Corinne Coppey

Corinne Coppey évolue dans le milieu des arts martiaux et des sports de combat depuis près de 30 ans. Ancienne athlète d’élite maintes fois médaillée lors de grands rendez-vous internationaux, elle est la co-fondatrice du Lausanne Wushu et Boxing Institut, école qu’elle dirige et où elle enseigne. Elle se réjouit de voir de plus en plus de filles et de femmes pratiquer ces sports à présence majoritairement masculine.

© Ville de Lausanne / Loris Raselli

Qu'est-ce que le sport vous apporte?

Je suis passionnée de sport depuis mon plus jeune âge. J’ai toujours été fascinée par le fait de travailler avec son propre corps pour s’améliorer et réussir une performance. La pratique du sport influence aussi positivement mon esprit et ma créativité.

Pourquoi avoir choisi la boxe?

Enfant et jeune adolescente, je faisais surtout beaucoup d’agrès, un peu de course d’orientation et du kayak. A l’âge de 16 ans, j’ai arrêté ces sports et me suis intéressée aux arts martiaux, qui m’ont toujours fascinée par leur variété et la richesse de leur culture. A travers le Wushu (kung-fu), j’ai découvert le combat à deux et me suis ensuite naturellement orientée vers les sports de combat que sont le kickboxing et la boxe.

Dans la boxe, j’aime particulièrement le côté technique, la pureté du geste ainsi que la tactique. Et également le fait que ce soit très exigeant sur le plan physique.

Serait-il plus facile de pratiquer un sport qui n'est pas injustement catalogué «sport masculin»?

Nous sommes formaté·e·s depuis notre plus jeune âge dans cette catégorisation «sports pour les filles» et «sports pour les garçons». La conséquence logique est ainsi, en tant que fille, de se mettre à pratiquer un sport «dit» féminin. C’est d’ailleurs ce que j’ai vécu enfant en pratiquant les agrès, discipline facilement accessible par les filles. Aller contre ce formatage est nécessairement un défi.

Que diriez-vous à une fille qui hésite à débuter un sport «dit» masculin, notamment la boxe?

Pour chaque sport que l’on pratique, il faut être convaincu·e par soi-même et avoir du plaisir. Dans un sport majoritairement pratiqué par les hommes, c’est pareil, il faut rester soi-même et ne pas chercher à être à tout prix plus forte que ses coéquipiers masculins.

La boxe n’est pas simplement un sport de force, c’est très physique et technique et c’est le travail et la persévérance qui vont porter leurs fruits.

Dans notre école, au Lausanne Wushu et Boxing Institut, de plus en plus de filles et de femmes s’entraînent avec les hommes sans préjugé aucun. Elles ont bel et bien leur place et sont bien acceptées. Donc n’hésitez pas, osez et venez nous rejoindre!

Est-ce difficile d’être une femme dirigeante d’un centre de sports ?

Généralement pas. Cependant, c’est parfois plus difficile pour certains hommes d’accepter d’avoir une femme dans les réunions ou les groupes de travail, qui étaient par le passé uniquement composés d’hommes.

Quelles sont les principales discriminations de genre que vous avez vécues dans votre pratique sportive?

En tant qu’athlète, il n’y avait pas toujours assez de femmes dans les compétitions. Comme conséquence, les catégories ont parfois été fusionnées avec les hommes. Cela m’a mis hors de moi. Plusieurs fois, j’ai dû renoncer au titre et j’ai trouvé cela profondément injuste.

Des commentaires sexistes durant ma pratique sportive étaient fréquents, surtout lors des entraînements d’endurance tels que la course à pied. Des remarques déplacées comme on en connaît malheureusement aussi quand on se promène en ville. En revanche, ils proviennent essentiellement de personnes qui ne me connaissent pas.

Il y a aussi de nombreux stéréotypes de genre dans la boxe. On peut parfois entendre que ce n’est pas un sport pour les femmes, qu’elles n’ont rien à faire sur un ring ou encore qu’elles ne frappent pas assez fort.

Quel est votre souhait pour l'avenir, en matière d’égalité dans le sport?

Je souhaite que les femmes aient la même reconnaissance dans leur carrière sportive et qu’on leur accorde simplement le même respect.

Pourquoi vous êtes-vous impliquée dans la campagne «Laissons les stéréotypes au vestiaire» de la Ville de Lausanne?

Cela m’a immédiatement interpelée. C’est un sujet sensible qui nous concerne et nous touche toutes et tous. Je suis très honorée d’avoir un rôle actif dans cette campagne et j’espère pouvoir encourager des filles et des femmes à pratiquer ce magnifique sport qu’est la boxe.

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