Portrait no 2/10: Myriam

Lisez ci-dessous le récit complet de Myriam, travailleuse sociale à la Fraternité - CSP Vaud

© BLI – Ville de Lausanne

«La Fraternité du CSP Vaud*, où je travaille, est un lieu d’accueil et d’information spécialisé vers lequel les gens se tournent pour bénéficier de conseils et d’accompagnement sur les questions liées à la migration. Tout le monde ne se rend pas compte des difficultés et de l’incertitude vécues par certaines personnes d’origine étrangère lorsqu’elles subissent de plein fouet certains aléas de la vie – comme la maladie ou la perte d’un emploi.»

La Fraternité est un service social créé en 1964 par le CSP Vaud, qui offre écoute et conseils aux personnes immigrées, dans le cadre de permanences collectives et de consultations individuelles.

Les épineux problèmes liés aux permis de séjour

Une cinquantaine de personnes se pressent chaque semaine aux permanences de la Fraternité du CSP Vaud. On y retrouve souvent les cinq continents réunis autour d’une table. Motif principal des consultations: les difficultés liées aux permis de séjour. «Lorsqu’on est Suisse, on ne se rend pas compte de l’incertitude vécue par les étrangers, raconte Myriam Schwab Ngamije, travailleuse sociale. Les aléas de la vie comme la maladie ou le chômage touchent tout le monde sans distinction. Mais les conséquences pour les étrangers sont différentes, cela peut remettre leur autorisation de séjour en question.»

Les exigences croissantes de la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration, qui comprennent la maîtrise d’une langue nationale ou l’autonomie financière, sont intégrées par les migrantes et les migrants qui savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur. «Ils redoutent de devoir faire appel à l’aide sociale, constate Myriam Schwab Ngamije. Les critères d’autorisation des titres de séjour sont intrusifs puisqu’ils concernent la santé, le type de métier, les loisirs, la nationalité des amis…»

La travailleuse sociale se souvient notamment d’un Kosovar établi en Suisse depuis trente ans, qui s’est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour au motif que son cercle d’amis était constitué de trop d’albanophones. Ou de cette mère macédonienne d’un enfant handicapé qui avait dû prouver pourquoi elle n’avait pas pu placer son enfant en crèche pour travailler. Mais les difficultés les plus prégnantes concernent les personnes sans autorisation de séjour. «Ce sont souvent des travailleurs acharnés qui cumulent plusieurs emplois. Ils vivent dans une peur permanente.» Il s’agit néanmoins d’une population diversifiée, dont une partie occupe des emplois stables depuis dix ou vingt ans. Avec des autorisations de séjour ne tenant parfois qu’à un fil, quel lien développent ces personnes avec leur ville d’adoption? «Je dirais que lorsqu’elles occupent un travail stable qui leur permet de vivre, elles ont le même attachement à leur lieu de vie que n’importe qui d’autre, observe Myriam Schwab Ngamije. Certaines ont même l’accent vaudois et vont faire des excursions à la montagne le week-end.»

Un public majoritairement extra-européen

La Fraternité est un service social pour les immigrés, qui existe depuis 1964. Les personnes participant à ces permanences représentent 64 nationalités différentes. En 2019, parmi celles-ci, 78% étaient extraeuropéennes: 28% d’Afrique, 20% de pays européens non membres de l’UE et 17% d’Amérique latine.

© Ville de Lausanne

Retour sur l'exposition «Lausanne, une ville, un monde - Visages de la diversité lausannoise»

Du 22 avril au 17 mai les portraits de Luamba Alpha, Myriam, Patrick, Sarah, Emine, Gianfranco, Ernesto, Luis, Eliezer Shai et Fehim ont été affichés dans les rues de Lausanne. Ces Lausannoises et Lausannois sont athlète, imam, auxiliaire de santé, fondatrice d’association, médecin, professeure, bibliothécaire, conseiller communal, artiste, président d’un club sportif, travailleuse sociale, conservateur d’un musée, rabbin.

(Re)découvrez leurs portraits!

 

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