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Les lettres ont-elles bon caractère?

Thomas Betschart a l’œil aiguisé et une expertise confirmée. Ses projets typographiques le démontrent. Son inspiration? Les formes géométriques. Portrait de l'artiste-graphiste lausannois malentendant avant sa rencontre le 19 mars prochain à la Bibliothèque Montriond.

Le caractère du typographe – découvrez les enjeux de la lettre dans l’image!

La personnalité de Thomas Betschart est à l’image de son art: il est un être aussi profond que ses créations. De son œil aiguisé, il sait donner le meilleur à chacun de ses projets typographiques. Son enthousiasme, sa rigueur et sa minutie transparaissent dès qu’il évoque son activité professionnelle.

La volonté de créer est ce qui amène Thomas Betschart à faire des études de graphisme. Que ce soit des dessins à la main ou en couchant des idées sur du papier, il chérit le processus créatif. Sa spécialité: des concepts novateurs qui proposent une approche différente des stéréotypes. Une façon de procéder qui confère assurément de la profondeur à ses projets. Certaines personnes ont tendance à s’arrêter à leur première impression d’une image. Avec celles que nous montre Thomas, ça semble impossible. Par les formes et les couleurs, il propose plusieurs niveaux de lecture. De quoi happer les regards.

Aujourd’hui, la volonté de créer reste le moteur de l’artiste-graphiste. Et à chaque nouveau projet, il repart de zéro. Il apprend du contexte de sa cliente ou de son client, de la mise en image et du positionnement pour aboutir à un résultat percutant. Chaque caractère typographique doit être choisi avec soin. Selon la situation historique et géographique, la portée sera différente. Ce qui ne change pas, c’est la fascination qu’a Thomas pour la sobriété dans l’aspect visuel de la communication. Il précise: «des formes permettant d’aller à l’essentiel».

Des formes, l’artiste-graphiste s’en inspire beaucoup. Particulièrement les formes et les couleurs primaires. C’est le Bauhaus qui l’influence tant: un mouvement artistique des années 1930 qui célèbre la pureté de l’architecture et du design. La volonté est d’aller à l’essentiel avec moins de détails. Une tendance à première vue mathématique, qui laisse pourtant place à l’imagination. En effet, de nouvelles formes peuvent être créées à partir de certaines qui sont géométriques.

L’inspiration du Bauhaus se remarque dans les projets que Thomas dispose sur la table. Il décrit ce mouvement ainsi: «des idées originales et avant-gardistes à partir d’éléments simples». Il est vrai que face à nous, peu de couleurs et de mots sont nécessaires pour des résultats novateurs. Malgré cette influence, l’expression à la fois de la personnalité et de la perception de Thomas est notable. Au fait, comment l’artiste-graphiste perçoit-il l’efficacité d’un caractère qu’il crée? «À l’équilibre entre le noir et le blanc, qui ne doit pas être trop massif», répond-il avant de préciser que plusieurs caractères sont nécessaires afin d’en juger avec le plus de justesse possible.

Le label Culture inclusive

Le Service des bibliothèques et archives a signé le label Culture inclusive. Qu’en pense-t-il, en tant que personne malentendante? «Une belle opportunité de rendre accessible toute institution culturelle». Une accessibilité qui ne se cantonne pas qu’au sur-titrage de pièces de théâtre pour compter dans le public des personnes malentendantes comme Thomas. Le label permet par exemple aussi le passage de chaises roulantes dans certains environnements entravés. «Une véritable plus-value», conclut l’artiste-graphiste.

Nous sommes ravies et ravis de constater qu’un tel label change la donne pour tant de personnes. D’ailleurs, est-ce important que l’art de Thomas soit son travail et non un passe-temps ou un à-côté? Cela a-t-il une implication particulière dans sa pratique? Sa réponse nous fait sourire: «quand je fais un projet pour un client, je le prends très sérieusement pour le raconter beaucoup moins sérieusement».

A quoi vous attendre lors de la rencontre du 19 mars prochain, traduite en langue des signes? Thomas le dévoile en partie avec un regard espiègle: «entre anecdotes et détails croustillants, je vous dirai tout ce que vous avez besoin de savoir sur moi». Il parlera en plus de son approche du graphisme et de l’enjeu de la lettre dans l’image. Enjeu qu’il dévoile à nouveau en partie: «faire comprendre de manière textuelle pour être lu». Et enjeu d’une importance primordiale, car selon la forme de la lettre, tel public ou tel autre, large ou restreint, se sentira concerné. Sa curiosité s’éveillera. La vôtre l’est sûrement, après cette entrevue avec Thomas Betschart. Pour la satisfaire, une solution: venir le rencontrer le 19 mars prochain à la Bibliothèque Montriond!

Anaïs Sancha

Le caractère du typographe

Les lettres et leurs formes attirent notre attention. En les lisant, elles créent des histoires et des images dans nos têtes. L’efficacité de ces caractères est démontrée dans des formes extrêmement petites et extrêmement grandes. Thomas Betschart, graphiste malentendant, développe des visuels où il donne libre cours à ses expérimentations typographiques. Découvrez son parcours silencieux depuis ses études à ses projets, dont certains ont été influencés par le Bauhaus. En collaboration avec le MUDAC.

  • Bibliothèque Montriond, mardi 19 mars de 19h à 20h30, dès 15 ans, sur inscription, rencontre traduite en langue des signes

Typo pièces - Lettre modulables

Atelier créatif dès 7 ans donné par le graphiste Thomas Betschart, en collaboration avec la Bibliothèque Montriond.

  • MUDAC, mercredi 20 mars de 14h30 à 16h30, dès 7 ans, sur inscription, atelier interprété en langue des signes