Culture

Les bons contes d’Omar Porras

Directeur du TKM Théâtre Kléber-Méleau depuis 2015, le metteur en scène suisse d’origine colombienne célèbre les 30 ans de sa troupe, le Teatro Malandro, avec un spectacle annulé en mars, et qui a pu débuter le 27 octobre. Il revient sur son parcours.

© Mario Del Curto
Omar Porras.

Omar Porras a formé le Teatro Malandro à Genève, en 1990. Il a reçu en 2014 le Grand Prix suisse de théâtre pour l’ensemble de sa carrière. En juillet 2015, il a succédé à Philippe Mentha à la direction du Théâtre Kléber-Méleau, à Renens. A l’occasion des 30 ans de sa troupe, il y crée, avec Marco Sabbatini, une adaptation du Conte des contes, un recueil écrit en dialecte napolitain par Gianbattista Basile et publié en 1634-36.

Comment avez-vous choisi, pour les 30 ans de votre troupe, d’adapter ces contes?
Omar Porras: J’ai toujours été fasciné par les contes et j’ai découvert ceux de Gianbattista Basile l’an dernier. Ils ont inspiré Perrault, Grimm et d’autres. Je cherchais de quoi créer un spectacle, ce n’est pas la première fois que je le fais à partir d’une matière littéraire. Pour moi, c’est dissocié de cet anniversaire, presque anecdotique.

Trente ans, ce n’est pas rien…
Eugenio Barba disait que 20 ans dans la vie d’un théâtre, ce sont 80 ans dans une vie humaine. Ce sont de nombreuses vies imbriquées dans une étincelle fugace. Pour moi, ce sont 30 ans de voyages, de rencontres, d’émerveillement, d’apprentissage. Je crois que je ne suis plus très loin d’obtenir mon diplôme.

Le Teatro Malandro est programmé ici pour la cinquième fois en cinq ans. A-t-il changé le TKM?
Forcément. Je suis venu avec ma manière de voir le théâtre, qui n’a pas changé. Mais je crois que mon arrivée ici répondait à une logique naturelle. Le TKM a été fondé en 1979 par de vrais artisans du théâtre. La bienveillance du public lausannois et des autorités, qui nous avaient déjà bien accueillis pendant 25 ans, nous ont permis ce métissage depuis 2015. Je suis assez émerveillé par la lucidité des décideurs, à Lausanne et dans l’Ouest lausannois, qui ont une vision claire de l’importance de la culture, qui se soucient du bien-être des artistes et du public.

Propos recueillis par AM