Le compost: métamorphe inquiétant, mais merveilleusement poétique
Christophe Leuthold, jardinier-botaniste, s’y connaît en compost. Il délivre des secrets à son sujet dans cette entrevue. Il vous dévoilera tout le 26 février à la Bibliothèque Montriond, lors de sa conférence pratique «Terre fertile et récoltes abondantes: l’art du compost».
Tout ce qu’il faut
Cicéron a dit: «si tu possèdes une bibliothèque et un jardin, tu as tout ce qu'il te faut». Des mots qui sonnent juste pour Christophe Leuthold, jardinier-botaniste au Naturéum. Il y fait référence avant de se permettre un parallèle entre ces 2 éléments. Parce qu’il trouve «que le jardin, une bibliothèque d’êtres vivants à tous les niveaux, et les interactions qui l’habitent, sont propices à raconter des histoires».
Une vocation enracinée
La fascination de Christophe Leuthold pour les espaces verts et leurs récits trouve ses racines dans son enfance. Alors qu’il est «un petit enfant dans un grand corps», ses parents reprennent un orphelinat qui a un énorme terrain. «J’étais plongé au milieu d’enfants déboussolés au cœur d’un jardin et je n’en suis jamais vraiment sorti.» Il considère qu’il n’a pas quitté «le jardin d’enfants et celui des plantes» vu son parcours. D’abord, il est éducateur social d’adolescentes et d'adolescents. Puis, il devient jardinier-botaniste, en montagne avant de l’être à Lausanne. Aujourd’hui, ça fait plus de 20 ans qu’à son niveau, il «essaie de travailler avec la nature» au sein de l’équipe du Naturéum.
La poésie des plantes et de l’humain
À une année de sa retraite, Christophe raconte: «je suis devenu un lecteur des plantes du jardin. Même si elles ne parlent pas, elles ont une forme de langage que je revendique. Au quotidien, mon objectif est de transmettre cette dimension, plutôt poétique, à quelque chose de scientifique. Je ne suis pas juste un technicien. Avec mon regard et ma lecture personnels des plantes qui m’entourent, il est essentiel pour moi de nourrir l’émerveillement.» Il y parvient de jour en jour, au rythme de rencontres humaines. Il tisse des liens particuliers d’humain à humain avec des personnes qui viennent sur son lieu de travail.
L’inquiétant…
«J’aimerais permettre aux gens d’avoir des clés de lecture de la vie d’un compost et du sol», un autre but de Christophe. «Le compost est inquiétant pour beaucoup, parce qu’assimilé aux déchets. Ma volonté est de le faire découvrir, par son anamnèse et ce qu’il va donner accumulé. Je voudrais éveiller une sensibilité à tout ce qui va faire qu’il se métamorphose. Je considère que c’est comme se plonger dans un livre. Là, chaque livre a sa lectrice ou son lecteur. Il y aura plusieurs niveaux, et aussi une part de mystère.»
Cycle naturel
Mais pourquoi un tel intérêt pour le compost? Dans l’esprit de Christophe, c’est simple: «la nature se composte de toute façon. Si ce n’était pas le cas, nous serions sous des mètres de déchets.» Il ajoute avec un sourire: «comme les humains ont voulu avoir telles plantes à tels endroits, pour que la fertilité se prolonge, il faut nourrir ce qui est vivant au sol, qui va à son tour nourrir les plantes.»
Bonnes pratiques
Comme la marche à suivre pour composter n’est pas forcément évidente, Christophe donne des conseils: «choisir un endroit pratique à la mi-ombre, à couvrir quand il fait froid. Commencer à n’importe quelle période et, en cas d’arrêt, recommencer. Très important aussi de partager ça avec d’autres personnes. Tout ça, c’est une bonne manière de se donner les moyens de vivre au naturel.» Christophe annonce pour la conférence du 26 février à la Bibliothèque Montriond: «j’ai pour projet d’apporter des vers à fumier. Les personnes présentes pourront repartir avec et commencer leur compost tout de suite.»
Erreurs courantes
Le jardinier-botaniste évoque des faux pas communs au compostage: «jeter la matière première de son compost et en acheter en magasin. Ce geste pollue et demande beaucoup d’argent aux communes. Aussi, croire que plus de quantité amènera plus de résultats. Un surplus indigeste risque de polluer le sol. En fait, dans la nature, le compost se fait par petites quantités à la fois.»
Ça pue?
«Voyez le compost comme une éponge. Il y a une petite couche qui va se métamorphoser et utiliser un petit peu pour évoluer.» Une image parlante, et tout ça sans puer, si c’est bien fait! «Le compost peut sentir fort», concède Christophe. «Pour quelqu’un de pas habitué, ça peut même puer. Là où quelqu’un qui connaît le mécanisme trouve que ça sent le bon compost.»
Pour vous lancer
En intérieur, toujours sur le lieu de travail de Christophe, sans mauvaise odeur: la grainothèque. «Faire les sélections demande un certain niveau de connaissances», explique le jardinier-botaniste. «La grainothèque est un très bon moyen de faire des échanges entre jardins, même internationaux», se réjouit-il. Mais sa spécialité reste le compost, une pratique à essayer qui demande, elle, peu de savoir. Mais pour vous lancer en confiance, venez à la conférence de Christophe Leuthold le 26 février prochain!
Anaïs Valentine Sancha
Terre fertile et récoltes abondantes: l'art du compost
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Bibliothèque Montriond
Service des bibliothèques et archives
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