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La Rotonde

Un angle pivot

© Marc-Olivier Paux - Ville de Lausanne

La Rotonde agit comme un pivot urbain

En bref

Adresse: Temple 65 (avenue du) et  Sallaz 10 (place de la)
Affectation: Bâtiment administratif, commercial et d’habitation
Style: Eclectisme moderne

Architecte: Eugène Mamin, Lausanne

Réalisation: 1933
Recensement architectural: note 3 - objet d'intérêt local

Ce qu’il faut savoir

Un cylindre est dressé sur la place de la Sallaz. Il articule deux corps de bâtiments. Le plus long borde la place et le plus court file sur l’avenue du Temple. Le bâtiment accueille commerces, administration, logements, établissement public. Il a également abrité un poste de police de 1933 à 1963.

Plus précisément, le cylindre est à l’angle d’un bâtiment dont les deux ailes ont la même longueur. Contre l’aile qui fait face à la place, un deuxième bâtiment est accolé. Ce collage ne se voit quasiment pas du fait qu’il y a une continuité architecturale sans joint. L’entrée du second bâtiment est monumentalisée par un avant-corps très vitré qui abrite les escaliers.

La rotonde fait office de charnière marquant l’angle de l’îlot à la manière d’un pivot urbain. L’entrée est imposante pour mettre en valeur l’établissement public du rez-de-chaussée. Ce pivot est comme une grande colonne composée d’une base (le rez-de-chaussée), d’un fût avec ses alignements de fenêtre rappelant des cannelures et d’un chapiteau formé d’une double corniche.

L’esthétique du bâtiment est sobre, assez moderne pour l’époque, tout en empruntant au style Art Déco, mais de manière un peu pompeuse et monumentale: lors de la construction du bâtiment et de son grande rotonde, La Sallaz était un simple hameau et l’est de l’avenue de La Sallaz était encore une campagne verdoyante.

L’architecture du bâtiment reprend des éléments traditionnels avec un premier niveau bien séparé des étages supérieurs et une toiture à pans recouverts de tuiles. Cela dit, la toiture est particulière bien qu’invisible depuis la place. Sur quatre faces, côté cour et avenue du Temple, les pans de toiture sont comme soulevés et est inséré un étage d’attique. Cet attique est plutôt ce qu’on appelle une terrasse tropézienne: une terrasse encastrée dans les combles de la toiture avec la partie basse, la corniche, conservée dans la continuité des autres parties du toit. Les parties de toitures soulevées ont ainsi une pente réduite et sont métalliques.

Les façades sont régulièrement percées. Toutefois, selon leur orientation, elles le sont différemment. Celles donnant sur la place et l’avenue, ne comportent que des fenêtres aux étages. Celles-ci sont encadrées seules, par deux ou par trois. Quelques ornements classiques complètent la modénature de ces façades. Le rez-de-chaussée paré de plaques minérales est clairement séparé des étages crépis avec un bandeau saillant. Les façades sur cour sont les plus ensoleillées et les moins visibles depuis l’espace public. Elles ont un graphisme plus simple et plus discret. Des balcons, dont certains ont des angles arrondis typiques de cette époque à Lausanne, agrémentent ces façades et, bien sûr, les logements.

Aujourd’hui, avec un quartier très construit et une place au graphisme fort et structurant, l’immeuble fonctionne assez bien dans son rôle de repère urbain. Il avait été érigé légèrement en retrait des avenues de la Sallaz et du Temple déjà existantes. Cela avait laissé le dégagement nécessaire pour accueillir à l’époque des arrêts de bus le long de l’avenue de la Sallaz et laissé de la place à l’élargissement de la voirie. En effet, au début des années 1930, l’avenue Victor-Ruffy n’était pas encore tracée dans cette partie de la ville; elle ne l’a été qu’à la fin des années 1950.

Lors de l’enquête publique ouverte en juillet 1932, un projet de trois bâtiments avait été soumis. Ces trois bâtiments étaient conçus par le même architecte et devaient être construits pour trois sociétés immobilières distinctes : SI Sallaz-Rond-Point A, B et C. Seuls deux bâtiments ont finalement été construits.

Le terrain qui les a accueillis était vierge de toute construction. C’était encore un terrain campagnard, probablement la campagne Diserens, parsemé d’arbres et de plantations dont une partie avait été mise en vente spécifiquement pour y bâtir des immeubles. Ce qui avait contribué à poursuivre la densification du quartier.

Curiosité

Avant d’être dénommé La Rotonde, du glacier du même nom installé dans l’immeuble au moins depuis 1964, le bâtiment était répertorié dans l’annuaire sous le nom de Rond-Point, du nom des trois sociétés immobilières créées pour l’achat du terrain et la construction des bâtiments.