Les Philhellènes

Tout au long de l'histoire, nombreux furent ceux qui ressentirent un amour de la Grèce. Au début du XIXe siècle, le philheIlénisme fait référence à l'engagement de personnalités non grecques pour la cause de la Grèce contre l'Empire ottoman lors de la guerre d'indépendance grecque entre 1821 et 1832.

Définition du philhellénisme

Littéralement, les «philhellènes» sont les «amis de la Grèce». Par extension, les philhellènes sont des personnes qui, en Europe, furent à l’origine du mouvement d’aide morale, matérielle et militaire aux Grecs durant la guerre d’Indépendance qu’ils firent contre les Turcs de 1821 à 1829 et des volontaires étrangers engagés aux côtés des Grecs pendant cette même guerre. Le philhellénisme fait appel à la défense de l’héritage classique tant dans les Arts que dans les siècles que l’Europe «doit» à la Grèce et c’est cette cause qui motivera le plus de combattants à rallier la cause de l’indépendance du pays. La notion de croisade contre les Ottomans n’est pourtant pas complètement absente de l’argumentaire des philhellènes en faveur d’une Grèce libre et indépendante. Après la chute de Missolonghi en 1826 – une ville défendue par les Grecs et reprise par les Turcs au bout d’un siège très éprouvant et d’un combat sans pitié – l’opinion européenne bascule définitivement en faveur de la Grèce. 

Les Philhellènes vont soutenir la Grèce dans son chemin vers l’indépendance, notamment en organisant des souscriptions et en levant des fonds pour participer à l’effort de guerre (par l’envoi d’armes et de combattants) et pallier les urgences que la situation sur le terrain génère (famines, vente d’esclaves, villes assiégées).

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Portrait de Jean-Gabriel Eynard par Firmin Massot 

Jean-Gabriel Eynard

Jean-Gabriel Eynard, un financier suisse, participa aux congrès de Vienne et Paris comme secrétaire particulier de Charles Pictet de Rochemont, représentant de la Suisse lors de négociations qui ont redessiné l’Europe en 1814-1815. C’est à cette occasion qu’il fit la connaissance de Ioannis Capodistrias, se lia d’amitié avec lui et prit fait et cause pour l’indépendance grecque (1821-1829). Fondateur du Comité philhellène de Genève, il devint le coordinateur du mouvement en Europe. Il a contribué à lever des fonds et des ressources et a également beaucoup contribué sur ces deniers personnels, pour le combat pour l’indépendance et ensuite pour redresser l’économie grecque et éponger une partie de la dette de l’État. Il contribua à la création de la Banque nationale grecque, dont il fut aussi l’un des directeurs. A Athènes, le Palais Eynard abrite aujourd’hui la Fondation culturelle de la Banque nationale. A Genève, le Palais du même nom héberge le Conseil municipal et fait partie des circuits touristiques pour tout Grec visitant la ville !

Charles Pictet de Rochemont

Agronome de formation, Charles Pictet de Rochemont est un homme d’État genevois et un diplomate suisse. Il fit la connaissance de Capodistrias et se lia d’amitié avec lui au Congrès de Vienne, où il vint négocier l’avenir du Canton de Genève, avec le député François d’Ivernois.  Il a obtenu les frontières actuelles du Canton de Genève et retrouvera Capodistrias à Paris à la fin de 1815 pour négocier la reconnaissance du statut de neutralité permanente de la Suisse. Leur amitié et respect mutuel s’exprimera jusqu’à la mort de Pictet de Rochemont en 1824.

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Portrait de Charles-René Pictet de Rochemont en diplomate, par Firmin Massot (1818) 
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Portrait de Louis-André Gosse, lithographie, Spengler et Cie, Bibliothèque de Genève

Louis-André Gosse

Louis-André Gosse est un médecin genevois d’esprit libéral. A la demande du comité philhellénique genevois, il se rend en Grèce en 1827, alors que le tout jeune État se relève difficilement de la guerre d’indépendance. En plus de ses fonctions de commissaire de la flotte puis de collecteur des impôts, il est impliqué, à la demande de Capodistrias, dans la lutte contre l’épidémie de peste qui sévit dans le pays. Malade lui-même, il rentrera en Suisse en 1829, mais continue son engagement auprès des Philhellènes.

Elie-Ami Bétant

Helléniste de formation et philhellène par conviction, Elie-Ami Bétant fut, par l’intermédiaire de Jean-Gabriel Eynard, placé auprès de Ioannis Capodistrias en tant que secrétaire particulier de 1827 à 1829. Il l’accompagna en Grèce au moment de sa prise de fonction en tant que premier Président de la Grèce moderne. De retour en Suisse pour raisons de santé, il fut chargé à la mort de Capodistrias, de publier sa correspondance, témoignage inestimable des idéaux, des ambitions du petit Grec autant que des défis et difficultés auxquels il fut confronté dans l’exercice du pouvoir.

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Portrait du professeur Elie-Ami Bétant, Bibliothèque de Genève

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Portrait de Frédéric-César de La Harpe par Jacques Augustin Pajou, (1803)

Frédéric-César de la Harpe

Cet avocat vaudois a un lien tout particulier avec Ioannis Capodistrias : les deux hommes ont servi le Tsar Alexandre 1er de Russie. Après avoir été précepteur de deux jeunes russes pendant 2 ans, il est engagé en 1784 par l’impératrice Catherine pour s’occuper de l’éducation de ses petits-fils Alexandre et Constantin. La Harpe ne se présente pas comme un simple professeur, mais comme un « guide des princes », chargé d’en faire des hommes éclairés. Pendant onze ans, ce Républicain convaincu enseignera à Alexandre les principes libéraux, le sens de la justice, son rôle pour le bonheur de ses peuples.

Enthousiasmé par la Révolution française et déçu de l’Empire, il se retire de la vie politique en 1800. Le traité de Vienne en 1815 le fait revenir sur le devant de la scène : ses contacts avec Alexandre Ier lui permettent de défendre l’existence des cantons issus de la République helvétique, Vaud, Argovie et le Tessin. Il rencontre Capodistrias, ardent défenseur de l’autonomie du Canton de Vaud. En 1816, Frédéric-César de La Harpe s’établit à Lausanne. Élu alors au Grand Conseil, il y défendra jusqu’en 1828 ses conceptions libérales et sera l’un des instigateurs de la pétition qui conduira à la Révolution libérale de 1832.

Henri Monod

Avocat, il a fait son droit à Tübingen avec Frédéric-César de la Harpe. Ardent combattant de la domination bernoise, puis française, il œuvra toute sa carrière pour asseoir et préserver la liberté du Canton de Vaud. En 1813-1815, il représente le Canton de Vaud à la Diète de Zurich et est ambassadeur de la cause vaudoise au Congrès de Vienne. Il devient landamman du Canton de Vaud en 1815, qui était le titre donné au président du gouvernement cantonal et qui est donc aujourd’hui l’équivalent du président du Grand Conseil.

© Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne, photographie Jean-Claude Ducret
Portrait d'Henri Monod par Marc-Louis Arlaud (vers 1820)
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Portrait d'Henri-Benjamin Constant de Rebecque  par Lina Vallier (1848), Château de Versailles

Benjamin Constant

L’illustre auteur d’Adolphe, né à Lausanne en 1767 et devenu député de Paris puis de Strasbourg, est un libéral qui se bat pour la liberté de la presse, les acquéreurs de biens nationaux, la liberté individuelle et la liberté religieuse. Il s’oppose aux lois d’exception, combat l’esclavage et en 1822, commence à s’intéresser à la cause grecque et tente de réveiller une Europe encore indifférente.

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