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Geluck et son Chat aiment l'hiver!

Le Chat s’expose en sculptures monumentales sur les quais de Montreux jusqu’à fin février tandis que son créateur, Philippe Geluck, publie un livre autobiographique intitulé «Je chemine avec Philippe Geluck». Nous l’avons rencontré pour parler hiver, cadeaux, humour et amour. En cadeau bonus: une galerie de dessins Le Chat spéciale Noël!

© Droits réservés
Philippe Geluck

L’hiver est une saison qui déprime une grande partie de la population. Et vous?

En fin d’année, je croise beaucoup de gens fatigués, le moral dans les chaussettes. Moi, au contraire, je suis comme les arbres: j’ai besoin de cette période pour tuer la vermine, me régénérer. Par ailleurs, j’ai l’impression d’être toujours content, qu’il pleuve ou fasse soleil. Je suis très adaptable et considère chaque jour qui se lève comme un vrai cadeau.

Vous publiez un livre d’entretiens intitulé «Je chemine avec Philippe Geluck» (Seuil). Vous y racontez une anecdote d’enfance: le jour de la Saint-Nicolas, vous prépariez chaque année une tartine qui était soi-disant mangée par le saint lors de son passage. L’année de vos 7 ans, vous comprenez que ce sont en fait vos parents qui déposent les oranges et autres friandises, et mangent la tartine. Vous tapissez alors la dite tartine de moutarde forte sous la confiture. Et votre père de pousser un grand cri en mordant dedans, vous-même plié de rire derrière la porte. Que représente la période des Fêtes et de Noël pour vous aujourd’hui?

Cette année, ma petite-fille de 8 ans a appris que saint Nicolas n’existait pas. Elle m’a dit «Ce n’est pas grave, il y a le Père Noël!». Ce n’est pas moi qui vais la détromper! Ce que l’anecdote de la tartine de moutarde ne dit pas, c’est à quel point Noël était synonyme de magie à mes yeux. J’ai des souvenirs éblouis des veillées du 24 décembre chez mes grands-parents maternels, que j’adorais. Ils habitaient à la campagne. Durant la soirée, on nous faisait sortir. Nous entendions du bruit, on nous appelait, la porte s’ouvrait et nous entendions chanter le Stille Nacht, les bougies étaient allumées, les cadeaux sous le sapin - le Père Noël était passé!

J’ai grandi dans une famille modeste: si Noël est synonyme de magie, il est cependant aussi lié à des déceptions systématiques. Je rêvais d’un train électrique: celui que j’ai reçu est tombé en panne le soir-même. Je fantasmais sur une auto à pédales: l’auto reçue n’avançait pas, c’était du bon marché. J’ai eu le malheur d’affirmer un jour que je voulais devenir archéologue: pendant plusieurs années, j’ai reçu des livres sur l’archéologie dont je n’avais rien à faire… Moi je voulais l’aventure, les voyages en Egypte! Mais comme j’étais un gamin enthousiaste et affectueux qui ne voulait pas faire de peine, j’ai toujours fait semblant d’être très content!

Avez-vous un sapin de Noël chez vous à Bruxelles?

Absolument! Ma femme Dany et moi avons toujours eu un sapin. C’était important  pour les enfants, puis pour les petits-enfants maintenant. Il y a quelques années, nous avons opté pour un sapin réutilisable très joli. J’ai beau être moderne, tourné vers l’avenir, et ne pas me sentir proche d’une quelconque religion, je tiens à ces rituels. Noël est une fête païenne à mes yeux, je n’ai jamais eu de crèche. Par contre c’est une occasion magnifique de réunir tout la famille et de célébrer nos liens.

Préférez-vous offrir des cadeaux ou en recevoir?

