Edition 2016

Le Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne 2016 a été attribué à Antoine Jaquier pour son roman Avec les chiens (L'Age d'Homme).

Le lauréat, Antoine Jaquier

Antoine Jaquier au Cercle littéraire de Lausanne le 7 novembre 2015 © Droits réservés

«J’ai souhaité penser la complexité de l’horreur par la littérature».

Le mot de l'auteur

«Très sensible à ces affaires de sadiques trop souvent reléguées à la rubrique faits divers, j’ai souhaité penser la complexité de l’horreur par la littérature. En particulier, la psychologie des victimes car leur souffrance abyssale est généralement passée sous silence. Pire, on attend de ceux qui ont vécu l’indicible une posture particulière. La victime doit être parfaite. Dans le cas contraire, l’opinion publique la juge, lui invente une responsabilité et même son statut de victime est parfois mis en doute. Le sadique, lui, fascine notre société du spectacle et gagne naturellement sa place à la une des journaux.»
Antoine Jaquier

L'écrivain

Antoine Jaquier est né à Nyon en 1970. Il habite Lausanne depuis une vingtaine d’années. Dessinateur en horlogerie de première formation, il poursuit des études pour devenir assistant social et animateur socioculturel diplômé, ainsi que spécialiste en management culturel. Il travaille aujourd’hui en tant qu’animateur socioculturel auprès d’adolescents dans la région lausannoise. Son premier roman, Ils sont tous morts, qui plonge dans la scène de la drogue romande des années 80, a été un best-seller suisse 2013 et a gagné le Prix Edouard Rod 2014.

Le livre

Avec les chiens, paru en août 2015 à L’Âge d’Homme, met en scène Gilbert Streum, dit l’Ogre de Rambouillet, un tueur d’enfants qui sort de prison après avoir payé sa dette à la société durant 13 années d’enfermement. Les familles sont dévastées, et les pères des victimes nourrissent un fort désir de vengeance meurtrière. L’un d’entre eux prendra le prétexte d’un livre à écrire pour nouer une relation des plus ambigües avec l’Ogre. Un roman à la tension permanente et à la mécanique aussi dérangeante qu’efficace.

Les nominés

Jêrome Meizoz
L'écrivain

Jérôme Meizoz est né le 23 décembre 1967 à Vernayaz. Docteur ès lettres, sociologue, critique, il est maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne. Spécialiste de littérature romande et notamment de C.-F. Ramuz, Rousseau ou Maurice Chappaz, il publie autant des essais littéraires (L’âge du roman parlant 1919–1939, L’oeil sociologue et la littérature) que des récits engagés (Jours rouges: un itinéraire politique, Saintes colères) ou de la fiction (Destinations païennes, Séismes).

Le livre

Haut Val des loups, paru en janvier 2015 aux éditions Zoé, revient sur l’agression, 25 ans auparavant, d’un jeune militant écologiste en Valais. Aucun coupable ne sera désigné, et la police n’élucidera jamais l’affaire. Dans une prose qui tient autant de la poésie que de la sociologie de terrain, par courts chapitres denses, Jérôme Meizoz met le doigt sur une blessure jamais guérie, cherche à comprendre l’origine de la haine envers le jeune homme et ce qu’il représente, et regarde avec effroi la chape de silence qui a recouvert l’affaire.

Frédéric Pajak
L'écrivain

Frédéric Pajak est né en 1955 à Suresnes. Il vit entre Lausanne et la France. Voyageur, dessinateur, peintre, écrivain, éditeur, lauréat en 2015 du Prix suisse de littérature, il a lancé une vingtaine de revues et publié autant de livres, liant dessin et écriture dans des «romans dessinés» novateurs et personnels (L’Immense solitude, Le chagrin d’amour) qui mêlent autobiographie et commentaires sur Luther, Nietzsche, Apollinaire ou Joyce. Il a fondé et dirige chez Buchet-Chastel la collection Les Cahiers dessinés, qui publie depuis 2002 des dessins de peintres, d’écrivains, d’humoristes ou de cinéastes.

Le livre

La liberté obligatoire est paru en août 2015 aux éditions Noir sur Blanc. C’est le 4e tome d’une série de récits dessinés, intitulée le Manifeste incertain, qui en comptera neuf et propose un tableau du monde d’aujourd’hui à la lumière du passé. Les trois premiers tomes sont parus en 2012, 2013 et 2014. Aussi foisonnant que passionnant, La liberté obligatoire part sur les traces de Nietzsche, Ernest Renan ou Arthur de Gobineau entre Buenos Aires, Turin et le sud de la France, où l’auteur a passé deux ans dans une école «libre», sans règles ni devoirs.

