Patrimoine scolaire

Les écoles sont les témoins de l'évolution de la société et du développement de la cité. Construire une école, c'est créer les infrastructures nécessaires à l'instruction publique et au développement de l'enfant, traduire dans la pierre des objectifs plus larges et investir pour l'avenir.

© Ville de Lausanne
EPLS Coteau-Fleuri

Familles d'écoles

Après la première école construite en 1830 au Chalet-à-Gobet, le patrimoine scolaire lausannois se compose d'une succession de «familles d'écoles»: celle des grandes écoles urbaines à la fin du XIXe siècle, celle des «palais scolaires» au début du XXe, celle des écoles de l’entre-deux-guerres puis celle de la croissance d’après-guerre. L'ère du béton a ensuite marqué les collèges des années 1960-1970, avant la construction des grands complexes de la période de rationalisation des constructions scolaires.

Dès 1995, la construction de nouveaux collèges va accompagner la croissance démographique de plus en plus rapide que connaît Lausanne. Les textes décrivant ces «familles d'écoles» sont largement inspirés des documents rédigés par l'historienne Geneviève Heller.

Consulter le document réalisé par Geneviève Heller

Collèges concernés: Chalet-à-Gobet, Vers-chez-les-Blanc, Petit-Vennes

Vers 1830-1840, plusieurs écoles sont construites dans le canton de Vaud. Jusqu’à cette époque, l’école n’est pas encore définie de manière spécifique, ni par son architecture ni par son mobilier. En ville de Lausanne, il n’y a pas de bâtiments spéciaux pour les classes primaires. Elles se trouvent donc dans des locaux loués chez des particuliers. En 1816, il y a 15 classes à Lausanne, 8 en ville et 7 foraines.

En ville, les premières classes construites comme telles et divisées par degré sont installées dans la partie inférieure du Musée Arlaud, qui date de 1838. Les premiers bâtiments scolaires bâtis à Lausanne sont de petites écoles de type rural, édifiées pour les hameaux à l’extérieur de la ville à partir de 1830.

La Loi sur les écoles publiques primaires de 1834 exige qu’aucun voisinage ne puisse nuire à l’enseignement et que les plans des bâtiments d’école soient soumis au Conseil de l’Instruction publique; les salles de classe doivent être salubres, éclairées avec plusieurs fenêtres, meublées de longues tables avec bancs de 8 ou 10 places et assez grandes pour accueillir les 60 élèves au maximum par classe prévus par la loi.

Collèges concernés: Mon-Repos, Villamont, Beaulieu, Croix-d’Ouchy, Barre

En l’espace d’une dizaine d’années (1887-1898), cinq grands bâtiments d’école pouvant accueillir environ 500 élèves sont édifiés; ceci principalement pour faire face à l’important développement de la population urbaine à la fin du XIXe siècle. En trente ans, la population de Lausanne a doublé (30 000 habitants en 1880, 46 000 en 1900, 64 000 en 1910).

Dans le dernier quart du siècle, l’instruction publique, dont le statut est renforcé par la Constitution fédérale de 1874, devient une institution publique majeure. Tous les aspects se développent: fréquentation plus régulière des élèves, meilleure reconnaissance des instituteurs, enseignement plus diversifié et plus complet, matériel pédagogique et manuels à disposition.

Une des caractéristiques de ces cinq grandes écoles urbaines est qu’une partie est réservée aux garçons, une autre aux filles, avec entrées et préaux séparés. On voit apparaître des espaces spécifiques correspondant à de nouveaux services (conciergerie, infirmerie, réfectoire scolaire). La préoccupation dominante pour les constructions scolaires de cette époque est relative à l’hygiène (espace, lumière, aération).

Collèges concernés: Prélaz, Montriond

Les Ecoles de Prélaz (1907) et de Montriond (1914) sont édifiées dans ce que l’on a appelé le style national ou Heimatstil. C’était un style pittoresque adopté pour l’architecture domestique (immeubles d’habitation, villas) et touristique (gares, hôtels) et qui convenait particulièrement aux écoles primaires.

Une toiture imposante, enrichie de lucarnes et de clochetons, mais aussi un soubassement de gros moellons de pierre, et de grandes fenêtres à encadrements de pierre et de formes variées, frises peintes sous le toit, sont caractéristiques de ce style.

A l’intérieur, les espaces et les matériaux répondent aux exigences de l’hygiène et de l’esthétique. L’architecture scolaire devait non seulement contribuer à la sauvegarde de la santé des enfants, mais aussi à l’éducation du goût.

Plusieurs villes et gros villages dans le canton de Vaud ont édifié des écoles de cette génération. Celle-ci offrait une silhouette caractéristique qui s’imposait d’autant plus que l’école occupait une vaste parcelle disposant d’un grand préau rythmé par un alignement d’arbres (tilleuls ou platanes) et bordé d’un mur et d’une balustrade.

