Lara Walder, la fée qui donne une deuxième vie à nos habits

Passionnée de stylisme et adepte de slow-fashion, Lara Walder donne une nouvelle vie à vos vêtements usés ou délaissés. Elle propose des ateliers dans les Bibliothèques de la Ville de Lausanne. Rencontre dans son appartement-atelier de Chavannes-près-Renens.

Lara Walder a 12 ans lorsqu’une nuit, elle rêve qu’elle est devenue une grande styliste. Pour être certaine de ne pas oublier son rêve, elle le dessine au réveil. Un dessin qu’elle a gardé précieusement. Enfant puis adolescente, la Nyonnaise dessine des vêtements dans ses cahiers, sur ses classeurs et même ses feuilles d’examens. Elle se met à tout récupérer, rubans, boucles de ceinture et autres cordelettes de sac pour «customiser» ses vêtements et ceux de ses amies.

Après l’école, sa passion est mise en sourdine: Lara suit une école de bijouterie à la Vallée de Joux, puis devient technicienne en horlogerie, métier qu’elle exerce aujourd’hui sur la Côte. C’est en autodidacte qu’elle se forme au patronage, à la broderie, au transfert textile et au stylisme.

Et en 2018, la passion est plus forte et elle ouvre DoubleYou Couture, son atelier et label de création. A l’enseigne de DoubleYou, elle propose des ateliers collectifs ou individuels tout en développant sa propre créativité. DoubleYou? Comme «W», la première lettre de son patronyme, prononcée en anglais, et parce que «nous avons tous une personnalité riche et multiple qui ne demande qu’à s’exprimer.» Née en 1986, elle a grandi auprès d’une maman esthéticienne et d’un papa paysagiste. «La légende familiale dit que mon arrière-grand-mère maternelle était couturière en Afrique. Je tiens d’elle, qui sait !?»

© Marion Zmilacher

Dire que ce sympathique sac fourre-tout était à l’origine un simple débardeur! Les Rolling Stones approuvent!

La pièce de son appartement de Chavannes-Renens dévolue à Double You déborde de tissus, accessoires, boutons, ciseaux, mètres de couture, mannequins sur pied. Endormie sous la table de travail, Guapa, sa chienne adorée. Sur la table, deux machines à coudre, dont une «bête de course», une surjeteuse dernier cri à enfilage automatique et air comprimé. «J’étais la première à l’avoir en Suisse romande!» Au mur, une mood board avec des dessins, des croquis, des photos, des collages formant slogans: «La mode La pollution Une lutte quotidienne», «J’aimerais me dire que je suis belle». Ses sources d’inspiration, multiples, vont de l’Asie des mangas à Jean-Paul Gaultier, «un génie».

En quelques années, Lara Walder s’est acquise une clientèle fidèle, adepte de son art de l’upcycling: «Les vêtements ont une histoire. J’aime perpétuer cette histoire. Et apporter un peu d’originalité dans la manière de nous habiller. Les gens font peu preuve d’audace en Suisse, c’est dommage. Enfin, je souhaite lutter contre la fast-fashion, la mode jetable, la consommation de masse dans l’habillement. On achète trop de vêtements qui ne nous vont pas juste parce qu’ils suivent une tendance. Il faut sortir de ce réflexe et acheter en conscience.»

Ses clientes lui amènent autant des manteaux passés de mode et tristounets, des jupes devenues trop étroites que des robes de mariée qu’elles souhaitent transformer en «quelque chose» de portable au quotidien. Parfois, les histoires personnelles qui accompagnent ces vêtements sont touchantes: «Une femme est venue avec des chemises de son mari décédé. Elle souhaitait pouvoir les porter, pour rester un peu avec lui. Quelle mission passionnante techniquement et émotionnellement délicate!»

© Marion Zmilacher

Une couronne de fleurs hawaïenne reçue en boîte de nuit a fait le bonheur d’une robe d’été en coton.

