Portrait no 4/10: Sarah

Lisez ci-dessous le récit complet de Sarah, athlète professionnelle à Lausanne Sports Athlétisme.

© BLI – Ville de Lausanne

Sprinter contre les clichés

«Le racisme, je connais cela depuis mon enfance, confie la sprinteuse Sarah Atcho. Comme j’étais la seule enfant de couleur dans mon école située au Mont-sur-Lausanne, je subissais régulièrement des remarques, pas toujours méchantes d’ailleurs, mais limitantes: beaucoup de gens ramènent constamment l’africanité à certains clichés.»

La jeune femme de 25 ans, qui se prépare aux JO de Tokyo, est née dans une famille multiculturelle: sa mère est d’origine marocaine, alors que son père vient de Côte d’Ivoire. Restaurateurs, ils se sont rencontrés à Lausanne. «Leur union est atypique. Ils sont de plus musulmane et chrétien. Mais ils nous ont appris à tolérer ces différences, en nous laissant le choix de la religion par exemple.»

Sarah Atcho raconte avoir appris très tôt à s’adapter: «En Suisse, je lissais mes cheveux et j’étais gentille et drôle pour m’intégrer avec mes copines. Au Maroc, j’essayais d’être Marocaine, et Ivoirienne en Côte d’Ivoire. Je suis devenue un caméléon. C’est probablement ma force.» Toujours rebondir, toujours voir le côté positif des choses: c’est cela, l’arme de la jeune femme qui poursuit des études en management et communication parallèlement à sa carrière sportive. Alors que son statut d’athlète la protège quelque peu des remarques désobligeantes, elle pense à celles et ceux qui n’ont pas sa chance et que le racisme au quotidien peut anéantir. Pour elle, le milieu de l’athlétisme a joué un rôle émancipateur, car l’africanité y est plutôt valorisée. «Je suis noire, arabe et femme, ce sont généralement des facteurs discriminants. Mais dans ce milieu où la performance compte avant le reste, je me suis sentie à l’aise.»

Alors que les compétitions et les entraînements la font beaucoup voyager, la sprinteuse spécialiste du 200 m et du relais revient dans son fief lausannois dès qu’elle le peut. Pour retrouver sa famille. «Mais aussi parce que c’est ma ville et que je m’y sens bien. Je suis fière de la représenter dans le reste du monde. A l’étranger, je dis souvent que c’est la plus belle cité d’Europe.»

Le racisme dans le sport

Depuis 2008, le BLI organise chaque année au mois de mars une Semaine d’actions contre le racisme. Cette manifestation a été lancée il y a une vingtaine d’années par l’ONU. Son but est d’organiser des événements en lien avec la prévention du racisme et de susciter des réflexions sur le sujet. À Lausanne, chaque édition s’articule autour d’une thématique comme l’espace public, les médias ou le travail. En 2019, elle était focalisée sur le sport et Sarah Atcho y avait témoigné des attaques racistes dont elle est parfois la cible lors de compétitions.

Le livre
«Lausanne, une ville, un monde - 50 incursions au fil de la diversité»

Ce texte est tiré du livre «Lausanne, une ville, un monde – 50 incursions au fil de la diversité», en vente dans les librairies lausannoises. 

Découvrez l'article extrait du livre en pdf

Plus d’infos sur le livre

L'exposition
Lausanne, une ville, un monde - Visages de la diversité lausannoise

Du 22 avril au 17 mai, découvrez les dix portraits illustrés de Lausannoises et Lausannois qui participent, au quotidien, à faire de Lausanne la ville ouverte et multiculturelle que nous aimons tant.

Une exposition urbaine dans les rues de Lausanne, au départ du Forum de l’Hôtel de Ville.

Infos et plan de parcours

Programme complet des 50 ans du BLI

Découvrez les autres surprises que le BLI vous a concoctées à l'occasion de ses 50 ans

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