D'écrire ma ville Lausanne

Katia Delay, directrice de la Maison du Récit et Abigail Seran, écrivaine, vernissent le mercredi 22 septembre 2021 au Forum de l'Hôtel de Ville le livre D’Écrire ma ville Lausanne.

© Marino Trotta – Ville de Lausanne
Katia Delay et Abigail Seran

En septembre 2021 est verni le livre D’Écrire ma ville Lausanne. Heureuse de la réponse du public à votre appel, lancé en septembre 2020?

Très heureuse. Nous avons reçu près de deux cent cinquante textes, d’une qualité et d’une variété formidables. En majorité envoyés par des femmes dans la quarantaine et plus, mais aussi par des hommes, des adolescent·e·s et des jeunes migrant·e·s. Le livre propose quinze chapitres, reflétant tous une facette de Lausanne. L’immense majorité de ces regards est emplie d’une forme de tendresse. La ville devient comme un corps vivant, abritant des amours, des amitiés, des souvenirs drôles, touchants, tristes parfois aussi. Les rues, les pentes, les paysages, les quartiers, tout cela se transforme en décor de nos vies.

La nostalgie est-elle un élément fort de ces textes?

Ce genre de projet fait spontanément appel à la mémoire intime. Lorsque l’on convoque cette mémoire, ce sont les moments forts de la vie qui émergent. De là vient assez naturellement une nostalgie de ce qui n’est plus, de ces expériences qui nous ont marquées et que l’on prend plaisir à raconter pour leur redonner vie, pour dire qu’elles ont existé et nous ont façonné. Parfois c’est aussi un lien avec l’avenir qui se dessine. Et là, c’est plutôt l’espérance, les envies, les projets qui prennent corps.

Pourquoi encourager le public à prendre la plume?

Le fait de s’asseoir, devant un cahier ou un ordinateur, et de prendre le temps de fixer un souvenir ou un désir, ou la reconnaissance pour ce qui est, est une manière de rendre hommage aux choses auxquelles on ne fait pas attention. C’est un temps d’attention à soi. La contrainte de la longueur du texte augmente encore ce processus de condensé de pensée, qui nous fait réaliser l’importance de ces choses parfois si intimes, ou si lointaines.

Quels liens manifestent les gens avec leur ville?

Un lien d’attachement lié à des émotions esthétiques données par la ville, d’une part, et d’autre part un lien de reconnaissance pour ce que cette ville leur offre comme opportunités, comme ressources, comme ouverture. Un des chapitres du livre s’intitule «Port d’attache». Il dit Lausanne comme lieu d’accueil. C’est un chapitre que j’aime beaucoup. Certains textes sont plus critiques, disent un lien contrasté, et tant mieux.

Quel est votre propre lien à Lausanne?

Je vis à Lausanne depuis vingt-cinq ans. Bien que mes racines se soient plantées ailleurs dans mon enfance et mon adolescence, je ressens pour cette ville un attachement particulier. J’y apprécie le charme de certains quartiers et la diversité culturelle. J’en apprécie la dimension sociale. Je rêve qu’elle devienne encore plus inclusive, visionnaire et audacieuse.

Quels sont les trois mots qui vous viennent à l’esprit pour qualifier Lausanne?

Contrastée – humaine – verte

Qu’est-ce que la Maison du Récit, anciennement Fadak, que vous dirigez?

La Maison du Récit est un lieu créé pour honorer les histoires. Encourager tout un chacun à prendre conscience du fait que notre réalité humaine est faite de ces récits, et qu’il est en notre pouvoir de les visiter, les élaborer ou les transformer. Elle est un lieu d’élaboration collective des imaginaires. Sans jugement, dans une forme de joie et avec les outils de la créativité.

Propos recueillis par Isabelle Falconnier

Evènement

Vernissage

Vous avez été plusieurs centaines à répondre à l’appel de Katia Delay et Abigail Seran et à leur confier un texte, souvenir ou rêverie, en lien avec le chef-lieu vaudois ! Un an après le lancement de l’opération, nous vous invitons au vernissage du livre d’écriture participative D’écrire ma Ville Lausanne, édité chez Soleil Blanc. Lectures de textes, apéritif.

Forum de l'Hôtel de Ville, place de la Palud
Quand Mercredi 22 septembre 2021 de 19h à 21h
Public Tout public, entrée libre