Marlène Charine, la passion de la course à pied

L’écrivaine lausannoise de Bâle cultive une passion dévorante pour la course à pied. Normal : l’écriture ne s’apparente-t-elle pas à un marathon, selon l’auteur japonais Haruki Murakami? Marlène Charine nous raconte son histoire d’amour avec ce sport. Rien n’était gagné d’avance!

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Marlène Charline cultive un amour dévorant du marathon.

«Une page après l’autre, une foulée après l’autre…

L’écriture, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un roman, s’apparente à un marathon. L’auteur japonais Haruki Murakami esquisse avec beaucoup de justesse ces parallèles dans son «Autoportrait de l’auteur en coureur de fond», que je vous recommande au passage. Étonnant pour deux activités qui semblent aussi différentes de prime abord! Et pourtant… Les scènes s’enchaînent dans un manuscrit comme les kilomètres le long d’un parcours, on s’accroche, au mental, on oublie ses doigts sur le clavier ou ses pieds sur le bitume. Ce qui se passe alors dans notre esprit peut se révéler aussi surprenant que fascinant.

La course à pied et moi, ce n’était pas gagné d’avance. Petit clin d’œil au passage à mon prof de sport, au collège de Béthusy, qui avait décrété que je «ne savais pas courir»… Mais en 2012, alors que je viens de me fracturer le pied, je tombe sur un article dans un magazine. Une série de conseils et de plans d’entraînements pour la préparation d’un marathon. Je me lance un pari fou, celui de courir un jour cette distance mythique. Les pages du magazine se retrouvent placardées sur mon frigo. Et quatre mois plus tard, je franchis ma première ligne d’arrivée au semi-marathon du lac de Hallwyl.

Au cours des années suivantes, j’ai le bonheur de prendre part à de nombreuses courses à travers la Suisse. Semi-marathons à Lausanne ou Courtepin, grand prix à Berne et surtout, deux marathons, à Zürich et Lucerne. Une douzaine de courses en tout, des centaines de kilomètres parcourus en entraînement, des paires de baskets usées, quelques belles courbatures et divers bobos, des dimanches matins passés à sillonner en tous sens les chemins de forêt aux abords de mon village… Et que d’émotions! La course peut sembler être une occupation solitaire et, ma foi, plutôt austère. Un peu comme l’écriture, à nouveau… Mais j’ai vécu de magnifiques moments d’échanges lors de certains parcours. Avec mes voisins éphémères sur les grimpées successives entre Morat et Fribourg. Avec cette jeune femme à bout de forces que j’ai soutenue et aidée à franchir la ligne d’arrivée à Courtepin. Avec ce donneur d’allure sur le dernier kilomètre du marathon de Lucerne, qui m’a encouragée à tenir le rythme et m’a permis de grappiller une minute supplémentaire à mon objectif temps. Et que dire de ce duo incroyable, avec le Léman en toile de fond: l’un tractant l’autre en chaise roulante, mais les yeux bandés et sur son tee-shirt le message que «tout est possible». Frissons garantis.

L’écriture et la course à pied ont hélas cet autre point commun: ce sont toutes deux des activités chronophages. Mais j’ai toujours une bonne paire de baskets dans mon placard. Elles et moi, on attend avec impatience de retrouver cette énergie unique au départ d’une course populaire.»

Marlène Charine, avril 2022

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