Portrait no 6/10: Gianfranco

Lisez ci-dessous le récit complet de Gianfranco, travailleur social retraité, conseiller communal et membre de la colonia Libera Italiana di Losanna.

© BLI – Ville de Lausanne

Colonia Libera Italiana: un devoir de transmission aux jeunes

«La lutte contre les discriminations n’est jamais terminée», clame Gianfranco Gazzola, travailleur social retraité, conseiller communal socialiste et membre de longue date de la Colonia Libera Italiana di Losanna. Cette entité de la Fédération suisse des Colonies libres italiennes, créée en 1943 par les Italiens luttant contre le fascisme, s’est par la suite davantage focalisée sur le soutien à la communauté italienne.

Gianfranco Gazzola, arrivé à Lausanne de Milan au début des années 1970, se souvient des plus âpres combats: contre le statut du saisonnier et les conditions des ouvriers qui vivaient dans des baraquements mal chauffés, pour le regroupement des familles… En 2019, à l’occasion des 75 ans de la Fédération suisse des Colonies libres, l’ancien syndicaliste s’est impliqué dans l’organisation d’une exposition retraçant l’histoire de la migration italienne au Forum de l’Hôtel de Ville de Lausanne. «Nous avons le devoir de transmettre la mémoire de nos combats aux jeunes générations. Les choses se sont améliorées, mais il existe toujours des problèmes. Nous, les Italiens, n’avons eu de cesse de réclamer de meilleures conditions. Je peux l’affirmer, et j’en suis fier: les luttes de nos associations ont jeté les bases qui ont inspiré la politique d’intégration de la Ville de Lausanne.»

Qu’en est-il des jeunes Italiens, se souviennent-ils de ces combats? Leur situation est différente de celle de leurs prédécesseurs. Il s’agit d’une population diversifiée, constituée de personnes de la troisième génération, ou de personnes récemment arrivées, souvent bien formées. Alors qu’elle termine un Master en géographie, dont le mémoire porte sur les femmes syriennes migrantes, Sarah de Dea a été marquée par la précarité de son grand-père italien alors qu’il enchaînait des emplois d’ouvrier à la Grande Dixence ou dans des garages.

Cela a-t-il fondé son intérêt pour les migrants? «Peut-être. Lorsque je constate comment certaines populations sont traitées, je suis en colère. Mais dans mon quotidien, le lien avec l’Italie n’est plus prégnant: ma mère ne nous a pas transmis cette langue et depuis la mort de mon grand-père, je n’y ai plus beaucoup de liens familiaux.» Pourtant, la jeune femme s’intéresse aux activités de l’association Colonia Libera Italiana. La preuve que le combat continue?

La troisième communauté étrangère du canton

Alors qu’elle représentait la plus importante communauté étrangère du canton dans les années 1970, l’Italie se situe désormais derrière le Portugal et la France. En 2020, quelque 30'000 Italiens résidaient dans le canton, auxquels on peut ajouter plus de 20'000 personnes possédant une double nationalité suisse et italienne.

Le livre
«Lausanne, une ville, un monde - 50 incursions au fil de la diversité»

Ce texte est tiré du livre «Lausanne, une ville, un monde – 50 incursions au fil de la diversité», en vente dans les librairies lausannoises. 

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Plus d’infos sur le livre

L'exposition
Lausanne, une ville, un monde - Visages de la diversité lausannoise

Du 22 avril au 17 mai, découvrez les dix portraits illustrés de Lausannoises et Lausannois qui participent, au quotidien, à faire de Lausanne la ville ouverte et multiculturelle que nous aimons tant.

Une exposition urbaine dans les rues de Lausanne, au départ du Forum de l’Hôtel de Ville.

Infos et plan de parcours

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