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Max Jeann illustre l'agenda d'automne Lire à Lausanne

Le programme d'automne Lire à Lausanne est illustré par l'artiste romande Max Jeann, alias Stéphanie Jeannet. En 5 questions, découvrez son univers, inspiré par des résidences d'artistes et son observation du monde. Résultat: un jardin d'Eden féminin, léger et haut en couleurs.

Comment avez-vous l’habitude de vous présenter? Pourriez-vous décrire votre parcours?

En général, je dis plutôt que je suis une aventurière parce que j'aime bouger. Pour mon parcours, j'ai commencé à étudier les arts plastiques, puis les arts visuels à l'Ecav (maintenant l'EDHEA, l'Ecole de design et haute école d'art du Valais), avec un échange à Jérusalem en cinéma d'animation. Ça a donné le ton de la suite de mon parcours, avec beaucoup de mouvement et des participations à des résidences d'artistes un peu partout dans le monde. Ça permet de travailler de façon ultra focus et d'être entourée d'artistes de partout qui font pareil. Et de tout ce mouvement, ce qui reste, ce qui domine dans mon travail, c'est le dessin, à travers l'illustration, les arts visuels, l'animation et la bande dessinée. Un dessin que je façonne avec humour, poésie, et de la rage.

Qu'est-ce qui vous fait vibrer en tant qu’artiste?

Les questions essentielles, trouver ce qui fait sens. Observer le monde avec un regard parfois féroce. Je ne fais pas exprès. En tout cas, j'aime observer, et je crée sûrement pour ne pas trop m'énerver avec tout. Et ce qui me fait aussi vibrer, c'est la liberté d'être artiste: garder un peu d'aventure dans ma vie et continuer de découvrir l'ailleurs et les autres. 

Comment créez-vous ? Quelles disciplines et supports privilégiez-vous? En solo ou en équipe?

En général, je fais des recherches visuelles pour avoir des choses sous les yeux, parfois j'ai une image assez précise. Puis je gribouille jusqu'à arriver à mon dessin qui se construit, souvent dans des sortes d'accidents. Je travaille sur papier, c'est ce que je préfère. Tout récemment sur mon iPad, mais je pars toujours du papier. Je suis plutôt en solo, mais je vais tenter une nouvelle expérience cette fin d'année, en partant en Chine pour un tandem avec une autrice chinoise (parce que je suis aussi autrice de bande dessinée, ma première BD, c'est «Pétrole, pour une tranche de tarte», aux éditions Pépites Club). Il s'agit d'une collaboration avec le Fumetto à Lucerne et Pro Helvetia Shanghai. Autre travail à 4 mains: je retrouve cet automne à New York un dessinateur rencontré pendant une résidence au Canada, Marcellus Hall. On va voir ce qui sort de cet échange!

D’où vous est venue l’inspiration pour illustrer ce programme culturel?

J'ai réfléchi à ce que m'inspire une bibliothèque, et la présence des livres. C'est vrai que les livres, c'est rassurant, c'est un coin de paradis. Alors j'ai pensé à dessiner un jardin d'Eden en imaginant les débuts de vie de femmes et j’y ai vu l'état dans lequel on pourrait bien arriver là-bas, avec des restes de notre monde, dans une scène avec du ridicule ou du formidable, ça je ne sais pas trop. Mais je voulais surtout dessiner quelque chose d'assez joyeux et léger.

Qu’aimeriez-vous que le public ressente ou découvre en parcourant ce programme illustré?

Que le public ressente de la légèreté, avec l'envie d'aller lire, participer à vos activités et de s'habiller en couleurs. 

Propos recueillis par Line Lanthemann