Edition 2017

Le Prix des lecteurs de la Ville de Lausanne 2017 a été attribué à Silvia Haerri pour son roman Je suis mort un soir d’été (Campiche).

La lauréate, Silvia Haerri

Silvia Haerri au Cercle littéraire de Lausanne le 4 mars 2017 © Droits réservés

Ce que j’ai cherché à faire, c’est d’infléchir le cours d’une histoire singulière pour la mener vers une destinée moins cruelle.

Le mot de l'auteure

Je suis mort un soir d’été est mon premier roman. Je ne pense pas avoir encore le recul nécessaire pour évaluer sa teneur. En revanche, je peux tenter d’esquisser quelle était mon intention première en l’écrivant. Ce que j’ai cherché à faire, si tant est que l’on puisse décider quelque chose dans le processus surprenant de l’écriture, c’est d’infléchir le cours d’une histoire singulière, celle de Pietro et Margherita, dont je me suis inspirée et très librement écartée aussi, pour la mener vers une destinée moins cruelle, où la maladie, la honte et les tensions familiales pèsent moins lourd sur leurs épaules, les entravent moins fort. Je crois que la littérature, parfois, a ce pouvoir de transformation.
Silvia Haerri

L'écrivaine

Née à Genève en 1975 de mère italienne et de père suisse, Silvia Haerri enseigne l’italien au collège Calvin à Genève. Auteure de poèmes, de nouvelles et de proses poétiques, elle obtient en 2012 le Prix des écrivains genevois pour son recueil de poèmes Mention fragile, en 2013 le Prix Georges- Nicole pour le recueil de nouvelles Loin de soi et, en 2015, le Prix Alpes-Jura pour Nouaison.

Le livre

Premier roman de Silvia Haerri, Je suis mort un soir d’été (Campiche) plonge dans la vie de Pietro Cerretani, un architecte à qui tout semble réussir mais qui a édifié son confort sur un mensonge. Contraint de revenir à Florence, sa ville d’origine, pour veiller une soeur en fin de vie, il se confronte au passé qu’il s’est efforcé d’enterrer avec une singulière violence.

Les nominés

Michel Layaz
L'écrivain

Né à Fribourg en 1963, enseignant de français, passionné d’art moderne, Michel Layaz publie son premier roman, Quartier Terre, en 1993. Il a signé depuis une dizaine de romans, dont Les larmes de ma mère (Prix Michel-Dentan, Prix des auditeurs de la Radio Suisse Romande), Les légataires, La joyeuse complainte de l’idiot, Deux soeurs, Cher Boniface ou Le tapis de course, tous aux éditions Zoé.

Le livre

Louis Soutter, probablement /Zoé) restitue de manière personnelle la vie de Louis Soutter, né à Morges en 1871 et mort en 1942 à Ballaigues dans un asile pour vieillards. Violoniste talentueux, marié à une riche Américaine, directeur de l’Ecole des beaux-arts de Colorado Springs, Soutter est interné à cinquante-deux ans et crée alors une oeuvre inclassable et fascinante.

Catherine Lovey
L'écrivaine

Née en Valais en 1967 dans un village de montagne, Catherine Lovey étudie les relations internationales et la criminologie. Après un parcours dans le journalisme économique et financier, elle publie en 2005 son premier roman L’Homme interdit, suivi de Cinq vivants pour un seul mort et d’Un roman russe et drôle, tous chez Zoé.

Le livre

Hermine et Juste Rivaz renoncent à une croisière qui leur a été offerte par leurs enfants. Le refus tranquille opposé par ce couple âgé aux distractions contemporaines provoque un choc dans la vie de l’héroïne de Monsieur et Madame Rivaz (Zoé), qui se débat entre des problèmes de travail et des tourbillons autant amicaux qu’amoureux. Sa rencontre avec ce couple de seniors va changer sa vision de la vie.

Janine Massard
L'écrivaine

Née à Rolle en 1939, auteure de nouvelles (Childéric et Cathy sont dans un bateau), romans (Comme si je n’avais pas traversé l’été, L’Héritage allemand, Gens du Lac) et de récits sociologiquement engagés comme Terre noire d’usine ou Trois mariages, Janine Massard est lauréate de plusieurs prix, comme le Prix des écrivains vaudois, le Prix de la Fondation vaudoise pour la culture ou le Prix Schiller.

Le livre

Fidèle à son engagement littéraire autant que social, Janine Massard aborde avec Question d’honneur (Campiche) la problématique de l’avortement dans le canton de Vaud dans les années quarante, et plus précisément du choix de l’avortement. Amenant par là le vaste enjeu de la condition de la femme dans les années cinquante, années de jeunesse de l’auteure.

Thomas Sandoz
L'écrivain

Psychologue et épistémologue de formation, Thomas Sandoz est né en 1967 à La Chaux-de-Fonds, où il est installé. Romancier, dramaturge, parolier, essayiste, vulgarisateur scientifique, il a publié à l’Âge d’Homme et G d’Encre avant de publier chez Grasset avec Même en terre en 2012, couronné du Prix Schiller. Suivent Les temps ébréchés et Malenfance.

Le livre

Invité à un colloque évangélique en hommage à son frère disparu, longtemps missionnaire en Afrique centrale, un homme se remémore leurs années de jeunesse et des parents aveuglés par la foi. Entre colère et nostalgie, Thomas Sandoz décrit dans Croix de bois, croix de fer (Grasset) un huis-clos au Spa Hôtel plongeant dans les contradictions de l’évangélisation et des relations fraternelles délétères.

Olivier Sillig
L'écrivain

Né en 1951 à Lausanne, psychologue, informaticien, artiste peintre, cinéaste et écrivain, Olivier Sillig publie son premier roman, Bzjeurd, en 1995 à l’Atalante. Lyon, simple filature obtient le Prix Bibliomedia en 2008 et La Cire perdue le Prix Coup de coeur Lettres frontière en 2010.

Le livre

Jambon Dodu (Hélice Hélas), onzième roman d’Olivier Sillig, est un roman policier jouissif, absurde et décalé. Dans le Marais des années cinquante, Eve et Jean Dodu, charcutiers, sont retrouvés la gorge tranchée. Au commissaire Confit de démêler les fils. Un exercice de style qui enchaîne calembours, meurtres, complots, fantastique et mises en abyme dans un climat bon enfant et généreux.