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Les lauréats 2026

Michaël Perruchoud et Stefan Györke sont les lauréats des Prix du polar suisse! L'annonce a été faite à Lausanne lors d'une cérémonie qui a remporté un vif succès public! Dotés chacun de 5'000 CHF, ces 2 prix mettent en lumière la diversité et la qualité de la création de ce genre littéraire en Suisse.

Michaël Perruchoud, «La fin du week-end. Une enquête de Jocelyn Mervelet». Éditions Okama, 2025

© Droits réservés / Editions Okama

Avec brio, l’auteur nous propose une intrigue originale et bien ficelée, les personnages sont pittoresques et attachants. L’écriture maîtrisée de Michaël Perruchoud nous plonge dans une tension et le suspense tient en haleine les lectrices et lecteurs jusqu’à la dernière ligne.

Le polar
«La fin du week-end» vous embarque dans une Genève trouble et inquiète. Jocelyn Mervelet est un flic usé, qui s’occupe des statistiques judiciaires en traînant sur Internet. Le bleu ne se passionne plus pour son travail et se contente de remplir de la paperasse. Mais, plongé devant une série d’assassinats que rien ne relie, sinon qu’ils se produisent le week-end, le voilà persuadé d’être face à un tueur en série. Reste à le prouver. Porté par des personnages profondément humains et attachants, ce roman interroge aussi, en filigrane, nos souvenirs, nos choix de vie et la complexité des liens familiaux.

L'auteur
Michaël Perruchoud est un auteur et chanteur né à Genève en 1974. Depuis la parution de «Crécelle et ses brigands» en 1998, il a publié une vingtaine de romans, en solo ou en collaboration avec son complice littéraire Sébastien G. Couture. Il est également directeur artistique des Editions Cousu Mouche.

La laudatio

«Je crois que, parmi les nombreux critères qui nous permettent d’apprécier un polar, l’un des aspects auxquels nous, lectrices et lecteurs, sommes particulièrement sensibles — et, pour ma part, c’est certainement aussi une déformation professionnelle —, eh bien, c’est la personnalité, l’originalité ou encore l’étoffe de l’enquêteur, du policier, du détective, bref, de la personne qui mène l’enquête.
Alors, celui qui joue ce rôle dans La fin du week-end, eh bien non, ce n’est pas Sam Spade, ce n’est pas non plus Philip Marlowe ou encore Dudley Smith. Eh bien non, c’est Jocelyn Mervelet, dit Joss. Inspecteur de la PJ de Genève de 37 ans, pas très motivé et pas vraiment investi dans son travail. Il n’a envie ni d’action, ni de danger, ni d’heures supplémentaires. On pourrait même se demander si l’idée ou le concept de justice l’intéresse vraiment.
Sa vie privée est d’ailleurs à l’image de son ambition professionnelle. Il est en retrait; on dirait qu’il se complaît dans cette posture de spectateur de sa propre vie. La femme avec qui il est en couple est son opposé: belle carrière, volontaire, autoritaire. Finalement, les seuls domaines dans lesquels Joss s’investit sont son groupe de potes et le fils de son amie, P’tit Ju.
Alors voilà, un événement dans sa carrière va faire l’effet d’un coup de sifflet de fin de mi-temps, ou plutôt de fin de week-end, et Joss va petit à petit se transformer ou, en tout cas, on va le voir autrement.
Tout bascule donc lorsqu’une nuit, il est appelé dans son propre quartier pour une femme âgée assassinée. Et lui qui aime se cacher au bureau se retrouve donc subitement exposé en première ligne.
Assez vite, Joss fait le lien avec d’autres meurtres en Suisse romande qui ont la particularité d’être tous perpétrés durant les week-ends. Ses collègues et sa hiérarchie ne le suivent pas parce qu’ils ne voient pas le caractère sériel des meurtres. C’est vrai que ce qui les lie est assez particulier; je vous laisserai le découvrir.
Finalement, on peut dire que le livre aborde de manière subtile un grand nombre de sujets qui sont particulièrement d’actualité. Il nous fait voyager d’un canton à l’autre, de la ville à la campagne. Et l’inspecteur, dont la désinvolture du début nous faisait douter de lui, va se révéler bien plus compétent qu’il n’en a l’air et s’avère parfaitement taillé pour l’intrigue à laquelle il est confronté.
Mais c’est surtout par le regard du narrateur, à la fois aiguisé et décalé sur notre société, que Michaël Perruchoud nous livre un récit non conformiste, très équilibré entre critique sociale et suspense.
On a donc un polar qui traite d’une thématique très sérieuse sans se prendre au sérieux, un style d’écriture à la fois homogène et parfaitement maîtrisé — on sent l’expérience — et dont la cohérence avec l’ensemble est remarquable.
Bref, un vrai beau vainqueur du Prix du polar.
Félicitations à vous, Monsieur Michaël Perruchoud!»