Je préfère offrir des cadeaux, c’est toujours un moment charmant et agréable. Mes enfants et amis me disent qu’il est compliqué de me faire des cadeaux, parce que j’ai tout, mais ce qu’ils m’offrent me fait toujours plaisir! J’apprécie surtout les choses personnelles, faites par eux, que ce soit des gourmandises ou les bricolages de mes petits-enfants. L’intention compte à mes yeux plus que tout. Mon fils, qui a beaucoup d’humour, m’a offert un jour un petit cadre, avec une photo de moi, décoré de peinture bleue et de coquillettes - il avait 35 ans! J’ai toujours dans ma poche quatre billes offertes par mes quatre petits-enfants, ainsi ils sont toujours avec moi! Et un porte-clefs étiqueté «L’Homme Idéal» offert avec humour par ma fille… Le plus beau cadeau reste à mes yeux le temps partagé, des soirées ou des vacances tous ensemble.

Le Chat fêtera ses 40 ans en 2023, puisqu’il est né en 1983 dans le journal Le Soir. Dès 2018, il a pris une nouvelle dimension avec un parcours de sculptures monumentales en bronze imaginé par vous. La première exposition «Le Chat déambule» est inaugurée sur les Champs-Elysées à Paris, avant de voyager notamment à Genève puis Montreux jusqu’à fin février 2023. Le Chat en 3D, ça change quoi?

Il est parmi nous! Il existe de manière plus forte encore! Et en tant que créateur, le moment où je donne naissance au modèle de la sculpture en terre glaise est très fort, quasi magique. Ensuite, lorsqu’il se transforme en sculpture géante et prend place dans l’espace public, j’ai l’impression de l’offrir au public! D’ailleurs les gens le touchent, les enfants montent dessus, les familles se prennent en photo avec, comme s’il était un ami. Et comme Le Chat en sculpture est muet, il parle toutes les langues, et donc à tous les peuples!

Votre livre «Je chemine avec… Philippe Geluck» retrace votre parcours d’artiste multiple, tout à la fois dessinateur, chroniqueur, comédien, humoriste, animateur télé. Avez-vous pris plaisir à vous retourner ainsi sur votre vie?

J’ai surtout pris conscience que je commençais à avoir des années au compteur, même si dans ma tête je reste le gamin qui s’amuse à faire des blagues! Je ne voulais surtout pas me gargariser et me vanter des choses accomplies, mais parler avec sincérité des rencontres importantes – comme avec Michel Drucker ou Laurent Ruquier -, de mes hésitations, de mes enthousiasmes, de mes fourvoiements aussi. Et de ma femme Dany, que j’aime depuis mes 22 ans, une priorité de toujours, avec mes enfants et petits-enfants désormais.

Comment voyez-vous votre place dans la société aujourd’hui, votre rôle auprès du public?

J’ai la faculté de faire rire, donc je ne peux pas en priver les autres, car rire fait du bien. J’ai eu la chance de réussir dans mes activités: je considère que j’ai une dette morale envers ceux qui ne vont pas bien, qui n’ont pas eu ma chance. Je soutiens de nombreuses associations ou projets solidaires chaque année, j’offre des œuvres, de la présence.

Quelle place pour l’humour en 2022?

L’humour a toujours plus d’importance! Il est essentiel de ne pas céder à la censure, à l’autocensure, même si nous avons perdu une forme d’insouciance. Je m’autorise à rire de tout, à ma façon. J’essaie de faire en sorte que le second degré soit toujours perceptible. Je crois en la «pédagogie humoristique» à grande échelle, et au respect mutuel. L’humour est une arme de défense contre toutes les injustices et les scandales et permet de dénoncer autant les dictatures, les guerres, la déforestation ou la violence faite aux femmes en Iran ou Afghanistan.

Que pouvons-nous vous souhaiter pour l’année 2023?

Pas de bonnes résolutions: je sais à quel point elles sont difficiles à tenir… Un vœu: trouver du temps pour moi et ma famille au milieu de toutes mes tocades professionnelles! Et réaliser mon rêve américain! Cet hiver, je pars à New York et Montréal discuter d’une tournée de mon exposition de sculptures du Chat dans ces deux villes. Cela me ferait tellement plaisir! Si ça se réalise, je vivrais un rêve éveillé!

Propos recueillis par Isabelle Falconnier

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