2020, année de l’inclusion numérique

Les Bibliothèques de la Ville de Lausanne proposent durant toute l’année des animations, ateliers et rencontres autour du numérique pour petits et grands. Explications avec Marylène Chevallay, bibliothécaire déléguée à la médiation culturelle.

© Oliver Petereit
Marylène Chevallay, bibliothécaire déléguée à la médiation culturelle

Tout au long de l’année 2020, les bibliothèques de la ville de Lausanne déclinent des activités sur le thème «année de l’inclusion numérique». Pourquoi ce thème?

Le numérique est désormais partout, qu’on le veuille ou non. C’est un outil de formation autant que de divertissement, de service, de loisirs. Y compris dans notre métier de bibliothécaire, où l’arrivée du livre numérique a secoué la profession, qui doit s’adapter pour le proposer au public de la manière la plus pertinente possible! Or nous avons remarqué qu’il y a un grand besoin de compréhension, d’explications de la part de nos usagers, qu’ils soient réfractaires ou non au numérique, qu’ils soient seniors, parents d’enfants ou enfants, ou simplement grands lecteurs.

En quoi est-ce le rôle des Bibliothèques de la Ville de porter ce thème du numérique auprès du public?

Nous sommes des lieux d’accès au savoir! Et l’accès au savoir, l’accès à la formation comme à l’information, passe aujourd’hui par le numérique autant que par l’imprimé. Nos propositions pour cette année de l’inclusion numérique portent sur trois axes: l’expression artistique en premier lieu, à travers des ateliers de peinture ou de poésie numérique; la pédagogie et la formation, en deuxième axe, par exemple à travers une conférence de Sylvain Fankhauser pour encourager les femmes à s’intéresser à la création de contenus et d’outils numériques et ne pas laisser un monde masculin s’en emparer, ou une présentation de logiciels pour les jeunes comme MineCraft ou Scratch, auxquels ils n’ont pas forcément accès à la maison et qu’ils vont forcément rencontrer dans leur parcours. Un troisième axe est enfin celui de la prévention: nous sommes conscients que le numérique n’est pas la panacée universelle. Notre année a ainsi débuté par un atelier de prévention autour des enfants et des écrans…

A quels publics s’adressent ces activités autour du numérique?

A tous nos usagers et lecteurs! Aux femmes parce qu’elles ont souvent été laissées de côté en terme de numérique. Aux seniors parce que c’est un public important des bibliothèques, des villes de manière générale, et qu’ils ont besoin d’accompagnement pour leur permettre d’utiliser le numérique à toutes les étapes de leur vie. L’inclusion est au cœur de nos priorités, et la fracture numérique existe, correspondant souvent à la fracture sociale. Les plus démunis ont accès chez nous à des ordinateurs ou des tablettes numériques. Le numérique est censé créer du lien; on parle continuellement des réseaux sociaux, mais si on ne le maîtrise pas, le numérique peut créer de l’isolement, paradoxalement. Notre approche est donc avant tout conviviale, décontractée et de proximité. Nos cafés seniors se font en petits groupes, et les besoins de chacun sont pris en compte. On y parle autant téléphonie mobile, achats en ligne, gestion de ses photos personnelles, bref, le numérique au quotidien. L’important est de montrer comment le numérique aide à ne pas perdre le lien avec la société qui nous entoure.

Le numérique fait ainsi encore peur?

Il apparait encore souvent comme froid, technologique, anti- humain. Il nous importe de penser le numérique en terme de relations humaines justement, de  créer du lien autour de toutes ces questions, en partageant une activité, en rendant cela accessible et familier.

Le numérique concerne aussi l’activité de base des bibliothèques, soit la lecture publique…

Evidemment! La lecture numérique, les livres, journaux et magazines en format numérique sont déjà entrés dans notre offre depuis plusieurs années. Une offre en augmentation constante. Et qui ne fait pas diminuer les chiffres de prêts d’ouvrages imprimés: ce qui prouve qu’il n’y a pas de basculement du papier au numérique, mais un panachage des habitudes de lecture, suivant le moment, l’occasion. Nous prêtons d’ailleurs des liseuses pour que les lecteurs puissent les essayer avant, s’ils sont convaincus, d’en adopter une!

Comment, dès la fin de l’année, inscrire cette démarche dans la durée?

Nous allons pérenniser les offres qui ont montré qu’elles répondaient à une forte attente, comme les cafés numérique seniors, ou la médiation numérique auprès des enfants et des adolescents. Et continuer à augmenter nos catalogues d’ouvrages numériques, de livres augmentés pour les familles par exemple, afin de nous faire aussi l’écho du travail immense fait par les éditeurs jeunesse francophones.

Propos recueillis par Isabelle Falconnier

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