Chauffages et bâtiments
La combustion d'énergie fossile pour chauffer les bâtiments et produire l'eau chaude sanitaire est la principale source d'émission de gaz à effet de serre sur le territoire lausannois. A ce titre, il s'agit d'un secteur prioritaire du suivi du Plan climat.
Emissions de gaz à effet de serre
La combustion d'énergie pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire des bâtiments est responsable de plus de la moitié des gaz à effet de serre émis sur le territoire de la ville de Lausanne, et près des trois-quarts des émissions directes causées par l'administration. La Municipalité a fixé l'objectif d'atteindre zéro émission directe nette d'ici à 2050.
Les émissions directes des chauffages proviennent de la combustion de mazout et de gaz naturel (méthane), deux agents énergétiques d'origine fossile. Il s'agit donc de remplacer toutes les chaudières à mazout et à gaz naturel par des solutions renouvelables décarbonées (chauffage à distance, pompes à chaleur, bois, solaire thermique).
Cependant, il ne sera possible de disposer de suffisamment d'énergie renouvelable que si, en parallèle, la demande de chaleur des bâtiments est fortement réduite. Un assainissement énergétique complet permet une baisse de la demande de chaleur de 50 à 80%. Le taux actuel d'assainissement énergétique des bâtiments, proche de 1% par an, est insuffisant et devrait rapidement augmenter pour atteindre 3% par an.
Le périmètre «Lausanne» concerne l'ensemble du parc bâti situé à l'intérieur des limites géographiques lausannoises, soit près de 9000 bâtiments. La Ville de Lausanne peut agir en priorité sur son propre patrimoine (600 bâtiments chauffés). Pour les bâtiments privés, le potentiel d'action de l'administration communale est plus limité.
Le graphique ci-dessous représente les émissions directes (scope 1) de gaz à effet de serre dûes à l'utilisation de combustibles pour le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire sur le territoire lausannois. Le niveau de précision est plus élevé pour le gaz naturel et le chauffage à distance, exclusivement distribués par les SiL, que pour le mazout qui est estimé l'aide de modèles. Les pompes à chaleur n'engendrent pas d'émissions directes et sont donc exclues de cette représentation.
Cible
Zéro émission directe en 2050
Commentaire
Les combustibles fossiles utilisés pour le chauffage des bâtiments émettent pour la première fois moins de 50% (2024: 49%) des gaz à effet de serre émis sur le territoire de la commune.
Cela s'explique premièrement par les conséquences de la guerre en Ukraine - hausse des prix de l'énergie et crainte de pénurie - qui ont incité les propriétaires et les locataires à adapter les réglages de leurs chauffages.
Cela s'explique deuxièmement par le développement du réseau de chauffage à distance, dont l'impact climatique est déjà moindre que celui des chaudières fossiles, et qui continue de s'améliorer. Il couvre désormais 29% de la demande de chaleur.
Cela s'explique enfin par les travaux d'assainissement des bâtiments. Bien que le rythme d'assainissement soit très inférieur à celui nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, près de 6% des bâtiments lausannois ont néanmoins été assainis. Les nouveaux bâtiments construits sont quant à eux bien plus performants énergétiquement.
Formellement, seuls les bâtiments du patrimoine administratif appartiennent au scope 1 (émissions directes) selon la classification du standard retenu. Toutefois, afin d'offrir une vision sur l'ensemble des bâtiments utilisés par l'administration, le graphique ci-dessous met également à disposition les émissions des bâtiments dont la Ville est locataire. Formellement, ces derniers relèvent du scope 3 (émissions indirectes).
Certains bâtiments concernés sont situés en dehors des limites géographiques communales, raison pour laquelle ce périmètre n'est pas totalement inclus dans le graphique précédent (périmètre «Lausanne»).
Cible
Zéro émission directe en 2050
Commentaire
Malgré un recours relativement faible aux combustibles fossiles (22%, contre 68% chez les privés), le chauffage des bâtiments publics génèrent les deux-tiers des émissions directes (scope 1) de l'administration.
