Un duo plus efficace que l’intelligence artificielle!
Quel impact les cosmétiques ont-ils sur nos cours d’eau, et comment en fabriquer des naturels? C’est ce que vous apprennent Nathalie Chèvre et Sandra Imsand lors de leur conférence pratique du 25 mars à la Bibliothèque Montriond. Entrevue avec ces professionnelles.
Un duo redoutable d’efficacité
Les organisations Greenpeace et WWF, les pesticides visibles dans les champs et autres: des préoccupations qu’a Nathalie Chèvre dès son enfance. Son intérêt pour l’environnement l’amène à devenir éco-toxicologue à l’Université de Lausanne, en tant que chercheuse et enseignante. Son métier consiste à étudier les produits toxiques pour l’environnement. Elle cherche ce qui est mauvais pour la biodiversité: vers de terre, oiseaux, algues, sols et organismes, par exemple. Un travail qui force le respect de la journaliste, herboriste et conseillère en environnement Sandra Imsand. Les deux femmes, qui se décrivent comme complémentaires, ont été approchées par Isabelle Cardis Isely, la cheffe de groupe de la Bibliothèque Montriond, pour donner une conférence pratique. La conférence concerne «l’impact des cosmétiques sur nos cours d’eau», et la pratique comprend la fabrication de cosmétiques naturels. «ChatGPT n’est pas aussi efficace que nous 2», s’amuse le duo à propos de cet événement.
Une conférence parmi d’autres actes
Sandra Imsand a l’habitude d’accompagner des particuliers et des communes sur les changements de comportements liés à l’environnement. Nathalie Chèvre n’en est pas non plus à son coup d’essai: elle a notamment fait un travail sur l’eau potable avec le service de Lausanne concerné, en plus d’avoir mené à bien un projet lausannois autour des perturbateurs endocriniens en garderie. Des actions en adéquation avec deux des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030: «améliorer la qualité de l’eau et réduire la pollution par des produits chimiques dangereux» et adopter une «gestion plus écologique des substances chimiques et de tous les déchets». Il semble très important de garder ces objectifs en tête. Important aussi le 25 mars de présenter, par l’exécution, du «simple et concret», selon Sandra. Surtout parce que, Nathalie en est consciente: «l’aspect théorique est moins retenu que la pratique».
Simple, mais pas facile
La pratique, d’ailleurs, comment l’intégrer au quotidien? Parce que vouloir réduire l’impact des cosmétiques sur nos cours d’eau, c’est bien, mais agir, c’est mieux. C’est déjà pour tout le monde, selon Nathalie et Sandra. Et c’est en principe simple, mais pas facile, pour 2 raisons: «nous sommes des êtres d’habitudes qui avons besoin d’un temps pour nous habituer à des changements» et «nous sommes sensibles à la pollution invisible qu’est le marketing, animés par des instincts que les industries utilisent pour vendre». Passer à l’action, donc, comprend pour Nathalie de «regarder dans la salle de bain la composition des produits utilisés. Nous nous mettons par jour en moyenne 500 à 600 substances chimiques sur le corps», puis d’«éliminer les trois quarts de ce que nous avons». Dans cette idée, la chercheuse et enseignante évoque un conseil donné aux femmes enceintes au Danemark: «si vous pouvez le manger, vous pouvez l’utiliser sur votre peau», précisant que ce conseil est essentiel également pendant l’enfance, 2 stades-clés de la vie.
Où sont les plus grands poisons
Sandra approuve tout à fait les dires de Nathalie, dévoilant deux recettes de produits cosmétiques relativement faciles à préparer: de l’huile et de la cire pour des baumes, éliminant les sticks de marques connues, dont les ingrédients sont en général dérivés du pétrole, et du savon surgras, évitant ceux de la grande distribution qui ont tendance à assécher la peau. Le secret de ces recettes? Pas de parfum artificiel! Des ingrédients naturels, oui, mais attention, le duo de femmes met en garde: «ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger. Certaines plantes font partie des plus grands poisons, aux conséquences mortelles. Il faut avoir des connaissances. Depuis 20 ans, les grandes marques de cosmétiques reviennent sur ce marché de la nature, mais derrière ces promesses se retrouvent surtout des allégations non fondées scientifiquement et des arguments de vente.» Un marché qui oriente les tendances, qui trompe parfois par du greenwashing. «L’enjeu, surtout face à des adolescents, est de changer les influences auxquelles ils sont soumis, de rendre d’autres comportements enviables.»
Des sources fiables
Il est vrai que le marché du naturel ne révèle pas certaines données alarmantes, au contraire de Nathalie, qui dévoile celle-ci: «il y a 300 pesticides autorisés en Suisse, dont certains retrouvés dans les cours d’eau. Dans les cosmétiques, il y en a 6’000.» Ça explique qu’au quotidien, la chercheuse et enseignante sélectionne des cosmétiques sains. «Quand ils le sont pour nous, ils le sont aussi pour la nature.» De son côté, Sandra évoque un message mensonger de l’industrie cosmétique qu’elle a déconstruit pour arriver à sa routine bien-être: «l’idée que prendre soin de soi inclut beaucoup de produits et de temps». Bref, une chose est sûre au sujet de leur conférence pratique: Nathalie et Sandra sont des sources fiables qui vont permettront d’en repartir avec des réponses et du concret!
Anaïs Vanlentine Sancha
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Venez allier plaisir, créativité et engagement !
Dans le cadre de l’Agenda 2030, nous vous invitons à un atelier sur la beauté plus responsable. Venez découvrir l'impact des cosmétiques sur nos cours d'eau.
Nathalie Chèvre, professeure associée à la faculté des géosciences et de l’environnement à l’UNIL, vous propose un moment d’échanges pour démystifier le sujet et vous donnera les clés pour comprendre cette pollution invisible. Ensuite, place à la pratique! Sandra Imsand, conseillère en environnement avec brevet fédéral, vous présentera différentes façons de fabriquer vos cosmétiques 100% naturels et faciles à refaire à la maison. Vous repartirez avec plein d’idées, de nouvelles connaissances et des astuces pour une routine beauté plus respectueuse de l’environnement. Ce sera aussi l'occasion d'échanger et de consulter notre sélection de livres sur le sujet.
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