Portrait no 1/10: Luamba Alpha

Lisez ci-dessous le récit complet de Luamba Alpha, auxiliaire de santé et fondatrice des associations «Pour les femmes de la Borde» et «Tabita».

© BLI – Ville de Lausanne

«Je m’implique à fond dans les changements que je veux voir pour mon quartier de la Borde, qui est un lieu de communauté et d’entraide. Même si quitter son pays d’origine est très dur, le vivre-ensemble ne pourrait pas être mieux représenté qu’ici. Lausanne signifie beaucoup pour moi. Elle symbolise l’accueil et l’intégration.»
 

L’association « Pour les femmes de la Borde » réunit des mères d’origine africaine afin qu’elles partagent et échangent sur leur quotidien. L’association « Tabita » aide les jeunes d’origine étrangère dans leur intégration en Suisse. Elle soutient également les enfants des rues et les orphelins en Afrique.

«Les défis du quartier de la Borde»

Mes collègues me disent souvent: «Pourquoi tu habites à la Borde? C’est dangereux là-bas», raconte Kitoko Kuti-Luamba, auxiliaire de santé qui habite dans ce quartier depuis trente ans. Moi, j’aime cet endroit. Il y existe une belle solidarité.» La Borde a plutôt mauvaise réputation. C’est aussi ce qu’a montré, en 2019, une étude destinée au BLI et réalisée par le Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population de l’Université de Neuchâtel. Est-elle justifiée? L’une des caractéristiques de ce quartier divisé par une grande artère est de compter une population de nationalité étrangère plus importante que le reste de la ville. Les pays africains y sont notamment très représentés, contrairement aux ressortissants de nationalité suisse, quasiment absents.

«Cette diversité des origines ne pose pas problème en soi, elle est même appréciée des habitants, explique Denise Efionayi-Maeder, qui a mené l’étude avec Angèle Mendy de l’Université de Lausanne. Mais le quartier ne comprend pratiquement pas de mixité socioéconomique. Comme de nombreuses personnes sont arrivées récemment en Suisse, elles ne parlent pas toujours français. Par conséquent, les intérêts du quartier ne sont pas bien représentés dans les instances politiques et il manque des lieux de rencontre ou des places de jeux.» L’un des problèmes relevés par les habitants est la présence de dealers extérieurs au quartier. Des bavures policières ayant pour origine des délits de faciès ont marqué les jeunes. «Ils ne font pas confiance à la police, ils se font souvent contrôler alors qu’ils n’ont rien fait, souligne Kitoko Kuti-Luamba.

Heureusement, il y a désormais des agents de proximité qui discutent avec la population.» Kitoko Kuti-Luamba s’investit pour les jeunes de la Borde. «Certains se retrouvent désoeuvrés après la scolarité obligatoire, sans place d’apprentissage. Notre centre socioculturel, la Permanence Jeunes Borde, leur permet de faire des activités.» Mais il n’y a rien de spécifique pour les femmes. C’est pourquoi elle a créé l’association Tabita, qui réunit des mères africaines. Elles se voient pour discuter de leurs problèmes. Certaines ne comprennent pas les remarques des enseignants dans le carnet de leur enfant, d’autres ont des conflits avec leurs adolescents. «Nous sommes la vie cachée derrière les façades décrépies des immeubles, confie Kitoko Kuti-Luamba. Je crois dans notre travail et nos efforts.»

Une population plus jeune et plus diverse

La population de la Borde est plus jeune que celle des autres quartiers lausannois. La proportion de personnes âgées de 0 à 20 ans s’y élève à 23%, contre 18% dans le reste de la ville. Les nationalités en provenance d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe du Sud, d’Inde ou du Moyen-Orient y sont aussi davantage représentées.

© Ville de Lausanne

Retour sur l'exposition «Lausanne, une ville, un monde - Visages de la diversité lausannoise»

Du 22 avril au 17 mai les portraits de Luamba Alpha, Myriam, Patrick, Sarah, Emine, Gianfranco, Ernesto, Luis, Eliezer Shai et Fehim ont été affichés dans les rues de Lausanne. Ces Lausannoises et Lausannois sont athlète, imam, auxiliaire de santé, fondatrice d’association, médecin, professeure, bibliothécaire, conseiller communal, artiste, président d’un club sportif, travailleuse sociale, conservateur d’un musée, rabbin.

(Re)découvrez leurs portraits!

 

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