Commissaire Sébastien Dyens, 
Pour le Jury du Prix du polar romand

Stefan Györke, «Tizianas Rosen». Arisverlag, 2025

© Droits réservés / Emons Verlag

Intrigue policière complexe, «Les roses de Tiziana» traite d'une relation manipulatrice et est racontée avec beaucoup d’esprit et de légèreté dans un style raffiné. 

Le polar

Tiziana Mara s’émancipe de ses parents pour se construire une vie à elle. Celle-ci commence dans un cabinet d’avocats zurichois, où elle entame une liaison avec l’avocat Ulrich Vanderhoff. À peine un an plus tard, il est retrouvé assassiné – un bouquet de roses enfoncé profondément dans la gorge. Un meurtre rituel typique du milieu mafieux. Très vite, les parents siciliens de Tiziana se retrouvent dans le collimateur de la police. La confession de Tiziana n’en est que plus surprenante.

L’auteur
Stefan Györke est né en 1980 et a étudié la médecine à Zurich et à Calcutta. Il exerce avec passion son métier de médecin urgentiste et se consacre avec encore plus de passion à l’écriture de prose, de poésie et de scénarii. Son premier roman, «Allah à Zurich», est paru en 2015, suivi de «L’amour des squelettes» et, plus récemment, de «Les mères», tous 2 publiés aux éditions Steidl.

La laudatio

«Stefan Györkes «Tizianas Rosen» ist ein origineller und dicht erzählter Kriminalroman, der von Beginn an ein raffiniertes Spiel mit Schuld und Unschuld, Wahrheit und Täuschung entfaltet. Die Handlung entwickelt sich zügig, bleibt dabei aber psychologisch differenziert. Györke versteht es, seine Figuren geheimnisvoll durch das Geschehen zu führen und immer nur so viel von ihren Motiven preiszugeben, wie es der sorgfältig aufgebaute Spannungsbogen verlangt. Gerade diese Ungewissheit macht den besonderen Sog des Romans aus.
Die Sprache ist intelligent, präzise und griffig. Sie kommt ohne Umwege aus und lässt dennoch Raum für Zwischentöne. Kulturelle Gegensätze und unterschiedliche Wertvorstellungen sind dabei mehr als Kulisse: Sie prägen die Wahrnehmung der Figuren und beeinflussen ihre Entscheidungen und Beziehungen.
Besonders gelungen ist die fragile Balance zwischen Verdacht und Gewissheit. Was zunächst eindeutig erscheint, wird immer wieder infrage gestellt, neue Spuren führen zu überraschenden Wendungen. Auch die ungewöhnliche Symbolik des Mordgeschehens verleiht der Geschichte eine zusätzliche, eigenständige Ebene.
Mit einem überraschenden Twist führt Györke seine Geschichte schliesslich zu einem überzeugenden Schlusspunkt. «Tizianas Rosen» ist ein spannender, eigenwilliger und klug komponierter Kriminalroman, der durch seine Atmosphäre, seine Figuren und seine präzise Erzählweise nachhaltig in Erinnerung bleibt.
Herzlichen Glückwunsch zu diesem gelungenen Werk!»

Sascha Campi, 
Pour le Jury du Prix du polar alémanique

Les Prix du polar suisse

Le Prix du polar romand est associé à Polar Suisse – l’association pour la littérature policière suisse pour la 2e année consécutive. Le 25 septembre à Lausanne, 2 Prix ont été conjointement décernés: le Prix du polar alémanique et le Prix du polar romand. Dotés d’un montant de 5'000 CHF pour chaque lauréate ou lauréat des 2 langues nationales, les Prix du polar suisse visent à valoriser la scène nationale du polar, particulièrement dynamique, et à favoriser les échanges linguistiques dans notre pays. Il encourage également la lecture de ces ouvrages, particulièrement rassembleurs et accessibles au plus grand nombre.

Le Jury romand, coordonné par Fanny Meyer, déléguée à la politique du livre, est composé de: Stéphanie Berg (libraire), Sonia Charruau (adjointe à la cheffe de service BAVL), Francine Cellier (libraire), Sébastien Dyens (police judiciaire Ville de Lausanne) et Christian Zutter (président association Lausan’noir).

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