Fêtons ensemble les femmes qui ont fait Lausanne
Samedi 9 mai, la Ville de Lausanne vous invite à fêter les femmes qui ont fait l’histoire de Lausanne. Parmi les activités proposées, ne manquez pas la rencontre littéraire autour des 2 écrivaines «Anne Cuneo et Alice Rivaz: des mots qui traversent l’histoire».
Depuis 2022, la Municipalité de Lausanne s’est engagée à valoriser la place des femmes dans l’espace public en (re)nommant une trentaine de lieux de la Ville. En effet, les noms de rues sont importants, ils racontent l’histoire d’une ville et forgent l'imaginaire de sa population. Féminiser l’espace public, c’est donc aussi inscrire la contribution des femmes dans la mémoire collective. Depuis l'été 2022, 22 lieux ont été nommés ou renommés en hommage à des femmes et d’autres le seront encore cet automne.
Le 9 mai prochain, cette démarche, entamée il y a déjà 4 ans, sera célébrée grâce à un programme d’activités variées. En collaboration avec le Service des bibliothèques et archives, un événement consacré à Anne Cuneo et Alice Rivaz, 2 autrices majeures de l’histoire littéraire romande, est proposé pour terminer cette journée festive.
Rencontre avec Joëlle Moret, déléguée à l’égalité et à la diversité, qui pilote cette visibilisation des femmes dans l’espace public lausannois.
Joëlle Moret, pouvez-vous nous raconter en quelques mots la démarche de la Ville de Lausanne qui permettra de mettre en avant une trentaine de femmes dans l’espace public?
C’est une démarche débutée en 2022. A ce moment, une centaine de rues portaient le nom d’un homme et seules 3 le nom d’une femme. La Municipalité s’est alors engagée à nommer ou renommer 30 lieux d’ici à 2026 et à honorer autant de femmes. Cette démarche de rééquilibrage vise à rappeler que les femmes ont, elles aussi, contribué à l’histoire de la ville. Il s’agit de leur donner la place qu’elles méritent dans l’espace public et en même temps d’inscrire leur contribution dans la mémoire collective.
Comment s’est déroulé le processus? Comment avez-vous d’une part choisi les espaces à (re)nommer et, d’autre part, décidé quelles femmes seraient ainsi visibles dans l’espace public?
La Municipalité a opté pour différents types d’espaces: les rues des nouveaux quartiers de la ville, des places ou parcs sans nom jusque-là ou encore des lieux «en doublon», c’est-à-dire des noms portés à la fois par une rue ou une place. Un exemple: l’ancienne place Centrale, devenue place des Pionnières, toute proche de la rue Centrale. La volonté a été de ne pas retirer totalement un nom de l’espace public.
En ce qui concerne les femmes honorées, un groupe d’accompagnement a été constitué pour soutenir la démarche: une dizaine d’expertes et d’experts ont ainsi fait des propositions à la Municipalité. La plupart des femmes honorées dans nos rues font partie des «100 femmes qui ont fait Lausanne», l’ouvrage publié en 2021 sous l’impulsion de la Ville. D’autres ont été proposées par des habitantes ou habitants. A noter que chaque proposition a fait l’objet d’une consultation officielle de la population.
Quelles sont les contraintes ou les défis rencontrés pour nommer ou renommer ces espaces?
La plupart des propositions ont trouvé un écho très favorable auprès de la population. Les quelques fois où cela n’a pas été le cas, une discussion a été entamée avec les habitantes et habitants s’étant manifestés: ces échanges ont parfois abouti à un projet alternatif, parfois meilleur que le projet initial!
Le 9 mai prochain, vous organisez une inauguration officielle pour fêter ce long processus, qui d’ailleurs n’est pas terminé. En quelques mots, quel est le programme de cette journée?
Cette inauguration concerne les 25 rues qui ont été baptisées en honneur à des femmes ces dernières années. Mais 8 femmes de plus ont été choisies et seront honorées d’une plaque à l’avenir. D’autres pourraient évidemment les rejoindre. A l’occasion de la partie officielle, à 11h, des témoignages rappelleront l’héritage de certaines de ces pionnières, sur la place qui leur rend hommage! Différentes activités seront ensuite proposées au cours de la journée pour (re)découvrir les parcours exceptionnels de ces femmes: balades en ville, exposition ou encore événement littéraire, la journée s’adresse à toutes et tous.
A titre personnel, est-ce que certaines femmes ou certains parcours de femmes vous ont particulièrement marqué au cours de votre travail?
J’ai une grande admiration pour ces femmes qui se sont obstinées à faire leur place dans des domaines qui ne leur étaient pas destinés: par exemple Marie Feyler qui s’inscrit en cachette à la faculté de médecine et deviendra la première vaudoise diplômée dans ce domaine; ou encore Alice Bailly qui deviendra peintre alors qu’elle est attendue par toutes et tous dans le domaine bien féminin de l’enseignement. Mais je suis aussi particulièrement touchée par ces femmes restées dans l’ombre parce qu’exerçant des métiers peu reconnus bien qu’essentiels. Andrée Antonioli-Rouiller, par exemple, a été sage-femme et infirmière quasi-bénévole auprès des femmes du quartier de Bellevaux pendant des décennies. Sa contribution, et celles de toutes les autres invisibles, sont un héritage immense.
Propos recueillis par Fanny Meyer, déléguée à la politique du livre
Alice Rivaz et Anne Cuneo: des mots qui traversent le temps
(Re)découvrez les œuvres de ces 2 figures marquantes de la littérature romande à travers des lectures de textes par les comédiennes Carole Epiney et Marie Perruchoud, de la Compagnie Tête en l'air. Discussion avec Alain Berset, éditeur, éditions Héros-Limite; Valérie Cossy, professeure associée, Université de Lausanne, Catherine Lovey, autrice. Modération par Fanny Meyer, déléguée à la politique du livre, Ville de Lausanne. La rencontre est suivie d'un apéritif.
Tout le programme
Politique du livre
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1004 Lausanne