Pollution des sols aux dioxines

Depuis la découverte de la présence d’une pollution aux dioxines et furanes dans la région lausannoise, le Canton a lancé, en collaboration avec la Ville, plusieurs campagnes d’analyses de sols pour évaluer le niveau et l’étendue de cette pollution dans le territoire.

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En parallèle des campagnes d'analyse de sol, Unisanté (Centre universitaire de médecine générale et santé publique) a été mandaté par le Département cantonal de la santé et de l'action sociale (DSAS) pour définir les risques liés à l’exposition à ces sols, du point de vue de l’ingestion directe, de la consommation des légumes et des produits animaux. Les recommandations sanitaires nécessaires en fonction du degré de pollution des sols et de l'usage ont ainsi pu être définies.

En respectant ces recommandations, la pollution ne présente pas de menace imminente pour la santé. Aucune source de pollution n’est encore en activité. Cette ancienne pollution des sols aux dioxines est vraisemblablement liée à l’exploitation de l’ancienne usine d’incinération des déchets ménagers du Vallon. Par ailleurs, l’alimentation en eau potable de la Ville n’est pas menacée par cette pollution.

Actions menées par la Ville de Lausanne (non exhaustif)

Dans ce contexte complexe, la Ville de Lausanne mène plusieurs actions en parallèle mettant la santé de la population et la protection de l’environnement au cœur de ses investigations. De nombreuses questions restent encore en suspens, notamment les interrogations portant sur les rôles et responsabilités ou sur les clarifications liées aux procédures d’assainissement avec les instances compétentes (activation de l'ordonnance sur l'assainissement des sites pollués).

Fait:

En cours:

  • Analyses du sol des jardins familiaux
  • Etude sur les moutons de la Ville avec l’Agroscope
  • Collaboration avec des acteurs privés et publics concernant les méthodes innovantes de dépollution (p.ex. bio-remédiation)
  • Remplacement successif de la terre des bacs des jardins de poche
  • Expertise chimique, mandatée par le Canton, qui permet de confirmer le lien univoque entre les dioxines retrouvées dans le sol et celles produites par l'ancienne usine du Vallon (en cours de finalisation)
  • Etude juridique conjointe Canton – Ville
  • Rencontres informatives dans les quartiers

Informations aux jardinières et jardiniers: questions-réponses

Recommandations générales, valables partout:

  • ne pas manger de la terre (porter une attention particulière aux enfants en bas âge, en raison du réflex main-bouche) et  éviter de laisser des zones de sol nu accessibles aux enfants;
  • se laver les mains après avoir manipulé de la terre et en rentrant d’une activité à l’extérieur;
  • laver les fruits et les légumes provenant des jardins.

Recommandations spécifiques à l’emplacement de votre jardin:

  1. localisez votre jardin sur la carte
  2. cliquez sur l’emplacement de votre jardin: les recommandations sanitaires apparaissent

Présentation du projet Jardins de poche

Jusqu’au printemps dernier, les terres que nous utilisions étaient uniquement testées pour en connaître la teneur en métaux lourds. Une fois la présence de ces derniers écartée, la terre issue de différentes provenances pouvait être stockée, voire mélangée, avant utilisation.

Depuis la découverte de cette pollution, une nouvelle procédure de traçabilité a été mise en place et la terre que nous utilisons aujourd’hui est analysée pour connaître la présence de métaux lourds ET de dioxines et furanes.

De plus, il a été décidé de mettre en place un changement progressif de la terre des bacs existants depuis cette année. Les jardinières et jardiniers de poche concernés seront informé·e·s au fur et à mesure des remplacements.

Par principe de précaution, en attendant le changement de terre, nous vous recommandons de vous conformer aux recommandations sanitaires du Canton, en appliquant les normes les plus sévères:

  • ne pas manger de la terre (porter une attention particulière aux enfants en bas âge, en raison du réflex main-bouche);
  • se laver les mains après avoir manipulé de la terre (nous rappelons cependant que le contact par la peau, par d’éventuelles coupures ou blessures, ne comporte aucun risque);
  • laver tous les fruits et légumes provenant de votre jardin de poche ; laver et peler les légumes racines;
  • ne pas consommer les cucurbitacées: courgettes, cornichons, courges, concombres, pâtissons, melons, etc.

Une très grande palette de cultures subsiste en appliquant ces recommandations:

  • plantes potagères: tomates, salades, aubergines, fenouils, herbes aromatiques, fraises, framboises, choux, côtes de bette, poivrons, haricots, etc. (Une liste des familles avec des exemples figure par exemple sur le site de la RTS;
  • et bien sûr les plantes indigènes dont vous trouverez la liste ici, qui feront le bonheur des insectes en ville!

Il est recommandé aux usagers de jardins potagers de limiter la consommation de cucurbitacées à 100g par personne et par semaine dans les périmètres présentant une pollution potentielle de 20 à 50 ng TEQ/kg de sol et de 50 à 100 ng TEQ/kg de sol (se référer à la carte diffusée sur le géoportail cantonal). Dans les périmètres présentant des pollutions potentielles plus élevée, il est recommandé aux usagers de jardins potagers de renoncer à la consommation des cucurbitacées. Cette famille de légume présente en effet la caractéristique d’accumuler les dioxines dans leur chair.

Si elles ne peuvent pas être consommées, les cucurbitacées, doivent être éliminées dans les sacs-poubelle officiels destinés à la valorisation thermique (sacs blancs taxés). Ils ne doivent pas être valorisés dans les installations de compostage ou de méthanisation, ni dans les composts privés. La FAQ sera mise à jour périodiquement sur ce point en particulier, en fonction de l’évolution de la situation.

Il est possible de faire réaliser une analyse de sa parcelle. En raison de la complexité de ces analyses, il est nécessaire de s’adresser à un spécialiste. La société suisse de pédologie fournit sur son site internet une liste de spécialistes: https://soil.ch/experts/fr/ (trier dans le champ «Region» pour choisir ceux qui sont actifs dans le Canton de Vaud).

La répartition des coûts liés à cette pollution n’est pas encore tranchée et fait l’objet de discussions avec le Canton et l’Office fédéral de l’environnement. Dès lors, en attendant que ces aspects soient éclaircis, le coût des analyses est à la charge des propriétaires. Il est donc nécessaire de conserver tous les justificatifs et les rapports (méthodes d’échantillonnage et analyses) pour pouvoir les présenter lorsque les questions de répartition des coûts auront pu être réglées.

Par ailleurs, selon les art 6 LASP et 46 LPE, la copie des résultats d'analyse doit être transmise au Canton (courriel: info.dioxine@vd.ch).