Le mythique Conan s'expose à BDFIL

Du 16 au 19 septembre 2021, le Centre BD de Lausanne propose une exposition dédiée à Conan durant le festival BDFIL. Les explications de Boris Bruckler, bibliothécaire du Centre BD.

Le teaser de l'exposition «Conan: le barbare du neuvième art»

Qui est Conan le Barbare? De quoi son nom est-il synonyme?

Conan est un barbare de Cimmérie, une contrée nordique et inhospitalière dans un univers empruntant tout à la fois aux imaginaires celtes, romains, égyptiens, antiques ou moyenâgeux. Conan est un barbare. C’est-à-dire, pour son créateur l’écrivain américain Robert E. Howard, un homme férocement libre se situant entre la civilisation – par nature corruptrice et décadente – et la sauvagerie – qui rapproche l’humain de l’animal. D’un point de vue positif, Conan est synonyme de puissance, de vitalité et de liberté. D’un point de vue négatif, Conan est synonyme de brutalité, de naïveté barbaresque et de musculature bien trop huilée. Ces deux aspects expliquent en partie la longévité du personnage, que cela soit de manière sérieuse ou parodique.

Comment Conan est-il devenu le plus célèbre barbare du monde?

Avec les romans de Howard, les illustrations de Frank Frazetta, les comics édités par Marvel mais, surtout, grâce au sublime film de John Milius sorti en 1982 avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle-titre. La longévité du personnage s’explique par son aspect mythique, sa puissance évocatrice et sa capacité à être l’archétype même du barbare dans l’imaginaire collectif.

Quels sont les héritiers fictionnels de Conan?

Son apport est très grand dans l’histoire culturelle! Si l’on pense mousquetaire, on imagine d’Artagnan. Si l’on se représente un chevalier, c’est très vite Lancelot, Arthur ou Luke Skywalker qui viennent à l’esprit. Pour le barbare, c’est Conan qui s’impose. L’héritage de Howard est immense dans les cultures de l’imaginaire. Il a réussi à créer un univers brutal, sombre et cohérent qui est devenu un modèle du genre, de la littérature aux bandes
 dessinées en passant par le cinéma ou les jeux de rôle.

En quoi Conan nous parle-t-il encore aujourd’hui?

La question centrale dans les récits de Conan est le constant cycle de création et de destruction des civilisations, passant de la sauvagerie animale à la barbarie pour arriver finalement à la civilisation qui sombre dans la décadence et s’autodétruit, avant de recommencer un nouveau cycle. Quoi de plus actuel à l’heure de la catastrophe écologique en cours?

© Droits réservés

Roy Thomas (scénario), John Buscema (dessin), Les chroniques de Conan 1971-1974 : L’Anathème du mort-vivant, Panini, 2008 [Savage Sword of Conan, 1, Marvel, 1971]

L’exposition proposée durant BDFIL par le Centre BD de la Ville de Lausanne plonge dans ses collections patrimoniales. Quels trésors sont visibles de manière exceptionnelle?

Le Centre BD de la Ville de Lausanne y expose plusieurs centaines de périodiques et albums dédiés au barbare de Cimmérie, des éditions américaines Marvel des années 1970 aux adaptations françaises actuelles par Glénat, en passant par les versions parodiques ou celles dédiées à Red Sonja, l’alter égo féminine de Conan. Une exposition consacrée à un patrimoine vivant, toujours en évolution et toujours aussi actuel.

Quel est votre Conan préféré?

J’ai deux Conan préférés: l’homme libre qui n’entretient aucune illusion sur la corruption du pouvoir, et la brute idiote et absurdement virile qui m’a toujours fait rire. J’ai une relation presque intime avec ce personnage car le tout premier film dont je me souvienne - je devais avoir quatre ans - c’est… Conan le Barbare de Milius! J’ai été immédiatement accro à cet imaginaire qui m’accompagne aujourd’hui encore.

Propos recueillis par Isabelle Falconnier

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