A chaque fois, Lara va imaginer ce qui correspond le mieux tant à la morphologie et au caractère de la personne qui lui confie le vêtement qu’au vêtement lui-même. «Un jour, une jeune femme m’amène un top qui appartenait à sa grand-mère. Elle était la troisième génération à porter ce petit haut. Mais il était trop usé, difficile à transformer. J’ai alors utilisé la pièce originale comme patron pour créer une nouvelle pièce.» Une autre fois, on lui amène un sweat-shirt complètement usé mais à la texture si confortable que sa propriétaire ne souhaite pas le jeter. Résultat : un incroyable bonnet d’hiver, aussi moelleux que chaud.

Elle-même conserve ses habits le plus longtemps possible, hante les friperies, loue parfois des tenues de marque, achète des lots de tissus recyclés. «Je suis une fourmi! Je ne jette rien. Un soir, j’ai reçu en boîte de nuit une sorte de couronne hawaïenne. Je viens d’utiliser les fleurs sur une robe d’été tout simple qui du coup en jette à fond désormais!»

Les ateliers qu’elle donne lui permettent de transmettre sa passion et ses convictions aux adultes comme aux adolescents. Ce sont surtout des femmes qui s’inscrivent : «Les hommes pensent souvent que je vais transformer leurs vêtements en costumes de carnaval. Mais pas du tout! Changer un bouton, c’est déjà de l’upcycling! Encore faut-il le choisir avec soin, goût, originalité. Lorsqu’on me demande de simplement refaire un ourlet, c’est de l’ordre de la retouche, je le fais volontiers mais je préfère lorsqu’on me demande de transformer le vêtement, de le personnaliser. C’est là que je fais la différence!»

© Marion Zmilacher
Un bonnet rose tout doux et à triple couche réalisé à partir d’un sweat-shirt.

Pas besoin de notions de couture particulières pour suivre ses ateliers. «Je donne des idées de transformation et de customisation que tout le monde peut appliquer chez lui. Je donne aussi des astuces pour viser le zéro déchet en termes de textiles. » Elle propose ainsi régulièrement de transformer un débardeur en sac, ou de vieilles chaussettes en éponge à cuisine tawashi. Dernier service, et pas des moindres, imaginé par Lara Walder: du conseil à distance de tri de dressing. «J’aide les gens à porter un regard lucide sur leur dressing, à trier ce qui leur va ou pas, à choisir certains vêtements qui pourraient être transformés.» 

Encore employée dans une entreprise d’horlogerie, Lara se consacre à la couture les fins de journée et le week-end. Elle envisage de s’y consacrer à plein-temps et cherche un lieu, artisanal et collectif, où installer son atelier et un show-room. «Ce serait un rêve qui devient réalité!»

Isabelle Falconnier

Evènements

Par Lara Walder, créatrice textile

Parce que de petites idées transforment la vie, Lara Walder, créatrice passionnée par le recyclage, vous donne ses combines et astuces pour allier créativité et consommation durable. Transformez vos vieux draps en bee wrap, emballage à la cire, alternative naturelle et durable au papier film et aluminium! Quant à vos chaussettes orphelines, elles feront d’excellents tawashi pour le nettoyage. Rien ne se perd et tout se transforme avec Lara Walder, créatrice textile.

Bibliothèque La Sallaz
Quand vendredi 16 septembre 2022 de 16h à 18h
Public parents avec enfants dès 10 ans, sur inscription

 

Bibliothèque Montriond
Quand mercredi 16 novembre 2022 de 19h à 21h
Public dès 15 ans, sur inscription

 

Par Lara Walder, créatrice textile

Revalorisez votre dressing, révélez votre singularité, réveillez votre créativité! Venez redonner vie à un t-shirt que vous ne portez plus! Vous repartirez avec une création sur mesure et un savoir-faire à renouveler sur tous vos habits. Pour une consommation durable, pour vous détendre et apprendre, toutes les raisons sont bonnes pour prendre le temps de créer!

Bibliothèque Montriond
Quand mercredi 2 novembre 2022 de 17h à 19h
Public parents avec enfants dès 10 ans, sur inscription

 

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