecte de profession.

Avant de terminer la visite, dernier coup d’œil sur le quartier. «Certaines zones sont très goudronnées, avec les problématiques liées au réchauffement climatique, il faudrait arboriser plus», conclut le senior du groupe. La balade est terminée, les discussions se poursuivent autour d’un apéro… jusqu’à la prochaine visite dans un nouveau quartier de la ville.

Le PACom en bref

Le Plan d’affectation communal est un outil urbanistique obligatoire pour chaque commune vaudoise. Il fixe les règles de construction et d’utilisation du sol, en se basant sur une vision d’ensemble du développement pour les 15 prochaines années.

La dernière révision datant de 2006, la Ville élabore une nouvelle version de son plan, avec l’ambition de proposer un outil mieux adapté à la réalité du terrain, composé de règles plus proches de la singularité des quartiers. Le PACom est également un des plus grands leviers en termes de stratégie climatique dont dispose la Ville.

JD