Le droit de vote pour les étrangers: toute une histoire

FAVERGES – Après des années passées en Suisse, le droit de vote n’est pas acquis aux étrangers non naturalisés, sauf exceptions sur les plans cantonal et communal.

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Yumilda Rodriguez

S’intégrer dans un pays étranger, c’est un long chemin. Après plusieurs années passées en Suisse, on se dit qu’on va peut-être pouvoir voter. Or non, pas si simple. On apprend que les étrangers ne peuvent participer ni aux votations, ni aux élections fédérales. Ils peuvent par contre, si le droit cantonal ou communal le prévoit, participer aux scrutins cantonaux (tels que l’élection du Conseil des États) ou communaux. Pour bénéficier de ce droit, une durée minimale de résidence est souvent exigée.

«S’intégrer dans un pays étranger, c’est un long chemin».

En ce qui me concerne, je viens de Cuba, un pays où le droit de vote est inexistant. Disons qu’il se limite à l’élection du parlement (La Asamblea Nacional). A Cuba, le président n’a jamais été élu. Il est resté plus de 40 ans au pouvoir avant de laisser la place à son frère. Leur successeur n’a pas non plus été désigné par le peuple.

Quand on arrive dans un pays comme la Suisse, c’est une découverte de voir que les gens ont le droit de vote, avec la possibilité de dire oui au non à chaque décision engageant le pays. On habite pendant des années en Suisse, on s’intègre à la société, on suit l’actualité au quotidien, en étant branché sur les journaux télévisés. On finit par tout connaître de l’actualité suisse. A l’exception d’un mois de vacances au pays d’origine, notre cerveau est orienté vers ce qui passe en Suisse. Seulement voilà, comme dans la plupart des pays du monde, seuls votent les autochtones et les personnes naturalisées. Pour le reste, nous sommes des fantômes. Comme cet ami chilien qui habite en Suisse depuis 35 ans, jamais naturalisé, et qui n’a par conséquent jamais voté.

Le couronnement de l’intégration

Le droit de vote des étrangers est plus que jamais un sujet brûlant

quand on sait qu’un quart de la population résidant dans le pays n’a pas la nationalité suisse. A Genève comme à Lausanne, la population étrangère dépasse les 40%. Cependant, au niveau fédéral et dans la plupart des cantons, ces citoyennes et citoyens n’ont ni voix ni vote. Un aspect pour lequel plusieurs études comparatives internationales attribuent un déficit démocratique à la Suisse.

Et pourtant, le droit de vote pour les étrangers facilite l’intégration. Il apparaît même que le droit de vote est pratiquement le couronnement de l’intégration absolue (droits civils et politiques).

Dans ce contexte, il faut toutefois souligner un progrès: la plupart des cantons romands, dont Vaud, accordent aux personnes étrangères le droit de vote, d’élire et d’être élues au niveau communal – généralement après un certain temps de résidence.

Yumilda Rodriguez

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