New romance, le club de lecture sans tabous

À la Bibliothèque La Sallaz, un groupe d’adeptes se réunit une fois par mois... Ces lectrices et lecteurs passionnés y évoquent la littérature new romance, un genre bien spécifique où des scènes «pimentées» émaillent le destin de personnages un poil tourmentés. Serez-vous au prochain rendez-vous du Club de lecture new romance?

© Oliver Galitch

La new romance, ça vous dit quelque chose? Le petit groupe qui s’attroupe devant la Bibliothèque la Sallaz, un soir de pluie de début d’automne, sait bien de quoi il s’agit... Ces quelques filles et ce garçon, qui secouent et ferment leur parapluie en se saluant, sont les adeptes lausannois de ce genre littéraire popularisé par la saga Fifty shades of Grey. «La NR, c’est bien souvent une histoire d’amour et quelques scènes un peu torrides», explicite d’ailleurs la bibliothécaire Élodie Ulrich, animatrice de ce club de lecture dont la séance va débuter.

Autour d’une table basse et bien installés dans des fauteuils, au fond de la bibliothèque, les membres du groupe sont plutôt jeunes. Des trentenaires ou presque. Leur aînée est une femme qui l’avoue de but en blanc: «Je suis venue voir comment vous fonctionniez pour tenter de créer un club de lecture dans mon village». Tout de suite, Elodie Ulrich lui explique le fonctionnement de la rencontre: «Chacun vient présenter sa dernière lecture et tente de donner envie aux autres». Encore une précision sur la NR? «Ce sont des histoires contemporaines. Et pimentées». Top départ.

Yann prend la parole. Le jeune homme présente L’encre du passé, un livre d’Erika Boyer. «C’est l’histoire de la rencontre entre un d’un motard tatoué et un homme plus  jeune», commence Yann, avouant bientôt que cette romance gay, pleine de mystères, «n’est pas tout à fait un coup de cœur, même si ça n’est pas passé loin!» Elodie Ulrich, qui sait qu’un tome 2 existe, lui demande alors s’il souhaite en connaître la suite: «Grave!», lâche Yann, qui fait alors sourire le groupe.

Au tour de Barbara de présenter sa récente lecture. «Pas de spoiler, c’est la règle», dit-elle avant de commencer à parler comme on marche sur des œufs d’un livre «difficile à raconter sans en livrer l’intrigue». Dans ce roman de la jeune Française Eugénie Dielens, Imprévisible boss, auquel Barbara a «tout de suite accroché», il est question de scènes torrides dans un ascenseur, dont la simple évocation fait réagir le club entier. Barbara s’amuse d’ailleurs à attiser les flammes qui naissent dans les yeux de ses comparses: «On ressent l’attirance entre les deux personnages, c’est d’une grande intensité…»

Entre deux conseils, la conversation va bon train, sur un ton très amical. Si certains confessent leur propre envie d’écrire, d’autres avouent avoir déjà sauté le pas, se fendant d’une fan fiction, à savoir la proposition de suite d’une saga déjà existante par un lecteur de cette dernière. L’occasion de dire aussi ce qu’ils préfèrent lire, dans la NR: «souvent les romans à deux voix, où le point de vue de la femme et de l’homme se succèdent chacun leur tour». Mais au moment d’évoquer la saga Twilight, on se rebiffe un peu en se souvenant de personnages un peu caricaturaux… «La romance y était trop diluée… Nous ce qu’on veut, ce sont des scènes hot, qui font qu’on est un peu à fleur de peau pendant la lecture. C’est ça, la NR. Des livres sans tabous.» 

D’autres œuvres sont encore évoquées, toutes marqués d’un «sticker bisou» que les bibliothèques de la Ville ont choisi pour classifier la NR. Coralie parle de Queen Bee, de Gaia Alexia, l’histoire d’une influenceuse tourmentée qui remet les pieds dans son village natal, ce qui va «faire craquer le vernis de son passé». Élodie Ulrich, quant à elle, présente Échappée belle, de Julie Tremblay, qui relate la rencontre entre une jeune femme qui quitte la France pour le Québec et y fera la rencontre d’un ex-hockeyeur genre «ours mal léché»…

Et quand arrive l’heure de se quitter, chacun se souhaite une «bonne lecture», le but étant bien sûr de revenir assez convaincu par un nouveau livre pour convaincre les autres de le lire. Le petit groupe ne demande d’ailleurs qu’à grandir, et accueillera de nouveaux membres à une seule condition: «Se présenter avec un conseil de lecture!» Serez-vous au prochain rendez-vous?

© Oliver Galitch

Yann, 29 ans

«J’aime la new romance parce que ce genre me permet de passer un bon moment de lecture, tout en émotions qu’on ne retrouve pas forcément dans d’autres types de lectures. C’est une découverte très intéressante. De plus, dans la NR, l’homosexualité n’est jamais décrite de façon caricaturale, mais est plutôt très bien incarnée. Ce club de lecture permet l’échange, car la lecture est un moment assez solitaire. J’adore partager mes expériences personnelles et du coup, participer à ce club de lecture est très plaisant. Surtout que grâce à cela, on a un éventail assez complet et précis du genre, grâce aux lectures des autres.»

© Marion Zmilacher

Elodie, 34 ans

«Ce genre est très addictif! Je rentre très vite dans les histoires. Je suis toujours heureuse de retrouver mes personnages. Les scènes «hot» sont un plus, j’aime sentir la tension sexuelle qui a lieu entre les personnages. La NR, c’est plein d’ascenseurs émotionnels. Je n’avais jamais animé de club avant celui-ci! Se retrouver entre fans d’un même genre fait qu’on se comprend. On sait qu’on ne sera pas jugé sur notre langage ou nos préférences. Ce club est un véritable cocon.»

© Oliver Galitch

Coralie, 31 ans

«La new romance nous sort de notre train-train quotidien, mais surtout ce sont des personnages qui nous ressemblent. Ces livres me font tourner les pages comme si je ne m’en rendais pas compte. Quand je finis un livre de NR, il est parfois 3 heures du matin et je ne m’en suis même pas rendue compte. Participer au club de lecture m’aide à choisir mes prochains livres. Souvent, quand je lis les résumés, ça ne me fait pas envie… Je préfère donc entendre l’argumentaire des membres du club pour pouvoir avoir envie de rentrer dans un roman. Souvent, l’histoire est bien plus profonde que la quatrième de couverture ne le laisse penser!»

Lucas Vuilleumier

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