Depuis 2019, les émissions des chauffages des bâtiments publics ont baissé de 18%, et même de 27% depuis le pic de 2021. Les raisons sont multiples: conditions climatiques favorables, mesures d'efficacités énergétique, décarbonation progressive du chauffage à distance. L'assainissement énergétique des bâtiments publics viendra renforcer cette tendance au fur et à mesure de la réalisation des projets.
Indicateurs de suivi du Plan climat
Le set d'indicateurs ci-dessous permet de mieux comprendre l'évolution des gaz à effet de serre des chauffages, de décrire l'effet des actions privées et publiques concernant ce domaine et de mettre à disposition l'ensemble des objectifs spécifiques concernant l'assainissement énergétique des bâtiments et la décarbonation de leur chauffage.
Cet indicateur mesure la consommation de combustibles et d'électricité pour un usage de chauffage sur le territoire lausannois. Les flux distribués par les SiL et au bénéfice de compteurs individuels (chauffage à distance et gaz) sont connus avec précisions. Les consommations de mazout, de bois et d'électricité pour un usage de chauffage sont estimées à l'aide de modèles, plus incertains.
Correction climatique
La consommation énergétique pour le chauffage varie sensiblement d'une année sur l'autre en raison des variations de l'intensité de chaque hiver. Cela rend plus difficile la lecture et l'interprétation des séries de données.
La « correction climatique » des données de chauffage permet de lisser ces fluctuations en estimant la consommation théorique du parc bâti par rapport à un hiver de référence. Le graphique ci-dessous compare les données de consommation réelle et les données de consommation après correction climatique du parc bâti lausannois.
Cible
- Zéro combustible fossile (gaz naturel, mazout) en 2050 sur le territoire lausannois
- 75% de part de marché pour le CAD en 2050
Consommation totale d'énergie de chauffage
Détail (après correction climatique)
Commentaire
Depuis 2019, la consommation d'agents énergétiques de chauffage baisse régulièrement, après correction climatique. Cela s'explique par l'assainissement de certains bâtiments et par les adaptations consécutives aux risques de pénuries énergétiques durant les hivers 2022-2023 et 2023-2024.
La part du chauffage à distance (29% en 2024), alimenté principalement par des énergies renouvelables et des rejets de chaleur, progresse régulièrement. Corollaire: les énergies fossiles - gaz naturel et mazout - régressent.
Cet indicateur permet d'approximer le taux d'assainissement énergétique des bâtiments privés ou publics situés sur le territoire de la commune de Lausanne.
Il est calculé à l'aide des subventions versées à la fin des travaux par le Programme Bâtiments géré par le Canton de Vaud. Les taux présentés ci-dessous se réfèrent aux subventions attribuées pour des travaux sur tout ou partie de l'enveloppe du bâtiment.
Les deux sources d'incertitude sont les travaux non-subventionnés qui échappent à la statistique, et les bâtiments obtenant plusieurs subventions partiels qui y apparaîtront plusieurs fois.
Cible
- Taux d'assainissement de 3.3% de la surface énergétique de référence, par an
Commentaire
Le taux d'assainissement des bâtiments lausannois oscille autour de 1%, ce qui reste bien inférieur à l'objectif visant à assainir l'entier du parc d'ici à 2050. L'entrée en vigueur possible de la nouvelle loi vaudoise sur l'énergie au 1er janvier 2027 devrait contribuer à accélérer la rénovation des bâtiments.
Cet indicateur indique la puissance supplémentaire des nouveaux raccordements au chauffage à distance réalisés dans l’année écoulée.
Le nombre de nouveaux raccordements est aussi partagé. Un nouveau raccordement peut remplacer une ou plusieurs chaudières existantes.
Cible
- 120 MW ajouté en 2035
Puissance supplémentaire cumulée
Nouveaux raccordements
Commentaire
Les objectifs du Plan climat nécessitent l'accélération du déploiement du chauffage à distance. Une réorganisation interne a été opérée dans ce but en 2023.
Les effets commencent à se faire sentir, puisque la puissance et le nombre de nouveaux raccordements ont fortement augmenté en 2024 et 2025. Afin d'atteindre l'objectif fixé pour 2035, cette accélération doit se poursuivre et atteindre environ 9 MW supplémentaire par an. Raccorder plus de grands voire très grands bâtiments est l'option privilégiée pour y parvenir.
