Bibliothèques et IA: quand Lausanne accompagne les seniors
L’intelligence artificielle évolue à une vitesse folle. Mais qu’est-ce que c’est? Qu’apporte-t-elle de bon et de mauvais à la société? Antonio da Silva, du Service informatique, donne une conférence aux seniors pour présenter et démystifier cette technologie. Sans oublier de sensibiliser.
Des débuts à la conférence
Tout a commencé par des permanences liées à l’utilisation du téléphone portable. Dans le cadre de la lutte contre l’exclusion numérique, les bibliothèques de tout le réseau lausannois se relaient. Tour à tour, des bénévoles de Pro Senectute Vaud et d’autres personnes intervenantes répondent aux questions posées. Tous les publics sont encouragés à venir, mais la demande est particulièrement forte chez les seniors. Une séance à ce sujet a un jour lieu. Il y est décidé de proposer une conférence traitant de l’intelligence artificielle (IA) et des seniors. Autour de la table: la déléguée aux seniors Muriel Chenaux, la médiatrice culturelle des Bibliothèques de la Ville de Lausanne Marylène Chevallay et le responsable Green IT et innovation du Service d’Organisation et d’Informatique (SOI) Antonio da Silva. C’est ce dernier qui préparera et donnera cette conférence, qui sera donnée le 22 septembre à Chauderon et à la Maison de la Louve le 8 octobre.
Un conférencier reconverti
Aux alentours des années 1990 et 2000, lorsque sa profession initiale de dessinateur en bâtiment se numérise, Antonio da Silva se reconvertit dans l’informatique. Plus tard, en 2019, il commence à travailler pour le SOI, service qui a pour mission de fournir des prestations numériques à l’ensemble des services lausannois ainsi qu’à sa population. «Pour la petite anecdote, ce service est le seul de la Ville qui n’a pas changé de nom. Il a été créé en 1974, période à laquelle Lausanne a fait l’acquisition de son premier ordinateur.»
Le boom de l’IA
Depuis cette acquisition, l’informatique a beaucoup évolué. L’IA, elle, a connu un essor jamais vécu auparavant: «par le passé, il a fallu des années à des technologies pour atteindre les 100 millions d’utilisateurs. Pour que ChatGPT y parvienne, quelques mois ont suffi. Ce type d’IA est très vite entré dans les moeurs. Tout le monde peut facilement y accéder, l’utilisant parfois à la place d’un moteur de recherche classique comme Google.» Antonio da Silva ajoute: «aujourd’hui, ce sont presque 900 millions de personnes dans le monde qui utilisent un agent conversationnel comme ChatGPT plus d’une fois par semaine».
Des dérives possibles
Néanmoins, à peu près 35% de la population peine à utiliser l’informatique. Certaines personnes osent davantage, voyant en ChatGPT ou un autre agent conversationnel la possibilité d’obtenir des réponses, mais d’autres ont du mal, notamment les seniors. «C’est l’un des groupes de personnes les plus touchées par le phénomène de fracture numérique. Leur parler de l’IA est important à la fois pour démystifier cette nouvelle technologie et pour les sensibiliser aux dangers. En effet, vu la puissance des agents conversationnels et leur facilité à entrer dans le quotidien, les dérives possibles qui en découlent peuvent faire souffrir, notamment les seniors.»
Le bon sens et un bon moment
Antonio da Silva compte encourager les seniors présentes et présents à sa conférence à faire appel à leur bon sens. Parce qu’au sujet de l’IA, il se rend bien compte que passer en revue toutes les possibilités d’arnaques serait impossible. «Cette conférence d’environ 45 minutes sera un bon moment, avec aussi quelques blagues. Ce sera plutôt ludique et, je l’espère, intéressant. J’aborderai également le coût environnemental de l’IA, en présentant quelques informations erronées qui circulent très largement.»
Les indispensables
«Au-delà de la démystification et de la sensibilisation, l’enjeu est que les seniors gardent un lien avec l’IA et ses évolutions. Ce qui est possible, non pas en répétant que c’était mieux avant, bien qu’il y ait des arguments dans ce sens, mais en expliquant comment l’IA peut servir la société, avec ses avantages et ses acquis.» Faire prendre du recul est également primordial pour Antonio da Silva, en ce qui concerne l’IA: «la vigilance est obligatoire. Une façon de voir les agents conversationnels est à l’image d’une mère. Elle a un biais qui lui fait brosser ses enfants dans le sens du poil. En fait, les agents conversationnels sont entraînés pour être soutenants. Rester critique est indispensable, puisque l’IA a une logique qui peut être biaisée.»
Une collaboration interservices
Le responsable Green IT et innovation du SOI se réjouit de cette collaboration avec le Service des bibliothèques et archives de la Ville de Lausanne. «À maintes reprises, la mort des bibliothèques a été annoncée, alors que la demande reste forte. Justement, c’est un lieu bien placé pour faire le lien entre les technologies qui viennent dans notre vie et le savoir disponible dans un encadrement officiel, avec des informations vérifiées.» Cette collaboration se concrétisera lors de la conférence «L’intelligence artificielle expliquée aux seniors», le 15 septembre 2026 à la Bibliothèque Chauderon et le 8 octobre 2026 à la Maison de la Louve, la nouvelle maison de quartier des Plaines-du-Loup. Puis, dès 2027, l’IA sera abordée auprès des plus jeunes. Affaire à suivre…
Anaïs Sancha
L'intelligence artificelle expliquée aux seniors
On en parle partout, souvent avec fascination, parfois avec inquiétude. Mais au fond, qu’est-ce que l’intelligence artificielle change vraiment dans nos vies (IA) ? Cette séance vous permet de découvrir ce que l’IA change dans nos vies. La présentation est simple et concrète. Elle montre ce que l’IA sait faire et ses limites. On parle aussi des usages utiles au quotidien et des risques possibles. Organisée avec le Service d'organisation et d'informatique de la Ville de Lausanne, cette séance aide à garder un esprit critique et à faire ses propres choix.
Bibliothèque Chauderon
Service des bibliothèques et archives
Place Chauderon 11
1003 Lausanne