«La vallée de la jeunesse», du livre au spectacle

Livre fétiche de l’écrivain Eugène, paru en 2007, La vallée de la jeunesse, paru en 2007, s’est transformé en spectacle. Sur scène: Eugène lui-même. A la mise en scène: Christian Denisart, complice de jeux de toujours. L’écrivain raconte comment, de salles de classes au Montreux Jazz Festival, il tourne avec le récit de son enfance. Une enfance à la fois roumaine puis lausannoise dès ses 6 ans, à proximité d’un certaine quartier baptisé… la Vallée de la jeunesse.

«Le public est dangereux. Parfois, il manque de respect en chuchotant très fort, ou la moitié de la salle consulte son smartphone. Pour échapper au danger que représente le public nous, les écrivains, avons notre livre. Durant une lecture publique, j’ai remarqué que je tenais mon bouquin à bout de bras, comme s’il s’agissait d’un bouclier. Que se passe-t-il si je baisse le bouclier et que je fixe les spectateurs dans les yeux? Et si je laisse carrément le livre en coulisse pour réciter mon texte?

«C’est cette expérience que j’ai voulu vivre. A la sortie de La vallée de la jeunesse, publié par Francine Bouchet aux éditions La Joie de Lire en 2007, j’ai fait une ou deux lectures. C’était déjà plus qu’une simple lecture « fauteuil verre d’eau»: je pouvais imiter l’accent roumain de ma mère, diffuser un morceau de musique. Et si c’était avec ce texte que je franchissais enfin le pas?»

Vidéo du spectacle La vallée de la jeunesse, enregistré au Centre pluriculturel d'Ouchy à Lausanne le 30 novembre 2008.

«Il me fallait un metteur en scène. Qui d’autre à part Christian Denisart? C’est un de mes amis d’enfance, il me connaît par cœur et il est devenu metteur en scène. Et surtout, il apparaît dans mon roman autobiographique. L’idée qu’un personnage du livre me mette en scène me plaisait bien! Il m’a tout appris: regarder les gens dans les yeux, ne pas déambuler sur la scène pour rien, ne pas me frotter les mains, changer de position pour matérialiser une conversation entre 2 personnages. On a décidé que j’expliquerai le contexte historique ou familial en venant devant la scène, puis que je jouerai les scènes en reculant un peu. Il y a un côté thérapeutique à jouer soi-même enfant, puis adolescent et à revivre les moments tragiques ou drôles de son existence.

Dans le livre, je raconte comment je dansais à 20 ans, mais sur scène on a décidé que je danserai pour de vrai. J’avais encore la chorégraphie dans le corps. Certains spectateurs ont été choqués par la métamorphose :je quitte mes habits d’écrivain pour danser avec exubérance  et précision (si, si) pendant deux minutes.

Comme le spectacle n’a pas de décors et que les accessoires tiennent dans une malle, j’ai pu le jouer un peu partout: des théâtres bien sûr, mais aussi des caveaux, des salles de classe, des aulas d’école, des salles communales, des salons du livre, des librairies, le Mudac, un amphithéâtre du CHUV et même… le Montreux Jazz Festival. Bientôt quinze ans que je tourne avec ce spectacle!»

Propos recueillis par Isabelle Falconnier

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