Portrait no 9/10: Eliezer Shai

Lisez ci-dessous le récit complet d'Eliezer Shai, rabbin de la communauté israélite de Lausanne.

© BLI – Ville de Lausanne

«Arrivé à Lausanne un 4 décembre en provenance du Mexique, je vous laisse imaginer le choc climatique! Mon parcours en tant que rabbin m’a emmené d’Italie à Jérusalem, ou encore au Portugal: c’est à chaque fois un défi linguistique, mais l’apprentissage de la langue du pays d’accueil est aussi ce qui rend l’intégration possible. L’entente interculturelle qui règne à Lausanne en fait un excellent lieu de vie. J’aime beaucoup me recueillir au bord du lac près de la Tour Haldimand.»

Un rabbin globalisé pour une communauté enracinée

Après un parcours qui l’a mené de Trieste, où il a grandi, à Guadalajara au Mexique, son dernier poste, le rabbin Eliezer Shai Di Martino a rejoint la communauté juive de Lausanne en 2017. Il s’est aussi formé à Jérusalem et a occupé des postes en Colombie et au Portugal.

Comment s’est-il adapté à la réalité lausannoise? «Au niveau de la communauté je dirais que je suis arrivé dans une institution dont la mécanique est bien huilée. Le principal défi est de rassembler les différentes origines et sensibilités. À Lausanne, nous n’avons qu’une seule communauté qui réunit tout le monde. Contrairement à Genève, qui en a cinq, ou à Zurich, où il y en a une dizaine.»

L’une des spécificités de la communauté lausannoise, dont la création par des familles de commerçants alsaciens et argoviens remonte au XIXe siècle, est de compter une majorité de francophones dans ses rangs. «Les différentes vagues d’arrivées du siècle dernier provenaient de l’Empire ottoman, d’Égypte ou encore de France, raconte Eliezer Shai Di Martino. Le français était leur langue commune.» Actuellement, quelque 600 familles et 2000 membres forment la communauté israélite de Lausanne, dont les activités principales concernent la religion, mais aussi des réunions sociales et des programmes d’éducation. «Deux ou trois familles nous rejoignent chaque année, ajoute le rabbin. Nous sommes une communauté enracinée dans le canton. Certains de nos membres ont été parlementaires et ont un accent vaudois.»

Le rabbin insiste sur son ouverture à la société civile, au travers notamment de manifestations comme la Journée européenne de la Culture Juive. Il participe aussi à plusieurs instances de dialogue interreligieux et souligne à quel point la bonne entente «a de quoi rendre fiers les Lausannois». Marié et père de cinq enfants, Eliezer Shai Di Martino estime cependant que l’intégration dans un pays comme la Suisse n’est pas aisée. «Personnellement, je me considère comme un expatrié, je suis ici de passage. Mais j’observe une certaine rigidité: on attend de l’étranger qu’il se plie aux règles et aux moeurs, ce qui est bien sûr compréhensible dans un pays aussi bien organisé. Mais je trouve que cela se fait au détriment d’une tolérance à la diversité des cultures.»

Une synagogue plus que centenaire

Au centre de Lausanne, l’imposante synagogue fait partie du paysage urbain depuis 1910. Elle avait alors été construite grâce au don d’un mécène bordelais, un emprunt bancaire et la participation de la Ville de Lausanne. Cet édifice romanobyzantin, dont l’intérieur est orné de vitraux avec des étoiles de David, est classé monument d’importance régionale au patrimoine vaudois. On peut le visiter en prenant rendez-vous avec le rabbin.

Le livre qui a inspiré l'exposition

Le texte que vous venez de lire est tiré du livre «Lausanne, une ville, un monde – 50 incursions au fil de la diversité», en vente dans les librairies lausannoises. 

Découvrez l'article extrait du livre en pdf

Plus d’infos sur le livre

© Ville de Lausanne

Retour sur l'exposition «Lausanne, une ville, un monde - Visages de la diversité lausannoise»

Du 22 avril au 17 mai les portraits de Luamba Alpha, Myriam, Patrick, Sarah, Emine, Gianfranco, Ernesto, Luis, Eliezer Shai et Fehim ont été affichés dans les rues de Lausanne. Ces Lausannoises et Lausannois sont athlète, imam, auxiliaire de santé, fondatrice d’association, médecin, professeure, bibliothécaire, conseiller communal, artiste, président d’un club sportif, travailleuse sociale, conservateur d’un musée, rabbin.

(Re)découvrez leurs portraits!

 

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