Collèges concernés: Croix-Rouges, Bellevaux, Béthusy

Il y a eu relativement peu d’écoles construites entre les deux guerres dans le canton de Vaud, et à Lausanne en particulier. La plupart des communes avaient renouvelé leurs constructions scolaires entre 1880 et 1914. Les bâtiments bâtis sont désormais plus sobres et moins monumentaux qu’au début du siècle, le style national ou Heimatstil est abandonné.

L’architecture nouvelle se caractérise par un style plus dépouillé, sans référence à l’architecture classique ou pittoresque (façades lisses, fenêtres en longueur, toiture plate). L’aménagement intérieur est sobre mais fonctionnel, tandis que les classes, moins grandes et solennelles qu’au début du siècle, peuvent cependant être agrémentées de motifs familiers. Enfin, les table-bancs fixes sont progressivement remplacés par des tables avec des chaises.

La Loi sur l’instruction primaire publique de 1930, très exigeante dans tous les registres de l’hygiène, fixe à 40 le nombre maximum d’élèves par classe et rend obligatoire l’enseignement ménager pour les jeunes filles de 15 à 16 ans. Les services infirmiers, médicaux et dentaires scolaires deviennent également obligatoires.

Collèges concernés: Montoie, Belvédère, La Sallaz, Tivoli, Valency, Châblière, Malley, Montchoisi, Floréal

Dès le lendemain de la guerre, une démographie croissante impose aux communes la construction de nouveaux bâtiments d’école. A Lausanne, la population passe de 107 000 habitants et 6500 élèves en 1950 à 127 000 habitants et 8200 élèves en 1960. Devant la pénurie de locaux scolaires, un plan d’ensemble est adopté en 1950. Plusieurs écoles sont bâties durant la décennie 1950-1960, notamment les écoles de La Sallaz, Montchoisi et Malley qui ont été inaugurées ensemble en 1955.

Le modèle architectural de l’époque fait triompher l’école dite «à pavillons», qui propose des bâtiments relativement modestes mais dispersés sur le territoire, à savoir des écoles de quartier. Les autorités ne veulent plus ni rassembler trop d’élèves dans un seul bâtiment, ni les concentrer à l’intérieur de celui-ci. Plusieurs petites écoles, notamment pour les plus jeunes enfants, sont érigées à proximité d’un quartier d’habitation.

Les grands préaux plantés d’une lignée d’arbres sont peu à peu remplacés par des surfaces goudronnées ou en pelouse agrémentées de groupes de buissons ou d’arbres. La loi de 1960 fixe à 32 le nombre maximum d’élèves par classe.

Collèges concernés: Béthusy (II), Pierrefleur, Elysée, Riolet, Vieux-Moulin, Entrebois, Chailly, Eglantine, Chissiez, La Bourdonnette

Dès 1965, les autorités de la Ville étudient un nouveau plan d’ensemble plus ambitieux que celui de 1950. Il est dès lors prévu de créer 300 classes en dix ans afin d’anticiper les besoins en locaux scolaires en fonction des plans de quartiers et des réformes prévues de la structure scolaire. Une planification par classes d’âge est appliquée.

A noter que deux constructions du début des années 60 sont particulièrement remarquables. Il s’agit des Collèges de Béthusy et de l’Elysée, deux institutions héritières d’une tradition prestigieuse, le Collège classique cantonal et le Collège scientifique cantonal. La loi de 1964 met sur pied d’égalité les collèges dans tout le canton qui dépendent désormais tous des communes. Les établissements deviennent mixtes et réunissent les différentes sections (classiques, scientifiques, modernes, générales).

A partir de cette période, les grandes écoles comprennent des salles spéciales traditionnelles et récentes (moyens audiovisuels), divers locaux de services médicaux, des vestiaires associés à chaque classe, d’imposantes salles de gymnastique et des terrains de sport extérieurs.

Collèges concernés: Figuiers, Coteau-Fleuri, Rouvraie, Grand-Vennes, Bergières

Confrontées à des besoins importants et urgents de locaux scolaires, les autorités communales de Lausanne cherchent les moyens de rationaliser au maximum les constructions scolaires, selon les recommandations de l’UNESCO.

Le système CROCS (Centre de rationalisation et d’organisation des constructions scolaires) s’appuie sur une grille modulaire de la structure porteuse métallique qui permet une grande flexibilité de disposition des parois, prévues amovibles. Plus de 20 écoles adoptant ce système sont alors construites en Suisse romande.

La plupart des écoles CROCS offrent une image très simple et compacte: façades abondamment vitrées, structure métallique, plan carré. Elles ont été édifiées avec une rapidité et une économie exceptionnelles, très appréciées sur le moment. Mais ces constructions ont rapidement présenté de sérieux défauts d’isolation et d’étanchéité, et les nouveaux matériaux utilisés se sont dégradés.

La plupart des bâtiments ont nécessité une rénovation importante, après une vingtaine d’années seulement. Avec le système CROCS, le volume des locaux sportifs devient aussi important que celui du bâtiment des classes.

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