Anne-Frédérique Rochat
L'écrivaine

Anne-Frédérique Rochat est née en 1977 à Vevey et a grandi à Montreux. Elle vit à Lausanne. Depuis son diplôme du Conservatoire d’art dramatique de Lausanne en 2000, elle est comédienne et joue régulièrement en Suisse romande (L’épreuve du feu, Jeanmaire: une fable suisse). Dramaturge (Les éoliennes, Mortifère, Apnée ou Propre en ordre) et romancière depuis 2012, elle manie avec brio les deux genres littéraires. Tous ses romans (Accident de personne, Le sous-bois, À l’abri des regards) sont édités par Luce Wilquin à Bruxelles.

Le livre

Le chant du canari est paru en août 2015 aux éditions Luce Wilquin. Le 4e roman d’Anne-Frédérique Rochat, plonge dans les coulisses du couple formé par Anatole et Violaine. Lui travaille dans une animalerie, elle surveille la section zoologie du Musée d’histoire naturelle. Peu à peu, les disputes s’intensifient, la mécanique amoureuse se grippe. Il ne veut pas d’enfant, elle lui en veut. Il lui offre un poisson rouge, qu’elle tue, puis un canari, qu’elle adore. Vertigineuse métaphysique du mariage lorsqu’il bat de l’aile, Le chant du canari a tout du roman de moeurs contemporain réussi.

Marie-Jeanne Urech
L'écrivaine

Marie-Jeanne Urech, née à Lausanne en 1976, poétesse depuis toujours, a commencé par une carrière dans le cinéma, après un diplôme de réalisatrice de la London Film School en 2001. Après trois longs métrages documentaires, elle se tourne vers l’écriture. Depuis un premier recueil de nouvelles, Foisonnement dans l’air, paru à L’Aire en 2003, elle enchaîne recueils de nouvelles (L’amiral des eaux usées, Le train de sucre) et romans (La salle d’attente, Le syndrome de la tête qui tombe, Des accessoires pour le paradis, Les valets de nuit) qui lui valent le Prix Rambert et le Prix Bibliomedia.

Le livre

L’Ordonnance respectueuse du vide, paru en août 2015 aux éditions L’Aire, est le 9e ouvrage de Marie-Jeanne Urech. Il est inspiré d’un séjour dans un couvent au cœur d’un paradis fiscal de Suisse. Avec le burlesque et l’art de la satire qui la caractérise, l’auteure raconte le périple de Modeste, un artisan-meublier qui pénètre dans la paisible ville de Z. un 15 février, persuadé d’y trouver du travail. Hélas, dans cette fable très suisse les habitants astiquent les boîtes aux lettres comme de l’argenterie, font tenir 26’000 âmes dans une même boîte aux lettres et n’ont pas besoin de Modeste.

Nicolas Verdan
L'écrivain

Nicolas Verdan est né à Chardonne en 1971. Journaliste, rédacteur en chef adjoint à 24 Heures de 2008 à 2010, il multiplie les reportages dans les zones de conflit, notamment au Proche-Orient. Depuis 2010, il alterne écriture personnelle ou professionnelle, ateliers d’écriture et bibliophilie. Il a publié chez Campiche Le Rendez-vous de Thessalonique en 2005, Chromosome 68 en 2008, Saga. Le Corbusier en 2009 et Le patient du docteur Hirschfeld en 2011, lauréat des Prix du public de la RTS, Schiller et du Roman des Romands. Nicolas Verdan navigue entre la Suisse et la Grèce, patrie de sa mère.

Le livre

Le mur grec est paru en août 2015 chez Bernard Campiche Éditeur. Inspiré de plusieurs reportages réalisés par l’auteur le long de la frontière entre la Grèce et la Turquie, où le gouvernement grec a construit un véritable mur de barbelés, il nous embarque dans un pays en proie à une crise économique sans précédent et où sévissent la corruption et le trafic d’êtres humains, migrants clandestins ou prostituées de l’Est. Nicolas Verdan suit un inspecteur d’Athènes appelé à résoudre le mystère d’une tête sans corps retrouvée dans une zone militaire près du fleuve Evros. Quasi un polar, surtout un roman coup de poing.