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La machine à écrire: dans la peau et à la bibliothèque

La Bibliothèque La Sallaz fête ses 10 ans! À cette occasion, venez découvrir les machines à écrire d’une dizaine d’autrices et auteurs de renom du 2 au 30 avril. Une exposition temporaire du Musée de la Machine à Ecrire, créée par Jacques Perrier.

C’est son destin

Il est né la même année que son modèle fétiche de machine à écrire Hermès 3000. Sa mère venait d’Yverdon-les-Bains, où il y avait une usine Hermès. Son père, mécanicien de machines à écrire, venait de Sainte-Croix, le lieu de naissance de la marque. Bref, le parcours professionnel de Jacques Perrier semble tout tracé! Il semble qu’il devra un jour reprendre l’entreprise familiale. Alors il se lance dans son apprentissage, sur la marque Olympia, machine utilisée par le romancier Paul Auster. En repensant à sa formation, Jacques Perrier constate: «on ne parlait quasiment pas de l’histoire de la machine à écrire». Sur le moment, ça ne lui fait rien. Intéressant de l’entendre dire aujourd’hui que son objectif est justement de retracer cette histoire…

Au fil du temps

Il faut dire qu’il en a parcouru, du chemin, depuis la fin de son apprentissage. Et il en a fait, des découvertes! «Des choses incroyables ont été faites dès le 19e siècle, comme la marque Blickenderfer en 1896, machine à cylindre d’écriture qui, 66 ans plus tard, donnera naissance à la fameuse IBM à boule.» Aussi, au terme de sa formation arrivent les machines à écrire électroniques. Jacques a suivi cette évolution, tout en continuant de réparer les mécaniques de celles et ceux qui continuaient à les utiliser.

Les prémices du musée

Le Musée de la Machine à Ecrire, MMàE, dans tout ça, connaît un début progressif, avec d’abord des modèles en exposition temporaire au travail de son père, puis des expositions à l’extérieur. Ce qui se produit alors est comme une suite logique, pour le fondateur du MMàE: «on a reçu des machines». Dans la continuité, en 1986, l’année où son père prend sa retraite, Jacques cherche un local où exposer les modèles en sa possession. Il le trouve et voilà qu’en 1987, les choses deviennent permanentes: le musée est créé!

Exposer en bibliothèque

Depuis bientôt 40 ans, Jacques continue les expositions temporaires. Et il a bien compris une chose: «la partie utilisatrices et utilisateurs intéresse pas mal de monde, au contraire de l’histoire des machines à écrire». Lui qui connaît Alexandre Berto, le responsable de la Bibliothèque La Sallaz, est enchanté qu’il l’inclue parmi les animations du 10e anniversaire de la plus jeune bibliothèque du réseau lausannois de lecture publique. Il sélectionne une quinzaine de duos d'autrices/auteurs et machines en se basant sur des photos où il peut clairement identifier les modèles. Son choix est dirigé également selon les écrivaines et écrivains qui ont une certaine notoriété. Pour réduire sa sélection à une dizaine de duos, il priorise celles et ceux qui ont des origines suisses.

Une vie bien remplie

Cette exposition temporaire se trouvera à la Bibliothèque La Sallaz du 2 au 30 avril 2026, avec un vernissage le premier soir, à 18h30. Un concours de dactylographie aura également lieu à cette date. Jacques, avec sa casquette de conservateur du MMàE, se réjouit de ce moment. Une festivité parmi toutes celles qui jalonnent son temps. Et, en plus d'événements, Jacques est sollicité jusqu’aux États-Unis pour des commandes de pièces. «Là-bas, la communauté machine à écrire est importante.»

Renommée internationale

Jacques est aussi une référence en matière de machines à écrire au niveau national, pour des étudiantes et étudiants de l’École cantonale d’art de Lausanne, l’ECAL. Il participe à un certain nombre d’expositions muséales. Il a même travaillé pour le film français «Populaire» – le réalisateur Régis Reinsard a fait appel à son expertise. Jacques a de quoi être fier, sa reconnaissance n’est plus à prouver. Il se désole cependant que les financements ne la reflètent pas assez. Cependant, il se réjouit de voir «des jeunes de 20 à 30 ans qui reviennent à la machine mécanique pour de la création, de l’écriture ou de la correspondance écrite. Ça a commencé dans les années 2000 et ça s’est amplifié.»

Un respect qui dure

S’il est vrai que l’évolution a amené la carrière de Jacques à la bureautique, son respect pour les machines mécaniques, électriques et électroniques est resté intact. «Par mon métier, je me suis formé au durable avant que ça devienne à la mode. Je fais partie des gens qui font durer les choses, ce qui a changé un peu avec l’électronique. Mon travail aussi a changé, mais je garde un pied sur la machine à écrire.» Et il garde aussi la Hermès 3000 de 1958 dans la peau, tatouée sur son avant-bras droit. Une machine mythique sur un expert passionné qui rendra les 10 ans de la Bibliothèque La Sallaz mythiques aussi!

Anaïs Valentine Sancha

Le Musée de la Machine à Ecrire en résidence à la bibliothèque

Le Musée de la Machine à Ecrire propose une exposition qui met en parallèle les autrices et auteurs et leur machine à écrire mythique. Quelle était la machine préférée d’Agatha Christie? De quel modèle Ernest Hemingway ne se séparait jamais? Le Musée de la Machine à Ecrire vous propose une dizaine de personnalités accompagnées de leur machine. Ne ratez pas le vernissage de l’exposition le jeudi 2 avril à 18h30 avec son mythique concours de dactylographie et la présentation par le conservateur du musée, Jacques Perrier.

Bibliothèque La Sallaz, du 2 au 30 avril 2026, horaires de la bibliothèque. Vernissage le jeudi 2 avril de 18h30 à 21h.