La littérature, littéralement pour toutes et tous, aussi en prison
Comment durablement inclure tout le monde, quand on est le Service des Bibliothèques et des Archives de la Ville de Lausanne? En créant un partenariat entre la prison de la Tuilière et le Prix du livre de la Ville de Lausanne. Cette année encore, les femmes détenues qui le souhaitent font partie du public.
Personne n’est exclu
«La littérature est à toutes les lectrices et tous les lecteurs.» Tel est le constat de Fanny Meyer, déléguée à la Politique du livre. Peu importe qui elles et ils sont, personne n’est exclu. Réseau dans lequel se trouvent le Service des bibliothèques et archives de la Ville de Lausanne et le Prix du livre. Une présence qui se concrétise notamment par leur partenariat avec la prison pour femmes de la Tuilière, à Lonay, depuis la 9e édition du Prix. «L’idée est de proposer la sélection du Prix du livre à des personnes à priori moins touchées par la littérature et de les encourager à lire et à participer», explique Fanny Meyer.
S’évader du moment présent
En fait, comme le dit si bien Fanny Meyer à leur propos: «ce n’est pas parce qu’elles sont en prison qu’elles ne peuvent pas donner leur voix. Elles ne sont pas différentes d’autres lectrices et lecteurs». La lecture est un espace de liberté pour ces personnes, même s’il reste évident que leurs conditions ne sont pas les mêmes que tout le monde. Les femmes participantes mettent le doigt sur leur emploi du temps imposé. Une absence de liberté liée à leur détention. Non, elles ne choisissent pas quand elles peuvent lire, mais sont libres de lire ce qu’elles souhaitent. Une occupation qu’elles considèrent malgré tout comme «un moyen de ne pas être là dans le moment présent». S’évader… S’évader grâce à la littérature de Suisse romande. Ces femmes ont 5 évasions à leur disposition. Des romans différents à beaucoup de niveaux: les thèmes abordés, les styles, les maisons d’édition et le genre de leurs autrices et auteurs, entre autres. Des évasions de lecture-plaisir avant tout; lire toute la sélection n’est pas obligatoire.
Évoluer en créant un pont
Entre début septembre et fin décembre 2026, c’est le public qui détermine la gagnante ou le gagnant du Prix du livre en votant pour son livre préféré. Pour les détenues participantes, les motivations à participer sont multiples, dont découvrir des autrices et auteurs, «lire autrement, voyager et découvrir la Suisse». Ces femmes «ont un intérêt pour découvrir la culture suisse, apprendre la langue. S’insérer et élargir leurs connaissance du monde, d’une certaine manière», déclare l’intervenante socio-éducative Christelle Geiser Atallah.
Voilà maintenant 5 ans que ce partenariat se développe et porte ses fruits. Pour l’édition 2025 du Prix du livre, il a notamment permis la venue à La Tuilière de la lauréate Chloé Falcy, autrice du roman «La mécanique des ailes» (Hélice Hélas Editeur).
Anaïs Valentine Sancha
Politique du livre
Service des bibliothèques et archives
Rue du Maupas 47
1004 Lausanne