Cet indicateur présente le mix énergétique du chauffage à distance.
Les rejets de chaleur incluent la combustion des déchets à Tridel et des boues d'épuration à la STEP de Vidy directement raccordés au réseau lausannois.
Les garanties d'origine (GO) sont des certificats attestant la production d'une quantité d'énergie à l'aide d'une technologie. La Ville de Lausanne achète des GO pour du biogaz renouvelable produit en Europe.
La part fossile provient de la combustion du gaz naturel. L'utilisation de mazout reste techniquement possible, mais est exceptionnel.
Cible
- 100% renouvelable en 2035 (y compris rejets de chaleur et garanties d'origine européennes)
Commentaire
Malgré la baisse du volume de chaleur délivrée par Tridel en 2025, le chauffage à distance reste majoritairement alimenté par les rejets de chaleur de Tridel et la station d' épuration de Vidy, ainsi que par des énergies renouvelables locales. Grâce à l'achat supplémentaire de biogaz européen au bénéfice de garanties d'origine (7.4%), la part du fossile (33.6%) dans le chauffage à distance poursuit sa baisse.
Pour atteindre l'objectif d'un mix énergétique 100% renouvelable dès 2035, des pompes à chaleur à eau du lac, des centrales de géothermie et des centrales à bois sont en cours de planification. Le projet le plus avancé est celui de la pompe à chaleur sur l'eau du lac à Ouchy, dont la mise en service est envisagée en 2029.
Cet indicateur indique la quantité de déchets produits par les ménages les entreprises lausannoises. Il présente également la répartition des déchets au sein de la filière valorisation matière (recyclage, compostage) ou de la filière incinération puis mise en décharge.
Les différentes filières de traitement de déchets en fin de vie sont émettrices, avec des intensités variables, de gaz à effet de serre.
Cible
- 60% de déchets recyclés ou compostés
Commentaire
Malgré la croissance de la population, la quantité de déchets produits par la population et les entreprises lausannoises est stable, environ 63'000 tonnes par an. Le taux de recyclage et de compostage oscille autour de 54%.
La Ville de Lausanne encourage le tri par le développement de nouvelles filières de recyclage, comme celle pour les briques à boisson proposée dès 2023, et par différentes campagnes de sensibilisation et de communication.
Malgré ces efforts, la dernière étude réalisée par l'Etat de Vaud révèle un potentiel d'amélioration: près de 20% du poids des ordures ménagères vaudoises pourrait être mieux valorisé, en particulier les biodéchets et les plastiques.
Cet indicateur présente d'une part le volume de déchets incinérés par Tridel chaque année.
D'autre part, il fournit la quantité d'énergie vendue par Tridel sous forme de chaleur et de vapeur via le réseau de chauffage à distance, et d'électricité. Cela permet de remplacer des agents énergétiques très carbonés comme le mazout.
Le développement du réseau de chauffage à distance, les phases de maintenance de Tridel et les réglages de l'usine visent à optimiser la commercialisation de l'énergie produite, afin de minimiser les pertes estivales.
Cible
- Tonnage: baisse à 160'000 tonnes en 2040 et 150'000 tonnes en 2050
Commentaire
La vente d'énergie a été plus basse en 2025 que la moyenne des années précédentes. Cela s'explique d'une part par une année moyenne sous l'angle du tonnage incinéré, mais aussi par différentes perturbations techniques ayant causé des arrêts temporaires des installations.
Des réflexions sont en cours visant à accroître la quantité d'énergie vendue par tonne incinérée.
Cet indicateur présente la consommation de combustible par les bâtiments utilisés par l'administration.
Cela inclut les bâtiments du patrimoine administratif ainsi que les bâtiments entièrement utilisés par la Ville comme locataire.
Les bâtiments que l'administration n'utilise que partiellement en tant que locataire ne sont pas inclus pour des raisons d'accès à une information fiable et de qualité.
Certains bâtiments de ce périmètre sont situés sur le territoire d'autres communes.
