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Laura Cocchi: sa vie, ses inspirations et votre atelier de graphisme

Les couvertures de Laura Cocchi pour la collection Poche Suisse des Éditions Florides helvètes ne passent pas inaperçues. La graphiste donne un atelier inédit, vous offrant l’occasion de créer une couverture de livre le 28 mars durant le BiblioWeekend. Entrevue avec cette femme pétillante.

© Alexandre Almirall - Ville de Lausanne

Les origines

Laura Cocchi baigne dans l’artistique dès sa plus tendre enfance. Elle grandit dans les musées et en dessinant, entourée par une famille d’artistes. Après son gymnase, il est donc logique qu’elle s’oriente vers l’École Cantonale d’Art de Lausanne, l’ECAL. Logique toujours qu’elle soit graphiste pendant 10 ans. Un mandat qu’elle a adoré: «j’ai travaillé pour un festival de films, le GIFF. J’avais énormément de liberté et de possibilités d’explorer mon style.» Mais l’art du graphisme n’est pas l’unique amour de Laura. Depuis toujours, elle a un attrait pour le social. Au quotidien, souvent seule derrière son ordinateur, c’est un aspect qui lui manque. Alors elle décide de commencer des études dans ce domaine.

Laura et ses amours

C’était sans compter sur son amour du livre! Parce qu’on lui propose un mandat pour créer la nouvelle identité visuelle de la collection Poche Suisse des Éditions Florides helvètes. Prise par les sentiments, l’artiste repousse son rêve d’un travail dans le social: «mon papa avait fait le design Poche Suisse de cette maison d’édition appartenant à L’Âge D’Homme, c’était comme reprendre le flambeau». Une reprise toujours d’actualité que Laura honore avec plaisir. Malgré le fait que, depuis, elle soit responsable d’atelier épanouie dans une structure de réinsertion accueillant des jeunes atteints dans leur santé mentale. «Je n’ai pas de posture du sachant, ce qui fait du bien aux jeunes. Ce qui me fait du bien à moi, c’est que ce travail soit très concret, en plus d’être de l’expérimentation. Il n’y a pas d’objectifs anxiogènes, mais toujours la volonté d’essayer.»

Des objets réconfortants

La volonté d’essayer, Laura semble l’avoir ancrée en elle. Et il faut dire que ça lui a souvent réussi: déjà petite, avec la lecture. Sa grand-mère lui a appris à lire avant même qu’elle commence l’école! Des années plus tard aussi, quand on lui confie un livre à structurer de A à Z. Elle s’investit avec passion dans ce projet réunissant livre et cinéma. «Travailler avec Alexandra Kaourova et Eugène pour Phénomène Stalker (publié en 2015 par les éditions L’Âge d’Homme) est un très beau souvenir.» En fait, le livre en général est très important pour Laura. «Je suis une grande lectrice. Le livre en tant qu’objet est très précieux, avec son aspect palpable et réconfortant.»

Un monde inspirant

Ce qui réconforte aussi Laura, en plus de l’inspirer: feuilleter des livres. Ses autres sources d’inspiration: «des éléments du quotidien et les intérieurs des gens, par leur manière d’assembler des objets, des matières». Et elle en a vu, des intérieurs! Des extérieurs également, tout autour du monde. «Il y a eu 5 ans où j’ai pu voyager 4 mois par année. Ce que j’ai vu fait partie de mes influences: les manières de vivre, d’autres significations des couleurs et de la beauté, l’architecture et les tissus, par exemple.» Elle évoque l’Asie du Sud-Est et l’Amérique centrale comme particulièrement marquantes pour elle.

© Laura Cocchi

Couvertures réussies

Son mandat de la collection Poche Suisse la marque autant. Elle le raconte avec le sourire: «dès le début, il y a la volonté de respecter l’aspect suisse de la collection, c’est-à-dire savoir ce qu’on veut dire de notre pays. Il y a en plus la contrainte d’un système à trouver, pour que les couvertures soient rapidement faites. Nous sommes arrivés à cette grille géométrique qui paraît très corsetée. Une identité visuelle jugée clivante et décrite comme trop graphique. Pour moi, puisque créer de l’impact avec une réelle identité est ce qui importe, c’est réussi dans ce cas.»

Un atelier riche

Si réussi que Florence Bourqui, responsable éditoriale de Florides helvètes qui développe les couvertures avec Laura, lui propose d’organiser un atelier de graphisme autour de l’identité visuelle de cette collection. Ainsi naît «Les mots relient les mondes», qui aura lieu le 28 mars 2026 à la Bibliothèque Chauderon à l'occasion de la 5e édition nationale du BiblioWeekend. Laura se réjouit: «ce sera un atelier libre. L’occasion de créer une couverture de livre en faisant passer des informations juste par des couleurs et des formes. Il n’y aura pas d’ordinateur, j’ai décidé de privilégier la notion de bricole, avec un retour à des basiques comme le découpage et le coloriage. Ça permettra aux personnes participantes de se rendre compte que beaucoup peut être fait avec des choses simples. Et ça me permettra d’être avec des humains en échangeant autour de quelque chose de concret, ce que je trouve tellement riche!»

Graphisme: créez une première de couverture avec Laura Cocchi!

Atelier dans les coulisses de la création graphique aux côtés de Laura Cocchi, l’artiste à l’origine de l’identité visuelle de la nouvelle collection «Poche Suisse» des Éditions Florides helvètes. Vous serez invitée et invité à concevoir votre propre première de couverture, guidée et guidé par Laura Cocchi. Un atelier créatif pour explorer l’alliance entre formes, couleurs et récit, entre tradition et modernité, en s’initiant aux codes de la création graphique.

Bibliothèque Chauderon, samedi 28 mars 2026 de 14h à 16h, dès ans, entrée libre sur inscription

Anaïs Valentine Sancha