Julie Gaudin

Après 15 ans de gymnastique artistique, Julie Gaudin s’est tournée vers le rugby. La sociétaire de l’Albaladejo Rugby Club Lausanne et membre de l’équipe nationale dénonce les inégalités de traitement dans son sport et les stéréotypes de genre dont il est difficile de se défaire. Des barrières qui entachent le monde du sport.

© Ville de Lausanne / Loris Raselli

Qu'est-ce que le sport vous apporte?

Le sport a été la meilleure des écoles de vie. Il a contribué à mon développement personnel, il a façonné ma personnalité et développé ma confiance en moi et mes capacités physiques et psychiques.

La gymnastique, que j’ai pratiquée durant 15 ans, est une discipline exigeante, qui demande persévérance, goût de l’effort et bonne gestion du stress.

Le rugby, que je pratique désormais, m’a fait sortir de mon confort, j’apprends à jouer en équipe et développe ma combativité sur le terrain.

Les valeurs que m’a apportées le sport dans la vie se retrouvent dans ma vie personnelle et professionnelle.

Pourquoi avoir choisi le rugby?

J’ai été impliquée dans le comité rugby pendant mes études à l’Ecole Hôtelière de Lausanne et je participais à quelques entraînements ponctuels de touch-rugby. Après deux ans, une amie m’a proposé d’essayer un entraînement de rugby avec l’équipe de Lausanne. Par curiosité et envie d’avoir un nouveau challenge après la gymnastique, j’ai accepté. Deux jours plus tard, je participais à mon premier tournoi de rugby à 7s. L’esprit de camaraderie et l’ambiance dans le monde du rugby m’ont directement plu et me suis rapidement impliquée à 200% dans ce sport. 

Serait-il plus facile de pratiquer un sport qui n'est pas injustement catalogué «sport masculin»?

Il y a toujours des préjugés sur ces sports catalogués «masculins». On reçoit certains commentaires déplacés de personnes malveillantes ou certaines interrogations sur la capacité physique d’une femme à pratiquer un sport avec contact, tel que le rugby.

Néanmoins, je ressens aussi une certaine admiration de mon entourage d’avoir changé complètement de discipline et de m’investir dans un sport de contact. Le rugby féminin est une discipline d’avenir à fort potentiel en Suisse et dans le monde. La pratique va fortement se généraliser, ce qui va aider à démocratiser ce sport.

Que diriez-vous à une fille qui hésite à débuter un sport «dit» masculin, notamment le rugby?

Je lui dirais: «Si tu veux sortir des clichés qui collent aux filles, ce sport est pour toi! Le rugby est un sport qui véhicule de belles valeurs telles que l’entraide, le respect ou encore l’esprit d’équipe. Le rugby est un sport pour toutes et tous peu importe ta taille, ton physique, ton poids, ton âge, etc. C’est un sport très complet qui va t’apporter beaucoup, autant sur le plan physique que personnel.»

Quelles sont les principales discriminations de genre que vous avez vécues dans votre pratique sportive?

J’ai vécu deux situations opposées entre la gymnastique et le rugby. La gymnastique artistique est considérée comme un sport «artistique», élégant, gracieux et plus féminin. J’étais sans me rendre compte dans le cliché de la pratique sportive pour les femmes. Le rugby, au contraire, est perçu comme un sport masculin, où les femmes ont moins leur place et la pratique interroge. Il y a un certain combat à mener pour avoir une crédibilité auprès du public.

Certains stéréotypes et préjugés vont bon train dans le rugby, et l’on entend régulièrement des remarques en lien avec l’orientation sexuelle des joueuses, leurs capacités physiques ou leur physique.

Quel est votre souhait pour l'avenir, en matière d’égalité dans le sport?

J’espère que les différentes institutions vont prendre des mesures pour palier à la différence de traitement entre les sportives et les sportifs, et continuer à s’engager pour une meilleure sensibilisation et un accès facilité à la pratique sportive.

Concernant le rugby en particulier, j’espère que les clubs vont prendre position pour défendre les joueuses auprès de la fédération suisse de rugby. Il y a une trop grande différence de traitement entre les équipes nationales féminines et masculines, ce qui n’est aujourd’hui ni acceptable ni défendable.

Pourquoi vous êtes-vous impliquée dans la campagne «Laissons les stéréotypes au vestiaire» de la Ville de Lausanne?

Je pense qu’il est important de parler des stéréotypes de genre et de l’inégalité dans le sport. Ces barrières entachent le sport féminin et la pratique sportive en général. Aujourd’hui, j’ai envie de partager ma passion pour le sport auprès des femmes, de parler de l’importance d’une activité sportive et de me battre contre les préjugés et les injustices dans le sport.

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