Cible
- Abandon du mazout en 2035
- 0 combustible fossile en 2050
Commentaire
En 2024, la consommation de combustibles par les bâtiments de l'administration est de 17% inférieur au pic de 2021 (ou 12% corrigé des variations climatiques). Cela est légèrement supérieure à l'année précédente, qui avait été avait bénéficié de conditions climatiques particulièrement favorables.
La part des énergies fossiles (mazout et gaz naturel) reste inchangée à 22% de la consommation totale. De nombreux travaux d'assainissement énergétique sont en cours de planification. Leur mise en oeuvre permettra de réduire la part des énergies fossiles.
Description
Le parc immobilier de la Ville de Lausanne comprend plus de 1400 objets, dont environ 600 bâtiments chauffés:
- Le patrimoine administratif regroupe les bâtiments appartenant à la Ville, utilisés par l'administration ou au service de la population, par exemple les écoles.
- Le patrimoine financier réunit les bâtiments appartenant à la Ville loués à des utilisateurs tiers. Cela concerne surtout des immeubles de logements et des locaux commerciaux.
L'indicateur présente l'état des lieux des travaux d'assainissement du patrimoine immobilier de la Ville. Il est prévu d'assainir la totalité du parc avant 2050.
L'indicateur présente également la réduction de la consommation de chaleur après travaux. Des données mesurées sont utilisées lorsque les consommations avant et après travaux sont disponibles. Dans les autres cas, des valeurs estimatives sont utilisées, à l'exemple des projections d'avant-projet.
Cible(s)
- Taux d'assainisssement de 3,3% de la surface de référence énergétique, par an
- Réduction de la demande de chaleur après assainissement de 50 à 70%
Assainissements énergétiques
Effet des assainissements réalisés et planifiés
Commentaire
L'année 2025 est remarquable par le nombre de projets d'assainissement de bâtiments au stade de la planification. Cela inclut les bâtiments en attente de réception du permis du construire et d'autres pour lesquels les avants-projets sont en cours de développement. En y ajoutant les bâtiments en chantier à fin 2025, cela représente 70 bâtiments dont les travaux d'assainissement se concrétiseront prochainement.
Depuis le début du suivi du Plan climat en 2019, une vingtaine de bâtiments ont été assainis. Cela a par exemple permis de mettre hors service quatre chaudières à mazout et de réduire la demande de chaleur de ces travaux de 57% en moyenne.
Liens
Le parc immobilier propriété de la Ville de Lausanne est réparti en deux patrimoines comprenant au total 600 bâtiments chauffés:
- Le patrimoine administratif regroupe les bâtiments appartenant à la Ville, utilisés par l'administration ou au service de la population, par exemple les écoles.
- Le patrimoine financier réunit les bâtiments appartenant à la Ville loués à des utilisateurs tiers. Cela concerne surtout des immeubles de logements et des locaux commerciaux.
Cet indicateur répartit les bâtiments selon leur Indice de Dépense de Chaleur (IDC), de A pour les bâtiments les plus efficients, à G pour les «passoires énergétiques». Cet indice permet d'estimer la performance énergétique des bâtiments avant de disposer du Certificat Energétique Cantonal des Bâtiments (CECB).
Cible
- Assainissement d'au minimum 80% des bâtiments du patrimoine financier classés E, F ou G (en 2022) d'ici à 2035
Etablissement de l'étiquette IDC des bâtiments de la Ville
Répartition des bâtiments de la Ville selon leur IDC
Commentaire
L'établissement des étiquettes de l'indice de dépense de chaleur (IDC) de l'ensemble des bâtiments de la Ville est en cours. A fin 2024, 334 bâtiments de la Ville en bénéficie. Il est prévu que ce travail soit terminé à fin 2026.
Parmi ces derniers, 67 bâtiments représentant 13% de la surface de référence énergétique totale appartiennent aux classes énergivores E, F ou G. Il s'agit d'un des critères de sélection des bâtiments à assainir en priorité.
Bureau du climat et de la durabilité
Secrétariat général de la Direction Logement, environnement et architecture
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